L’Algérie d’Ahmed

Samedi 4 mars 2006

Ahmed_plane_1 Sur Croatian airlines : Ahmed, Benoît, Jean, Emilie, Grégory, Philippe et Fred.

En février 1999, Sarajevo nous accueillait et cela faisait déjà quelques temps que je connaissais mon camarade algérien. Il y avait eu la fondation de l’association France Algérie Loire-Atlantique. Bien avant qu’il n’habite à Saint Joseph de Porterie, j’étais allé le voir à Malakoff pour lui parler de l’histoire de l’Algérie. C’était pour préparer l’accueil d’une délégation de jeunes du FFS. Il était toujours disponible pour parler de son pays y compris pour le FFS. Lui, il était plutôt FLN, tendance communiste avec le PAGS -parti de l’avant-garde socialiste. Mais nous nous étions déjà croisés sur le terrain du 2e canton de Nantes avec Marie-Françoise Clergeau dont il était le directeur de campagne. Pour tout cela, Ahmed reste à mes yeux un camarade atypique qui se hasarda au Parti socialiste. Et dans ce parti politique, il désira faire passer le message de l’amitié franco-algérienne. En dépit du rude passé et grâce à cette histoire commune, il tentait de faire aimer son Algérie. Vivant parfois difficilement les initiatives franco marocaines ou franco tunisiennes, il voyait bien qu’avec l’Algérie c’était moins facile et il pris pour méthode de saisir tous azimuts les opportunités qui s’offraient à lui. Quand bien même celles-ci lui échappaient ! Il fit venir Einaudi, voulut faire partager la richesse des traditions culturelles algériennes, me fit découvrir la musique arabo-andalouse… Il aurait voulu être soutenu davantage. Il aurait du l’être. Il l’était un peu. Mais ne manquait jamais de distiller des informations à la presse. Par beau temps, il lui arrivait de faire la une de Presse Océan. Ça ruait dans les brancards ! Lui, il rempilait. Son soutien à Bouteflika, il ne le mégota jamais. A Paris, à Nantes, à Alger… Ahmed applaudit au discours de la concorde civile. Il lui arriva de venir devant le consulat d’Algérie de Nantes discuter avec le FFS pour exprimer son désaccord avec la manifestation. Soutien du président algérien comme opposant à la bande avec laquelle il a tant ferraillé, il demeurait entier dans ses engagements.

Si je me suis intéressé à l’Algérie ce n’est pas par parcours personnel. C’est d’abord l’histoire de rencontres. Avec Ahmed bien entendu. Mais aussi avec d’autres militants. Ceux du FFS que j ‘ai accueillis à plusieurs reprises à Nantes avec le MJS. Ceux qui sont devenus Nantais comme moi et avec qui nous avons suivi et décliné la campagne d’Hocine Aït Ahmed en mars 1999. Une campagne qui fut animé par les nombreuses candidatures mais également par la verve de Djamel Zaneti, brillant porte-parole d’Hocine Aït Ahmed et la maîtrise d’Ahmed Djeddaï, secrétaire général du FFS. Cette élection se termina si mal alors qu’elle portait l’espérance de la démocratisation. Mais la redoutable histoire politique de l’Algérie possède de nombreuses ressources. A l’image de ce magnifique pays, il reste encore un espoir de renouveau dans sa jeunesse et dans le fait que l’islamisme n’ait pas encore mis tout le monde au pas.

Avec Ahmed, nous ne partagions pas la même analyse de ce qui se passait en Algérie. Lui convenait que l’urgence était à la réconciliation nationale. Moi j’estimais que la démocratie était le préalable et la solution pour passer à l’étape du pardon. Car point de miséricorde sans justice et point de justice sans son indépendance garantie par la démocratie. Dans la précipitation et un nouveau trucage des urnes par le pouvoir, je ne pouvais pas être d’accord. Mais nous nous retrouvions pour voir dans les autorités au pouvoir une vaste clique admirative et héritière de la soldatesque colonialiste, de Bugeaud et de Saint Arnaud… L’histoire algérienne n’est pas la moins déconcertante. J’y ai pris goût avec la lecture de l’autobiographie d’Hocine Aït Ahmed "Guerre et après-guerre" paru en 1963. Une œuvre dont j’ai découvert une première fois l’existence à la médiathèque de Nantes et une seconde fois à Toulouse où l’oeuvre m’a été prêtée par Kader Arif qui possède une superbe dédicace de l’auteur.

Ahmed militait également pour la reconnaissance de la diversité culturelle. Et là non plus il n’obtint pas satisfaction. Et voilà comment après un simple coup de fil d’Ahmed vendredi après-midi je peux rapporter ces quelques bribes de souvenir. A bientôt Ahmed. Je vais saisir l’occasion d’une réunion d’Interfaces compétences pour être à Nantes le 1er avril prochain. Je passerai te voir, c’est promis.

7 Réponses vers “L’Algérie d’Ahmed”

  1. Hugues a dit :

    Pour tous ceux qui venlent en savoir plus sur Ahmed…

    GUERRE D’ALGÉRIE

    Le général Schmitt est à nouveau accusé de torture en Algérie

    « Ne mets pas dans le même sac le peuple français »

    Article paru dans l’édition du Monde du 19.03.05

    DANS LA NUIT du 8 août 1957, Mohamed Bachali, 45 ans, adjudant-chef dans l’armée française, affecté à l’hôpital Maillot d’Alger, est arrêté à son domicile. On le soupçonne d’être en contact avec le FLN et d’avoir aidé une figure indépendantiste, Djamila Bouhired, à s’évader de l’hôpital. « Mon mari a fait Monte Cassino. Il a été décoré plusieurs fois pendant la guerre de 1940. Nous sommes tous deux pupilles de la nation ! », fait valoir l’épouse aux militaires du 3e régiment de parachutistes coloniaux (RPC). « C’est un traître à présent », lui répondent-ils. « Le traître, ce n’est pas moi. Je défends la République. C’est vous qui n’êtes pas à la hauteur de l’honneur de l’armée et de la France », réplique Mohamed Bachali.
    Cette scène, Ahmed Bachali ne l’a jamais oubliée. Il avait 15 ans et revoit son père se revêtant de l’uniforme de l’armée française avant d’être emmené par les paras. On lui a mis une corde autour du cou, reliée à ses poignets derrière le dos. Au moindre mouvement, il s’étrangle.
    Trois jours plus tard, c’est au tour du fils d’être arrêté, dans les mêmes conditions. La corde autour du cou, Ahmed Bachali est conduit à l’école Sarouy. Il se sent coupable à l’égard de son père, étant déjà impliqué dans un réseau FLN malgré son jeune âge. Est-ce lui ou « le vieux » que les paras veulent faire parler ? En réalité, les soupçons portent sur le père. Pour le faire craquer, ils vont s’en prendre au fils. « On m’a fait monter au premier étage, dans une salle de classe. C’était en fait une salle de torture. Il y avait là un type balèze, une brute, du nom de Babouche. En me voyant, il a dit : «Tiens, voilà le fils de l’adjudant ! Bienvenue !» »
    « UN JOUR, TU COMPRENDRAS »
    Dans un coin de la pièce, l’adolescent découvre son père. « Il était nu, ligoté, avec un bâillon sur la bouche. Quand il a entendu ma voix, il a gémi. » Ce souvenir fait encore pleurer Ahmed Bachali. C’est le deuxième jour que l’adolescent est soumis à la gégène. « J’étais dans un état d’épouvante indescriptible. Schmitt était là, raconte Ahmed Bachali. C’est lui qui dirigeait les opérations. A un certain moment, il s’est accroupi pour me scruter. J’étais allongé par terre. Je n’ai jamais pu oublier ses yeux, derrière ses lunettes. Il avait un regard cruel. A la télévision, des années plus tard, j’ai chaque fois reconnu son regard. »
    L’adolescent aura droit, dit-il, à plusieurs séances de tortures à l’électricité. Il se souvient que les tortionnaires mettaient de la musique pour étouffer ses cris. Ahmed Bachali restera à l’école Sarouy jusqu’à fin août. Son père sera gardé dans une autre salle. Le fils sera ensuite envoyé au centre de détention de Ben Aknoun, à Alger. Après la guerre, quand le père et le fils se retrouveront, à leur sortie de prison, ils n’évoqueront jamais ce qu’ils ont subi. « Pour mon père, c’était trop humiliant : je l’avais vu nu, au plus bas de lui-même », se souvient Ahmed Bachali.
    Le père décédera en 1985, à Alger. Jusqu’à la fin de sa vie, il aura gardé la double nationalité. En 1936, il avait en effet obtenu la nationalité française - ce qui était rare pour les musulmans -, imposant à ses enfants de la conserver après l’indépendance. Quand son fils l’interrogeait avec étonnement et colère sur ce point, le père répondait invariablement : « Tu ne comprends pas, mais la France, c’est le pays de la modernité, de la liberté. Ne mets pas dans le même sac le peuple français et ceux qui ont sali son honneur. Un jour, tu comprendras. »
    Fuyant le terrorisme, Ahmed Bachali a quitté Alger en 1993 pour s’installer à Nantes.

    Florence Beaugé

  2. jordy baltazar a dit :

    La double casquettes et le mensonge:
    Nombreux sont les algériens qui ont participé à la 2ème guerre mondiale dont la majorité enrôlés de force. Bachali Mohamed est un engagé, il s’est battu pour devenir français contrairement à ses autres camarades qui avait à l’esprit l’indépendance de l’Algérie. 2 d’entre eux sont devenus présidents de la république algérienne. Il s’agit de Mr Benbella et de Mr Boudiaf, tous les deux ont participé à la bataille de Monte Cassino. A l’image de ces deux hommes, nombreux sont les algériens(indigènes musulmans)qui sitôt démobilisés en 1945 se sont attelés à préparer l’insurection du 1er novembre 1954. Quant à la minorité d’engagés la plus part ont déserté l’armée française pour rejoindre les rangs de l’ALN. L’adjudant chef Bachali mohamed a choisi de servir la France pour se servir(nationalité française). C’est son choix. “Ne mets pas dans le même sac le peuple français”. Entièrement d’accord avec ce raisonnement. Mais on ne peut pas jouer sur les 2 tableaux. L’adjudant Bachali a donc trahi aussi bien ses frères d’armes que les siens. Ahmed bachali torturé du pipeau!
    A Nantes il est socialiste quant cela l’arange, il a bien créé un restaurant qui n’a jamais marché grâce l’apport de certains élus de ce parti(Mme clergeau entre autre). Spécialiste du bagout il a longtemps utilisé le baratin et son imagination débordante pour arriver à ses fins. les élus ainsi que les autorités nantaises ont depuis longtemps découvert la stratégie Bachali, la survie.

  3. jordy baltazar a dit :

    Que Mr Bachali nous exibe sa carte d’ancien détenu de la guerre d’Algérie. Il est faut de dire que c’est le terrorisme qui l’a pousser à quitter l’Algérie.
    Quelle hypocrisie?
    Il est algérien quand ça lui convient, il redevient français lorsque c’est le contraire qui se passe. Toujours 2 fers au feu…

  4. hugues a dit :

    Je ne pense pas avoir dit que je suivais en tous points mon ami Ahmed Bachali mais il a droit au respect.

  5. djemaa a dit :

    Le parcours des Bachali, père (avec le respect aux morts que ma culture m’impose)et fils a un fil d’Ariane qui n’est jamais démenti : l’internationale socialiste depuis 1936 ! !
    ce qui serait utile serait que bachali fils fasse une recherche sur les raisons principales de cette union quelle que soit la période et quel que soit le lieu !
    en 1936, un “indigène” qui obtenait la nationalité française avait du rendre de sacrés services à la SFIO ! si bachtali père “a fait la guerre dans l’armée française 1939/1945″ bien d’autres “indigènes” se sont engagés y compris des militants indépendantistes de longue date (1916 dans les Aurès) afin de chasser le nazisme et le colonialisme après “chaque chose en son temps” !d’ailleurs De Gaulle dans son discours de Brazzaville l’avait demandé contre des droits aux colonisés !
    un autre fil guide bachali fils que n’importe quel militant algérien ou pro-algérien connaît c’est le lien ffs)fis/internationale socialiste il ne faut pas être patron de l’ENA ou de la Bourse de Chicago pour comprendre le pourquoi et le pour qui ! !
    aujourd’hui l’islamiste en costume, son président l’illuminé de la dernière heure et les socialistes en recherche de voix d’immigrés se rencontrent sur le dos de TOUS ET TOUTES les démocrates vivant en Algérie ou en France et cette union sacrée, au propre comme au figuré, n’a qu’un but : EVITER QUE LES MOUVEMENTS PROGRESSISTES ne reviennent sur la scène internationale et empêchent le dollar du capitalisme internationalisé et son blanchisseur : les religions d’abrutir les masses au niveau mondial ! !
    hier, aujourd’hui et demain les bachali seront toujours de ce côté-là
    bachtali insulte le PAGS et tous ceux et celles qui sont dans ce mouvement ou proches , la preuve : combien d’assassinés, de blessés, de violées au ffs, au fln de belkhadem et aux souteneurs du bachagha bouteflika ? ?

  6. jordy baltazar a dit :

    A aucun moment Mr Hugues je ne vous ai accusé de complaisance vis à vis d’Ahmed Bachali. C’était juste une mise au point. J’espère ne pas vous avoir offusqué, dans le cas contraire, je vous prie de m’en excuser.

  7. jordy baltazar a dit :

    En visitant le site des anciens des écoles Dordor et Dupuch, nous nous faisons vite une opinion sur le parcours scolaire de M.A.Bachali. Ce ne sont pas des écoles indigènes que ce dernier a fréquenté, mais bel et bien des établissements réservés aux français “aux privilégiés”. Nous sommes nombreux à nous demander: pourquoi tant de mensonges. Les Bachali ont choisi leur camp depuis toujours. Il ne sert à rien de se justifier aujourd’hui et d’inventer des tortures subies durant la guerre d’Algérie. A.Bachali est un opportuniste qui mange à tous les rateliers. Pourvu qu’il se place, son association se compose de 2 membres, son épouse et lui. Il a donc besoin de faire du bruit, il a tenté d’intégrer l’association des anciens combattants d’Algérie qui l’a rejeté.

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