Ballade chez les ours

Jeudi 2 novembre 2006

Réunion de la section d’Aspet à la salle des fêtes de Souech ! Quand Joël nous annonce que cette section se réunit mardi soir à 20h30, il n’y a pas énormément de volontaires. Il faut dire et que personne n’a vraiment envie d’aller se geler dans les Pyrénées une veille de 1er novembre. Mais c’est quand même 51 cartes qu’il faut aller convaincre et, sans doute bêtement, je n’ai pu réprimer l’envie d’y aller. Un adhérent de la section Toulouse 1, jospiniste convaincu et strauss-kihste ardent décide de m’accompagner.

Rendez-vous pris pour 19h30. Il faut bien une heure complète pour atteindre les piémonts pyrénéens. Malchance, je me trouve bloqué dès les allées Charles de Fitte. Il pleut et un accident est survenu sur le pont Saint Michel. Une voiture complètement retournée réduit les trois voies à un minuscule filet surveillé par moult forces policières. Mon camarade de corvée est très énervé. Il ne dort plus depuis le début cette campagne. C’est un nouvel adhérent et il est fortement impressionné par Dominique. Evidemment il ne comprend pas le phénomène Ségolène et toute la mousse qui est faite autour.

C’est un peu plus d’une heure qu’il nous aura fallu pour atteindre les villes de Figarol, de Leoudary et de Ganties. Arrivés à Souech, une troupe d’enfants revêtus des accoutrements ordinaires pour les fêtes d’halloween nous indiquent le chemin de la Salle des fêtes. Ce n’est pas très précis mais la gentillesse est au rendez-vous. Selon l’indication donnée par les petits, nous nous retrouvons en pleine fête de village où alcool et gâteaux apéritif volent allègrement. Nous sommes invités à prendre part aux agapes mais le devoir nous appelle et nous insistons pour savoir où la section socialiste cantonale a ses habitudes. La Mairie est fermée et les habitations ne sont pas beaucoup éclairées. Finalement, en regardant la lumière d’une salle qui nous paraissait inaccessible, nous aboutissions au premier étage de l’école du village. Et là, l’accueil est un peu plus tiède. La secrétaire de section nous invite à prendre place mais il n’y a plus guère de chaises disponibles. Elle me remercie pour le coup de fil en précisant que les gens qui viennent de Toulouse ne le font pas toujours. Ce n’est que par correction que j’ai pu joindre dans l’après-midi son mari. Ce dernier m’avait précisé qu’il n’était pas au parti. « Nous ne pouvons tout faire nous autres, moi je suis à la Cgt et ma femme est au Ps, c’est déjà pas mal ! » Que pouvais-je bien répondre à cela ? Je n’étais pas habitué à vouvoyer un camarade au bout d’une conversation téléphonique te mes questions n’avaient rien d’agressives. Peut-être que le tutoiement n’est-il plus rigueur au sein de la centrale syndicale de Montreuil ?

Bref, le temps que nous nous placions, à mon téléphone portable il était 21h30. Alors qu’un silence suivait notre installation, je me permis de demander où ils en étaient avec l’ordre du jour. Ils avaient fini mais étaient prêts à m’écouter. J’entrepris une présentation des avantages de la candidature de Dominique Strauss-Kahn qui dura un bon quart d’heure dans une quiétude absolue. On pouvait entendre une mouche voler. Aussi, à la fin de mon exposé que je raccourcis, j’attendais des questions et m’inquiétais des présentations des autres candidatures. Le conseiller général était pour Ségolène Royal et un ancien suppléant de Françoise Imbert, nouvellement retraité dans le pays, soutenait Laurent Fabius. L’un et l’autre ne souhaitèrent pas en rajouter. Il est vrai que la présence du sénateur Bertrand Auban, ayant pris fait et cause pour la compagne du premier secrétaire, doit peser dans la contrée.

Mais débat il y eut car quelques femmes m’interrogèrent sur l’engagement européen du député du Val d’Oise. Je précisais que DSK n’est pas européen pour être européen et que son souhait est que la politique en matière de concurrence soit infléchie et que les politiques économiques européennes soit coordonnées. Cette dernière position porte en elle-même l’espoir d’un point de croissance supplémentaire.

D’autres questions me permirent de préciser le sens de ma présentation ou même de la compléter. Seulement, quelques vieux militants se sentaient un peu perturbés et estimaient que leur candidate était une chance car elle faisait rêver les Français. Je pense qu’elle fait peut-être rêver les socialistes avec les sondages qui prédisent victoire sur victoire mais que la remise en cause des 35 heures, celle de la carte scolaire, les jurys populaires et l’encadrement militaire des primo délinquants me faisaient plutôt peur pour parler franchement.

Le fabiusien à la retraite ne voulait pas que les mérites de Lionel Jospin retombe au seul profit de DSK et entreprit un panégyrique de son mentor en oubliant qu’il fut le partisan libéral de la baisse des impôts avant de courir derrière la gauche radicale. Tout ça réchauffait l’atmosphère et faisait qu’en définitive cette réunion ressemblait assez aux précédentes.

Un jeune militant de « Rénover maintenant », le courant d’Arnaud Montebourg, entama de faire la liste des maires des environs qui s’étaient déclarés pour Ségolène Royal. Il énonçait les communes de Montacstruc et d’autres qui à ma connaissance ne me semblaient pas être toutes du coin. Je me trompais. Je passais pour le « bleu » de service car certains villages du Comminges portent le même nom que les villes de l’agglomération toulousaine. Pas loin d’Aspet, il y a même Francazal, connu à côté Toulouse pour être une grande base militaire. Evidemment, dans mon introduction, je n’avais pas oublié de me présenter comme un Toulousain de fraîche date en précisant mon origine nantaise. Ce à quoi mon voisin avait répondu « ça s’entend ! » A la fin de la soirée, je lui demandais de me citer quelques communes de Loire-Atlantique et il put me répondre Orvault. C’était pas mal ! Avant de partir, nous étions invités à boire du cidre « Loïc Raison », authentique cidre breton dit la publicité, et à goûter aux tartes aux pommes. Là, ils ne pouvaient plus dire que j’étais dépaysé.

8 Réponses vers “Ballade chez les ours”

  1. Christophe a dit :

    Merci Hugues,

    Tout simplement parce que j’ai pris du plaisir à te lire.
    Il y a bien un ou deux sarcasmes subliminaux mais tes lignes témoignent d’une profonde fraternité avec tous ceux qui se battent pour leurs idées, tout simplement.
    Moi qui depuis des moins n’ai jamais émis une crtitique personnelle sur DSK je suis heureux de retrouver sous ta plume le sens de l’engagement qui nous rapproche.

    Christophe

  2. nucnuc a dit :

    OK, fumons le calumet de la paix alors. Bises.

  3. SECTION D'ASPET a dit :

    nous trouvons tout simplement tes écrits déplacés par rapport au déroulement de la soirée et tu le sais très bien.
    Nous devons avant tout , le respect à tous les militants qu’ils soient jeunes, vieux …Dommage que tu tiennes de tels propos!
    Nous ne comprenons toujours pas quel intérêt as tu trouvé à écrire tout çà, surtout lorsqu’on est censé représenter un candidat, tout celà ne peut être que est très dommageable pour lui.
    Salutations
    La section d’Aspet

  4. hugues a dit :

    Mon blog, je l’écris souvent pour dire ce que je ressens en dehors des convenances habituelles. Il n’y pèse ni le poids de la censure ni celui du conformisme. Je trouve à le relire que je m’y montre plutôt sympa pour Aspet et ses militants en m’attachant à montrer que je ne connais pas la région. C’est un voyage aux confins du département écrit par un néophyte et rien d’autre. Je prends même un militant chevronné pour un jeune adhérent alors qu’il est élu. Je l’ai découvert le soir du débat entre les candidats à Labège. Encore une fois, c’est plutôt gentil. Enfin, je n’ai jamais pensé être le meilleur défenseur de Dominique Strauss-Kahn. Pour le moins, je ne pense pas être le plus mauvais non plus.

  5. BR de Kerzantrec a dit :

    Un petit témoignage -de SOUTIEN- d’un autre “exilé” nantais, mais à Versailles, lui…
    (d’où, sans doute son côté communnard “Bakounine ado” -en référence à un article cinglant de Claude Askolovitch publié à la rentrée dans Le Nouvel Obs. sur Olivier Besancenot, titré “Lénine enfant”-)…

    Simplement pour (te) dire, cher nucnuc, qu’on aprécie ta liberté de ton, et ton p’tit côté “provoc”… qui te vaut des réponses que tu nous laisse publier EN TOUTE LIBERTE…

    Et je ne crois pas avoir été avare de commentaires sur l’inadéquation, dans le contexte politique de l’après 21 avril 2002 et 29 mai 2005, de la candidature bobo / happy few -selon moi- de DSK.

    J’ai plusieurs fois expliqué qu’à mes yeux FABIUS, sur une ligne de gauche classique : sociale, républicaine et laïque et Ségolène, sur un mode plus “réduction de la fracture peuple-élite” me paraissaient plus adaptés à la situation, situation au demeurant difficile, voire dangereuse… Qui nécéssitera donc le rassemblement de TOUS… dès vendredi (ou la semaine suivante).

    Merci donc de ne pas avoir joué “Anasthasie”. A bas la censure ! (Euh, tu n’as pas été jusqu’à publier les 2 “Julliard” dont je t’avais signalé les références sur ce blog !!!).

    En toute liberté. Byyeee…

    Nono (BR -Nantes-, “Damned” -Rennes-, Giordano Bruno -Paris-, Bakounine ado -Versailles-)

  6. BR de Kerzantrec a dit :

    PS

    Pour parodier de Gaulle au Québec : Vive les Ours Libres !!!

  7. hugues a dit :

    “Anasthasie”, non merci. Jacques Julliard, non plus ! Le 16, je vote comme Badinter, c’est simple et banal. J’ai un peu fierté à voter DSK mais cela n’a rien à voir avec un comportement “bobo”. Comme dirait Tony Blair, j’agis “for the many not the few”.

  8. jean a dit :

    J’ai beau lire et relire le post d’origine, je ne comprends pas ce qui a pu fâcher le camarade d’Aspet. Il me les avait plutôt rendus sympathiques, à moi, cet article tout en sensibilité qui dressait des copains du coin des portraits familiers, des portraits qui rappellent d’autres militants et qui nous rendait attachants des presqu’inconnus. Alors qui est-il ce grognon qui n’habite pas pour rien le pays de l’ours? L’auteur du commentaire parle au nom de toute la section. L’a-t-il consultée? Chacun a-t-il pu lire ce post ou bien se l’est-il fait raconter? C’est une fâcheuse tendance décidément de se réfugier derrière des groupes dont on s’autoproclame porte-parole. Cher Hugues je te remercie pour eux d’avoir pris ta soirée, d’avoir fait la route et d’avoir attaché à ton intervention au pays de l’ours, l’importance que tu aurais accordée à une section du centre toulousain. Cher camarade qui signes “la section d’Aspet”, j’espère que chacun dans ta section aura le droit de s’exprimer lui-même et de signer de son propre nom la liste d’émargement le jour du vote.


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