La première fois que j’ai entendu Stéphane Hessel, c’était à un colloque des clubs Convaincre à la Sorbonne. Il présidait une table-ronde avec Helmut Schmidt. L’ancien chancelier avait l’habitude, entre ses interventions à la tribune, de fumer du tabac à priser. Cela me paraissait assez étrange mais c’était une des surprises comme en réservaient le début des années 80 alors que Claude Evin n’avait pas encore sévi.
Par la suite, j’ai pris l’habitude de croiser ce personnage au cours de mes nombreux engagements anti-racistes, humanistes et européens. Comme il le confie lui-même, « il a toujours été du côté des dissidents. » Les combats qu’il partageait ont souvent été les miens. Résistant, diplomate, ambassadeur, poète : son parcours atypique a été guidé par un seul fil conducteur, se battre contre les injustices de son temps. C’est peu dire que j’ai beaucoup d’admiration pour cette figure.
Ce que je ne savais c’est que Stéphane Hessel était le fils de Franz Hessel et Helen Gründ –le couple porté à l’écran par François Truffaut dans Jules et Jim. C’est le reportage de Serge July sur ce chef-d’œuvre cinématographique adapté du roman autobiographique de Henri-Pierre Roché qui me le fit découvrir. Il est encore plus aisé de comprendre les ressorts d’un engagement qui n’aura souffert d’aucune compromission. Respect.







