> De la justice pas la vengeance

9 février 2006

Lcp_public_snat Premières minutes du témoignage du juge Burgaud.

J’ai entendu les premières minutes de l’audition du juge Burgaud avec en tête les précautions du Père Wiel qui au titre d’acquitté nous demandait de ne pas confondre justice et vengeance. Exercice de détachement difficile dans une enceinte où la tension était à son comble et la facilité portait à dénicher en une seule et même personne un bouc émissaire. Mais les précautions d’André Vallini comme la figure du jeune juge me portèrent à la commisération. La première des justices est d’entendre et cela se faisait. Pas d’excuses pourtant. Pas de reconnaissance des erreurs commises non plus. C’est dur pour un juge de reconnaître ses propres turpitudes. Pourtant, c’est précisément ce que sa fonction réclame auprès des nombreux présumés innocents qu’il croisent au cours de son métier. Une fonction qui oblige le juge d’instruction à avancer dans un maquis juridique de plus en plus plombé par l’arsenal législatif et le climat social.

Le travail de la commission d’enquête est un premier effort de compréhension. Au-delà du « véritable dégueulis d’émotions » dont nous parlait le Père Wiel, les parlementaires semblent toucher du doigt une réalité judiciaire qui nous est, à eux autant qu’à nous, lointaine quand elle ne nous touche pas directement. Depuis la loi sur le renforcement de la présomption d’innocence et les droits des victimes du 15 juin 2000, que de reculades. Cette loi visait à faire face aux carences d’une institution délibérément privée de moyens par le pouvoir politique. Elle subissait l’opposition du ministre de l’Intérieur de l’époque, d’une partie de la majorité ainsi que de toute l’opposition qui s’en servit pour faire campagne lors de la présidentielle de 2002 avec le résultat que l’on connaît. Il fallut une grande résolution aux ministres de la justice de gauche ainsi qu’aux quelques parlementaires courageux pour défendre quelques principes. A cette époque, la tourmente médiatique méprisait le droit à la présomption d’innocence. Profitons de cette relative accalmie pour faire avancer de nouveaux droits de la personne.

Comme le relevait Eric Fottorino dans un de ses billets, « la justice ne saurait s’appuyer au bras de la vengeance ».

Une Réponse to “> De la justice pas la vengeance”

  1. jlhuss Says:

    Oui il ne faut certainement pas s’appuyer sur un désir de vengeance pour appréhender et surtout améliorer les choses, dans cette horrible affaire.Je trouve cependant que le juge aurait du profèrer des excuses plus audibles et reconnaître explicitement les erreurs même si elles ne lui sont pas toutes imputables. A regarder cette audition, ce que l’on a pu voir, le juge semble plus préoccupé par sa propre situation, certes tragique , que par celle des innocents brisés. C’est en tous les cas ce qui m’est apparu.

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