> Bic bisou

20 septembre 2005

Au départ, il y à Toulouse et le sud que je découvre au quotidien. Et il est une réalité que je dévisage. Celle du méridional très tactile qui aime palper les bras et les épaules de ses amis. Des amis conçus au sens large puisque celui que je croise est déjà un ami. Souvent, c’est bisous et compagnie. Et notamment bisous entre bonhommes. Des échanges presque féminins mais en l’absence de bonnes femmes. Il ne faut pas y voir une absence de masculinité puisque ces marques affection sont d’autant plus manifestes qu’elles se déroulent dans les univers les plus machistes comme ceux de la corrida, du rugby ou de la feria.

Cependant, cette sensibilité sudiste s’est largement répandue depuis quelques années bien au-delà du pré carré du midi de la France.

Ne recevez-vous pas des « smacks », « bizoo » et autres « j’t’embrasse » dans les mails de vos camarades et copains qui échangent avec vous en toute amitié ? Ne vous adresse-t-on pas des « ma couille » en lieu et place de salutations cordiales ou amicales ? Ne vous dit-on pas « bisou » à la cantonade dans la rue ? Et pourquoi pas « mon poulet » ou « ma caille » non plus ?

Dans cette surenchère verbale, il n’y a pas de frontière. Je découvre qu’il est désormais de bon ton de jouer à une amitié virile un peu trouble. Mais un peu comme un rôle que l’on endosse au-delà de la vie réelle. Un peu comme au théâtre l’acteur se coule dans la peau d’un assassin, d’un séducteur fortuné ou d’une poule mouillée sans qu’il n’ait vécu ou même souhaité vivre ces situations. Il invente et s’invente un nouveau monde. Et comme au théâtre, la tradition est de surjouer car il est impensable de vivre cette écriture sans épouser des règles d’amplification des sentiments humains. Comme nous le faisons rarement dans la vraie vie, les comédiens s’ébrouent et se paralysent, s’interrompent et s’époumonent sans limite ni transition.

Ces temps-ci, c’est du plus snob que de mimer en version machiste la gay friendly attitude. Une nouvelle définition du masculin et féminin ? Une redistribution des rôles des uns et des autres ? Nous, les mecs, les vrais, nous assumerions notre part de féminité ? Enorme ! Ou n’est-ce pas la dernière des conséquences du porno chic ? Dans la bouche de tout le monde. Au bout de la plume et du clavier de chacun.

Bisou

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