> Briser le « plafond invisible »

24 octobre 2005

« Pour élire des femmes à la Maison Blanche , explique Susan Estrich, ancienne directrice de campagne de Michael Dukakis, il faut que les gens commencent à changer l’image qu’ils se font d’un président. Jusqu’à présent, ils ont tous été mâles et blancs. » Dans un livre à paraître, The Case for Hillary Clinton , Susan Estrich plaide le fait que la sénatrice de New York offre aux démocrates une chance unique de briser le « plafond invisible » (auquel se heurtent les femmes dans leur carrière) et d’être le premier parti à envoyer une femme à la Maison Blanche.

Le PS brisera-t-il le « plafond invisible ? » Certains le réclament, d’autres le souhaitent et les plus heureux avancent des noms. Heureux ou innocents, j’hésite. Notamment vis-à-vis de Julien qui ne se lasse pas des sondages qui depuis peu poussent sa favorite à sortir du bois (cf. Ségolène Royal in Le Figaro et Le Télégramme). Car la vraie question est celle de la candidate pour atteindre cet objectif.

La France a un lourd passé en ce qui concerne les femmes au pouvoir. Malgré une récente politique de discrimination en leur faveur, elles ne brillent pas beaucoup sur la scène politique. L’exemple d’Edith Cresson et de Roselyne Bachelot qui criaient le plus fort quand elles étaient dans la place était inversement proportionnel à leurs qualités et compétences respectives. La gente féminine ne pouvait pas être plus mal desservie que par ces deux figures archétypiques.

Sgolne

En tant que Français, j’attends toujours de voir.

Bien des exemples font apparaître des figures locales et dans la « dream team » de Lionel Jospin, Martine Aubry, Elisabeth Guigou, Florence Parly, Marylise Lebranchu ont montré qu’elles avaient des capacités pour diriger le pays. Martine Aubry est d’ailleurs la seule à s’être constitué un courant au sein du PS mais les échecs à Lille (défaite au second tour aux législatives 2002, absence du PS au second tour aux cantonales 2005) fragilisent cette piste.

Alors pour suivre la piste de Julien, il reste la Zapatara. Sa notoriété relative est une base qu’elle travaille amplement : accouchement en  live il y a 12 ans, protection de l’enfance contre la pornographie, création de nouvelles prestations familiales, allocation parentale d’éducation, congé parent enfant malade, position contre le mariage homosexuel, victoire contre Raffarin, femme présidente de conseil régional, qui plus est laboratoire de ce que fera la gauche au gouvernement… La liste est longue. Cela a sans doute un côté retour à l’ordre moral mais le résultat est bien là. Et je comprends qu’un futur papa comme Julien puisse être sensible à ce style de discours.

Mais bon, voir la gauche élire une grande bourgeoise avec des enfants dans le privé, une fréquentation assidue des bonnes familles et des meilleures adresses comme l’avenue de Breteuil… c’est un peu une candidature qui risque d’assoupir la France d’en bas le jour de l’élection. On ne peu pas se payer deux fois de suite une éviction du second tour.

Néanmoins, la meilleure chance des femmes en politique, c’est la nullité des hommes. Ils utilisent leur temps à se neutraliser au sein de leur camp respectif. Fabius contre Hollande ou Villepin contre Sarkozy. J’épargne volontairement le sémillant DSK qui reste la véritable pièce d’artillerie de la gauche. Même celle-ci a l’habitude de laisser ses meilleurs chevaux au paddock le jour des grandes courses (cf. Rocard en 1988 et 1995).

Aussi l’aventure féministe pourrait-elle connaître son aboutissement à droite. Les exemples allemand et britannique, avec Margaret Tatcher et Angela Merkel, nous montrent que c’est là que ça se passe. Notre Michèle Alliot Marie a déjà cet air de ne pas y toucher, insupportable et froid de ces deux spécimens européens. Rumsfeld lui-même parlait d’une allure de « dame de fer. » Alors « wait and see ».

4 Réponses to “> Briser le « plafond invisible »”

  1. juju Says:

    finalement si DSK de Sarcelles a du mal à briser le plafond, c’est
    peut-être qu’il fait trop « banlieue ». Non ?

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  2. Julien Says:

    D’où tiens-tu que ses enfants fréquentent les écoles privées ?
    Daniel Bernard dans son bouquin
    http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1656038
    dit au contraire que Ségolène a toujours pesté contre ces camarades qui
    envoient leurs enfants à l’école Alsacienne et autres cours Hattemer.

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  3. Antoine Says:

    Et toi, Julien? Tu comptes les mettre où tes jumeaux?

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  4. Richard Says:

    Hugues, la France d’en bas, c’est la Provence?

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