> Christophe Clergeau

18 janvier 2006

Cc_1 Paru ces derniers jours et découvert hier dans la revue de presse que ma maman m’adresse irrégulièrement de Nantes, le portrait de Christophe dans Ouest-France. Je ne savais pas tout ce qu’il faisait et je pensais qu’il était plus proche de François Hollande avec tout le travail du groupe "17 novembre" si brillament défendu en Haute-Garonne par Régine (Baobab member). Enfin, c’est une lecture très intéressante et je me permets de la mettre dans mon blog parce que je me suis souvent trompé dans la description de ses multiples activités professionnelles et politiques.

Il subsiste quelques taches de gras car je n’avais pas fini ma brioche à tête avant de monter dans le métro. Mais maintenant, les choses sont claires parce qu’écrites dans la presse. Et quelle presse, la meilleure de France !

5 Réponses to “> Christophe Clergeau”

  1. Yann Says:

    Je crains que ta maman ne fasse une lecture sléective de Ouest France.
    En effet, je te joins un article paru dans l’édition du 12 janvier 2006 de cet excellent journal :

    « Aujourd’hui la France a besoin d’un centre. Nous vivons à chaque élection nationale une alternance de la gauche à la droite, puis de la droite à la gauche. Et à chaque fois, le balancier repart fortement dans un sens contraire, les lois précédemment votées et commençant à faire leur effet sont abrogées ou vidées de toute signification. Chaque camp, sachant qu’il a toute chance de rester peu de temps au pouvoir se hâte de démolir ce qu’a fait le prédécesseur, d’imposer les quelques mesures souvent symboliques propres à satisfaire sa clientèle, mais se garde de mettre en œuvre les réformes de fonds qui sont difficiles, provoquent l’inquiétude ou le mécontentement et ne feront effet que longtemps après leur départ du pouvoir. Un centre capable de gouverner lui-même, en s’alliant si nécessaire et selon les moments ou les sujets avec l’un ou l’autre camp, permettrait d’éviter les violents mouvements de balanciers comme les retours en arrière et de réaliser les changements structurels nécessaires en inscrivant l’action politique dans le plus long terme.

    Mais il n’a jamais été possible sous la cinquième République, de faire politiquement exister le centre. Ceux que l’on appelle « centristes » et que l’UDF représente assez bien depuis près de trente ans se situent en réalité, par leurs traditions, leur manière d’agir et l’électorat qu’ils influencent au centre droit. Le centre gauche, pour sa part, n’a jamais pu s’affirmer, les radicaux de gauche, qui auraient pu le représenter étaient trop faibles idéologiquement et électoralement et surtout ne se sont jamais comportés comme tels, s’étant toujours considérés comme partie prenante de la gauche. Or, un centre véritable ne naîtra- mettant ainsi un terme à la bipolarisation rigide de la vie politique française – que s’il peut marcher sur ses deux pieds, regrouper ou fédérer les centristes des deux bords, permettre à ces deux sensibilités d’échapper à leurs camps respectifs.

    Ce temps est peut-être venu aujourd’hui et on peut penser que la naissance de ce troisième pôle que constituerait un centre équilibré et attractif est possible. Les conditions qui le permettraient semblent pouvoir être réunies.

    La chute du mur de Berlin et la fin du communisme, la reconnaissance largement répandue – quoiqu’en dise l’extrême gauche – qu’il n’y a pas d’alternative crédible au marché et au capitalisme, mais aussi la « socialisation » du libéralisme qui s’est éloigné de l’ « ultra libéralisme » thatchérien, ont rapproché les positions. Le centre gauche et le centre droit ne sont plus, sur un plan théorique, séparés comme ils pouvaient l’être il y a 10 ou 15 ans. Par ailleurs, et ce n’est contradictoire qu’en apparence, la gauche et la droite institutionnelles actuelles ont tendance à se radicaliser, à ignorer l’une l’efficacité économique l’autre l’exigence sociale, à se déporter vers leurs extrêmes et à préconiser l’une et l’autre des solutions excessives qui agissent comme des repoussoirs sur les modérés ou les réalistes des deux camps. Les pôles dominants perdent ainsi leur capacité d’attraction et de rassemblement ce qui rend les marges plus libres de leurs mouvements. Cela est évident à droite et l’UDF montre tous les jours son éloignement vis-à-vis de l’UMP. Cela commence à apparaître à gauche où la sensibilité de centre gauche, se reconnaît peu de choses en commun avec des partis de gauche qui hésitent à soutenir l’ambition européenne, se méfient du marché et des entreprises, négligent l’exigence écologique, choisissent l’assistance contre la responsabilité, le conservatisme contre la réforme. Le centre gauche a le plus grand mal à se considérer encore comme un élément de cette « union de la gauche », ou de cette « gauche plurielle » refermée sur elle-même et ses dogmes, qui n’a su s’adapter ni à l’évolution du monde ni aux nouvelles attentes sociales.

    Si la polarité des extrêmes est moins forte, encore faut-il que l’attractivité du centre existe. Cela devient le cas, dans la mesure où aujourd’hui le centre gauche et le centre droit ne sont plus une gauche affadie ou une droite timorée. Ce n’est pas la gauche ou la droite en plus mou, en plus flou, mais une pensée affirmée, avec des lignes de force que sont : l’ouverture sur le monde, le choix du développement durable, la défense passionnée de la construction européenne, la mise en œuvre de l’autonomie et de la responsabilité individuelle, la solidarité et l’équité comme condition d’une réelle égalité des chances, la réforme d’un Etat qui doit être allégé et rendu plus efficace, la rénovation de services publics qui ne peuvent refuser une concurrence régulée, la régionalisation, la démocratie participative et l’extension des pouvoirs de la société civile, la lutte contre les privilèges et les statuts qui limitent toute possibilité de dynamisme et de mobilité de la société ….

    Idéologiquement un centre réformateur et qui refuse la « pensée borgne » existe, doté de deux sensibilités compatibles qui ont trouvé lors de la récente campagne référendaire, des occasions de rapprochement et de coopération….Reste à créer la condition qui pourrait lui donner une existence politique. Cette dernière condition, comme on l’indiquait plus haut, c’est la création puis le renforcement d’un centre gauche, social, libéral et écologique, clair sur ses valeurs, appuyé sur les acteurs sociaux, décidé à échapper à l’orbite de l’union factice d’une gauche archaïque et sans projet, pour rechercher les moyens d’une coopération avec le centre droit. Un centre gauche qui soit assez fort pour oser s’émanciper de la tutelle du parti socialiste (qui ne peut assumer publiquement son social libéralisme) et ne pas craindre, en s’alliant au centre droit, de se faire phagocyter par lui. Assez fort aussi pour donner confiance à ce même centre droit, et lui donner le courage de couper les ponts avec l’UMP, parce qu’il saura pouvoir retrouver sur sa gauche ce qu’il perdra sur sa droite en terme de soutien électoral.

    Voilà la feuille de route…S’y conformer sera bien difficile, et donner vie à ce nouveau centre, fort du regroupement de son aile gauche et de son aile droite sera certainement une tâche de longue haleine… C’est pourquoi nous devons nous y mettre sans attendre. »

    Cet article est signé par Gabriel COHN-BENDIT et Marc d’HERE.

    Il semble que les libéraux du Parti socialiste aient quelques difficultés à digérer l’illisibilité du Congrès du Mans (ex futur Congrès de la clarification).

    Je dois avouer que bien qu’ayant quitté le PS depuis 10 ans, j’entretiens avec ce parti une liaison passionnelle mais platonique et je me suis senti trahi par le replatrage réalisé par F. Hollande avec la nomination à la direction du PS de quelques uns des plus illustres leaders socialistes pro européens comme H. Emmanuelli ou B. Hamon (en charge des affaires européennes !).

    Même DSK semble aujourd’hui atteint par le syndrome du nonisme en multipliant les initiatives bras dessus bras dessous avec l’extrême gauche ou, pire, lorsque dans sa dernière tribune publiée
    en faveur d’une Europe providence avec quelques illustres leaders de la gauche européenne (Comment la gauche peut relancer la construction européenne par DOMINIQUE STRAUSS-KAHN, MASSIMO D’ALEMA, ANNA DIAMANTOPOULOU, KINGA GÖNCZ, BRUNO LIEBHABERG et DIEGO LOPEZ GARRIDO
    Les Echos, 13 janvier 2006)
    il laisse entendre que l’Union europénne telle qu’il l’a défendue brillamment au printemps dernier, est bien la cause de tous nos malheurs, un monstre froid dépeceur de toutes nos protections. C’est vrai parfois, mais comment généraliser une pareille analyse sauf à brûler les chemises mouillées de la gauche du OUI, de cette gauche qui a voulu une Europe solidaire et humaniste. Il faut reconnaître que l’Union européenne est protectrice sur bien des questions, qu’elle a pu au contraire inciter, obliger, des Etats comme la France à bouleverser son arsenal juridique et à accroître par exemple la protection des individus et de l’environnement. Quid du développement durable sans Bruxelles-Strasbourg ? Quid de la qualité de l’eau en Bretagne ?

    Certes, « nous devons bâtir l’Europe-providence du XXIème siècle, qui émancipe et qui protège ». Mais pour cela, expliquons d’abord les bénéfices apportés par l’Europe telle qu’elle est (bizarrement, personne ne parle de la CJE, sa jurisprudence n’est sans doute que poison libéral. Regardons tout de même…) pour ensuite l’imaginer telle qu’elle devrait être. L’Union n’est pas si indigne que ce que certains ont presque réussi à nous faire croire.

    Quelle est votre nouvelle méthode de construction de l’Union européenne ? Si cette construction passe obligatoirement par l’élection d’une majorité de gauche au Parlement européen, il est à craindre que la panne se prolonge…

    Si même DSK cède à la tentation du discours idéologique et du combat anti libéral simpliste afin de remobiliser les fidèles électeurs du vieux Parti socialiste et de séduire la jeune garde alter mondialiste, il devient urgent de songer à une refondation.

    Pour ma part, je crois qu’il existe un espace politique au centre gauche qui se trouve aujourd’hui écartelé entre le PS, Les Verts et l’UDF.

    Combien de militants déçus… combien de simples citoyens désespèrent du nombrilisme de ces partis et il est urgent de leur redonner l’envie de faire de la politique.

    Depuis le referendum du 29 mai il est urgent de construire une identité politique nouvelle résolument pro européenne réformiste et pragmatique qui dépasse la social démocratie et l’écologie citoyenne dans un souci de réalisme économique et d’adaptation de l’Etat à sa mission de régulation et de service public.

    Pour ce convaincre que la politique peut encore susciter l’espoir, je renvois également tes lecteurs à la Tribune publiée récemment par Christian BLANC dans Le Monde.

    Bien que je me réjouisse de la promotion de Christophe Clergeau (dont tu m’as dit encore très récemment le plus grand bien)je te conseille de scruter au cours des prochains jours un horizon politique qui pourrait s’éclaircir hors du Parti socialiste (ce triste héritage mitterrandien successeur de la non moins triste SFIO).
    Amitiés rocardiennes,
    Yann (Un représentant de la société civile qui croit toujours qu’en politique, il est permis de s’adresser à l’intelligence des citoyens et que celà impose de parler vrai).

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  2. Hugues Says:

    Salut Yann,

    La sélectivité de ma mère c’est moi qui lui impose car je veux des infos sur le microcosme nantais.

    Pour le reste je suis surpris de ta déception face à DSK et son parler vrai mais je m’en expliquerais bientôt.

    Pour le centre, François Bayrou dit des choses censées mais son opposition à l’UMP est surtout une lutte pour une candidature gagnante à droite. Il pense à un petit bonus du centre gauche pour un 2e tour et c’est tout.

    Amitiés

    HB, alias Big Blue

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  3. Christophe Clergeau Says:

    Cher Hugues,

    Merci de me faire les honneurs de ton blog. Juste une petite question: en quoi pensais-tu que j’étais « plus proche de François Hollande »?

    Ton initiative me permets aussi de retrouver avec plaisir la « trace » de Yann. Je suggèrerais juste un autre angle d’analyse de la structuration de la vie politique française. Au niveau national le PS tarde certes à clarifier son identité et son orientation politique, chacun cherche à donner des gages au risque de priver de tout sens les messages délivrés, et régulièrement le débat sur l’émergence d’un centre, d’une part, et d’une gauche alternative au PS, d’autre part, resurgit. Mais localement, au moins dans l’Ouest, de paysage politique me paraît beaucoup plus simple. La gauche réaliste, progmatique et engagée dans le parlé vrai existe, elle dirige les collectivités locales et fédère autour de son action un large spectre de la société civile, par contre le centre n’existe pas et se confond avec la tradition conservatrice. La question clé ne serait-elle pas désormais celle de la déconnexion entre le fonctionnement de la vie politique nationale, et la dynamique citoyenne des territoires?

    Amitiés

    Christophe

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  4. Hugues Says:

    Christophe,

    Je pensais que dans la continuité du travail du « 17 novembre » François Hollande aurait pu te faire une place plus importante dans les instances nationales, je me demande de plus en plus ce que pense ce corézien de la rénovation et du renouvellement de son propre parti. Bientôt 10 ans premier secrétaire, quel bilan ?

    J’espère et milite pour que synthèse, projet et programme du présidentiable puisse avoir quelque chose de commun. Notre premier secrétaire qui a certes eu le courage d’affronter la grande question européenne poussera-t-il sa logique à rester cohérent et à tenir une ligne plus d’un congrès ? Je souhaite qu’il en finisse avec sa stratégie d’équilibre interne qui ne consiste qu’à faire en sorte qu’il reste à sa place, la première chez les socialistes. C’est insuffisant et si hier je le trouvais le moins mauvais, aujourd’hui j’hésite.

    A bientôt.

    Hugues

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  5. Arnaud Says:

    Mais il y a énormément de monde que je connais ici. Merci pour ton commentaire Hugues, c’est bien moi qui m’occupe du blog de la section de Couëron. Si DSK veut un interview, ce sera avec plaisir ;-)

    Amitiés socialistes,

    Arnaud

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