Les chiffres sont simples : il y avait 30 % de cumulards sous la IIIe République, 40 % sous la IVe et 90 % sous la Ve. Il faut être catégorique sur un point, le mandat unique parlementaire est le vrai levier pour redonner du poids au Parlement.
Le non-cumul entre les fonctions de parlementaire et les fonctions d’élu local est une généralité européenne. La France est une exception.
L’ironie de la proposition de loi Balkany est de vouloir rendre le cumul obligatoire sous prétexte de maintenir un lien entre le local et le national. Je pense exactement le contraire. Un élu qui cumule est un élu inaccessible. Ce n’est plus l’élu que l’on rencontre mais ses innombrables assistants. Un élu qui cumule ne connaît pas plus la réalité qu’un autre. Il ne connaît de son “terrain” tant convoité qu’une seule face, celle de ses services et de son administration. Il ne connaît ses administrés que du point de vue d’un exécutif face à ses obligés. C’est au contraire quand un élu n’exerce qu’un seul mandat qu’il peut vivre la vie réelle et rencontrer ses compatriotes sur un certain pied d’égalité. Élu pour une fonction, il ne vivra pas en permanence le conflit d’intérêt et exprimera là où il n’est pas élu sa vigilance de simple citoyen. Son regard ne sera pas en permanence tronqué par les contingences de son mandat.
Je ne parle pas du ressourcement nécessaire que constitue le fait de pouvoir penser librement et que le cumul des mandats dans le temps sape définitivement.
Que la droite “bling-bling” s’amuse à transformer la démocratie en féodalisme, c’est normal, elle a toujours été nostalgique de l’Ancien régime. Que les socialistes restent silencieux sur cette question pose plus de problème. Il leur appartient de promouvoir une conception civique et désintéressé du mandat d’élu. Il nous importe aussi d’encourager la diversité des profils de nos élus. Le cumul constitue un plafond de verre pour bon nombre de volontaires. Je ne peux pas croire le propos de Jack Lang comme quoi le Parti socialiste et ses dirigeants auraient renoncé au principe du mandat unique.
En attendant, on ne peut qu’être surpris qu’un élu de la majorité propose de légiférer pour obliger le cumul des mandats, ce qui revient à limiter la liberté des candidats et des électeurs dans leurs choix.
Source : proposition de loi Balkany,
Engagement : http://www.oeuvrer.org/.








Mercredi 16 avril 2008 à 10:47
Ca y’est je suis enregistré.
Je suis d’accord avec ce message. La décision de Pierre Cohen si elle se confirme de garder son mandat de député est une vraie déception pour moi. On a affirmé l’inverses à nos proches pendant la campagne, et on se fait désavouer publiquement. On passe pour des niais…
La proposition de Balkany, un 1er avril, aurait pu être un poisson d’avril. Mais même pas.
Cela crée des baronnies locales assez dommageables. Quant à la séparation des pouvoirs, elle n’est plus respecté, les exécutifs locaux étant au parlement.
Outre un autre problème qui est le pouvoir fort concentré, dans les exécutifs locaux, autour du Président du conseil/maire…
Ainsi, celui-ci tient ses adjoints notamment, y compris quand ils sont dans d’autres courants, c’est un moyens de les faire taire. (y compris dans la critique du cumul éventuel des mandats…) Un moyen de prendre le pouvoir dans le parti en passant par l’escalier de service, quoi..
Mercredi 16 avril 2008 à 12:25
Balkany…
Cet escroc, condamné pour détournement de fonds publics, qui a dû “purger” à cette occasion deux ans d’inéligibilité aux Antilles (comme Spaggiari : vive le soleil !)…
Je n’ai pas acheté Le Canard Enchainé la semaine dernière mais ils détaillaient la “privatisation” de son Hôtel de Ville à l’occasion du mariage de sa fille…
Devedjian n’est pas ma tasse de thé, mais depuis qu’il a appellé au respect des procédures légales et reglementaires, notemment pour les Appels d’Offre, aux voeux du Conseil Général du “9-2″, ajoutant que les écarts passés avaient coûté très chers, qu’il s’attaque à la “gestion” (???) de la Fac Pasqua… et qu’il se “frite” avec les Balkany, je dois le reconnaître, remonte dans mon estime !
Tout ça pour dire que les déclatations de Patrick et d’Isabelle, celle là comme les autres, ne méritent que la “riposte” du même Devedjian au micro de France-Inter il y a 3 semaines environ : “Balkany nous donne des leçons de politique ?!? Vous allez voir que bientôt, il va nous donner des leçons de morale !” (sic).
Le pire, c’est qu’il en serait capable !!!
“Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait…” avait écrit Michel Audiard -dans les Tontons Flingueurs ou Les Barbouzes, je ne sais plus-
Politik Nono
Mercredi 16 avril 2008 à 12:57
Enchanté Janirah,
Il faut distinguer les exécutifs partagés où les vice-présidents ou les adjoints ont de réelles délégations de ceux où le pouvoir est concentré. Mais, tout de même, je partage le point de vue selon lequel le pouvoir des chefs d’exécutifs est trop important. Une première pierre en faveur de la démocratie locale consisterait à organiser de réels contre-pouvoirs : nouveaux droits pour l’opposition et organisation d’une participation des habitants un peu plus contraignante que jusqu’à présent.
Si les élus ne portent pas ces exigences, c’est aux simples citoyens que nous sommes de les mettre en avant dans nos partis, syndicats ou associations.