> Ségolène s’impose déjà comme sujet

7 juin 2006

Ségolène s’imposera-t-elle à moi comme à Matthieu, Anthony et les autres avec lesquels je ferraille sur « l’arnaudsanchez-blogosphère » ?

Je ne le crois pas même si je respecte le choix des supporters de Ségolène. Surtout quand il est argumenté et ne s’impose pas du fait d’évènements extérieurs. Cette dernière précision peut apparaître apparatchitique mais après tout je suis militant depuis 19 ans maintenant mis à part quelques parenthèses et c’est presque devenu mon statut à l’insu de mon plein gré.

Maintenant, j’aimerais savoir comment les propos parfois justes et souvent exagérés de Ségolène vont faire bouger notre parti et pourquoi pas -ô miracle !- son corpus idéologique. Notre surplace doctrinal jospinien n’est pas pour rien dans nos déconvenues électorales de 2001 et 2002. Un espoir d’une gauche qui dure et transforme durablement la société française est sans doute né au cours de cette législature ou plus exactement de la période 1997-1999. Car dans cet intervalle,
des idées jaillissaient et connaissaient un début de réalisation. Dans le domaine de l’emploi, de l’éducation, de la justice… des chantiers ont été lancés qui ont été mis à mal par les attentes nées d’une bonne gestion, celle de la cagnotte. La surenchère à caractère marxisant du toujours plus l’a
emporté sur une logique de redistribution des richesses et des destins. C’est pourquoi les 35 heures ont été imparfaitement généralisées, la rénovation du système scolaire a été abrégée et la réforme des impôts n’a pas été menée durant les années suivantes. Notre incapacité à gérer dans la durée notre positionnement politique doit nous amener à produire une autre réflexion. C’est pourquoi je m’attache à la lecture de Laurent Baumel « fragment d’un discours réformiste – contribution au
renouveau doctrinal de la gauche française ». C’est ma lecture du moment.

Mais pour l’isntant je me pose quelques questions sur la stratégie de Ségolène au-delà des querelles que je lui cherche parce que je défends sans modération DSK, mon honnêteté doit-elle en souffrir !

1- quelles idées maîtresses pour Ségolène ?

Pour l’instant, c’est encore embryonnaire. Ségolène sort du bois et frappe par des propos peu connus dans sa bouche. L’adhésion qu’elle suscite est riche de promesses qui n’attendent que d’être transformées en propositions. Mis à part la critique d’une gouvernance passée à laquelle elle a participé de bout en bout sans mot dire, les suggestions nous seront communiquées plus tard. J’attends donc sa touche personnelle puisqu’au-delà du projet socialiste elle entend bien faire entendre sa différence. Quid après les 35h et la sécurité ? Avertissement n’est pas argument.

2- qui structurera la campagne de Ségolène ?

Pour l’instant, quelques nouvelles têtes et de nombreux chevaux sur le retour forment le carré de fidèles. Ce mélange est plutôt un atout. Tony Blair a fait de même et c’est depuis que John Prescott lui manque que ça tangue. J’attends d’en savoir plus sur l’attelage que constituera le « ségolisme ». Pour l’instant, les ralliements obtenus sont moins nombreux que ceux annoncés.

3- qui fera la campagne de Ségolène ?

Un PS mis KO –au tapis- par les attaques visant à le ringardiser. Cela paraît compromis ou alors ce sera sans enthousiasme. Ors nous savons tous qu’une campagne présidentielle ne se gagne pas sans engouement militant. C’est même le préalable à l’emballement populaire. Je m’attendrais à voir les socialistes rassemblés et rassérénés à la veille de 2007. Ce sera à eux de mener la bataille en entraînant autour d’eux.

4- qui amènera la gauche à la victoire ?

La coalition de gauche à la tête de laquelle les socialistes donneront l’impulsion devra se retrouver sur des bases communes. Pour le moment, la crise que traversent les socialistes vis-à-vis d’une candidate qui les cueille à froid n’est rien à côté de la révolution sémantique qui attend le reste de la gauche. Celle-là même qui est promise à devenir la future majorité. Comment peut-on jouer avec autant de désinvolture avec les valeurs et racines du peuple de gauche ? J’aimerais connaître l’écho rencontré par cette candidature hors des rangs socialistes.

5- qui gouvernera ?

Ségolène présidente devra donner une illustration de ce que sera sa manière de gérer le pays. Sa façon abrupte de poser les problèmes sans la moindre délibération collective mène tout droit à l’incompréhension. Elle peut rappeler à certains égards la méthode Cresson qui pleine de bon sens s’est aliénée toutes les oppositions avant d’avoir pu opérer le moindre changement politique dans le pays. La paralysie se substitua vite au volontarisme affiché.

Je trouve qu’il manque également à Ségolène le supplément d’âme d’une candidate qui saura braver l’opinion publique sur un sujet politique. Mitterrand avait promis l’abolition. Jusqu’à présent, les propos émis sont assez populaires et pour certains populistes. Il y a un déficit de colonne vertébrale à cette candidature mais je l’attends et l’espère.

Sur tous ces points comme sur d’autres, je pense que nous allons confronter les candidatures socialistes. Aucune n’est à écarter a priori. Aucune ne s’impose non plus a priori.

Si je pense encore que les nombreux mérites de DSK l’emportent, c’est parce que la France est à la fois un pays profondément européen et un pays fortement attaché à ses particularismes. DSK est sans aucun doute le plus européen de nos candidats. Participant de la plupart des cercles de réflexion de la gauche européenne, il est également celui qui pratique l’allemand et l’anglais sans la moindre difficulté lorsqu’il s’agit d’échanger avec Gherard Schröder ou Gordon Brown. Conscient des exceptions nationales, il a une claire vision du chemin qui nous reste à parcourir pour conserver le meilleur de nos traditions, la laïcité au sens de tolérance et d’ouverture au monde, et aller au devant d’une société qui prend son destin en main, qui se réforme et met place le cadre de ses propres réformes ultérieures. C’est d’ailleurs le cœur du projet socialiste que d’organiser l’espace d’une régulation démocratique, sociale et économique. Bâtir une société où la politique ne serait pas accessoire mais réduite à sa fonction d’arbitrage.

Je me trompe peut-être mais DSK est le candidat d’une France moins politique et plus sociale, moins nationale et plus européenne, moins institutionnelle et plus démocratique. Et rien que pour ça je défendrai ses couleurs.

42 Réponses to “> Ségolène s’impose déjà comme sujet”

  1. Bertrand Says:

    Tout à fait d’accord avec toi jusqu’à l’antépénultième paragraphe.

    Pour le reste, une politique qui serait réduite à sa fonction d’arbitrage me semble manquer un peu de souffle. De souffle européen, par exemple… ;-)

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  2. hugues Says:

    Je suis d’accord c’est sans doute un peu trop mais j’en ai un peu marre de la politique en ce moment et ça doit se ressentir.

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  3. jlhuss Says:

    je partage ton analyse sur Mme Royal!
    Je découvre ton blog…J’en suis heureux.
    Jemets un lien chez moi en te remerciant du tien.
    à+

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  4. gongombre Says:

    Je ne partage pas du tout ce point de vue. Je pense que tu t’attaques trop à Ségolène pour justifier ton choix de soutenir DSK. Quels sont tes arguments pour soutenir DSK :

    « Je me trompe peut-être mais DSK est le candidat d’une France moins politique et plus sociale, moins nationale et plus européenne, moins institutionnelle et plus démocratique. Et rien que pour ça je défendrai ses couleurs. »

    Je trouve cela très grotesque comme analyse.

    « France moins politique ?? » Cela ne veut rien dire. Il n’est pas en mesure de décider ce que sera la France. Quelles mesures propose-t-il pour cela ?? Je ne comprends pas.

    « plus sociale ?? » c’est l’envie de tout le monde au PS. Comment veut-il rendre la France plus sociale, cela reste bien flou.

    « moins nationale et plus européenne »
    Tu tires cette conclusion du fait qu’il parle de l’Eurogroup ?? On verra ce que la population francaise en pense. Je crois que cela rendera la france plus économique certainement pas plus sociale. On a besoin de construire l’Europe sociale, rien dans ses propositions ne tend vers cela.

    « moins institutionnelle et plus démocratique?? »
    Moins institutionnel, ca fait peur, veut-il nous mener vers une dictature. DSK écoute rarement les revendications citoyennes et préfère écouter ses propres militants, bien qu’encore peu nombreux. En ce sens Ségolène me parait utiliser une approche beaucoup plus démocratique.

    En ce qui me concerne, DSK ne me convaint pas du tout.

    Gongombre

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  5. Filip Says:

    Gongombre,

    Pourrais-tu éclairer ma lanterne en m’indiquant, sur chaque point que tu viens d’évoquer, les propositions de Ségolène ?

    Merci

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  6. gongombre Says:

    « Pourrais-tu éclairer ma lanterne en m’indiquant, sur chaque point que tu viens d’évoquer, les propositions de Ségolène ? »

    J’attendrai que tu me donnes les propositions concrètes de DSK. Ca ira vite, je n’en doute pas…

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  7. Filip Says:

    C’est une blague ?

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  8. gongombre Says:

    Non, non je t’écoutes…

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  9. Filip Says:

    Il se trouve simplement que ma question était sérieuse.

    Si tu n’as rien à dire, si ta seule contribution est un truc du genre « je trouve cela très grotesque comme analyse », tes interventions ne risquent pas de m’intéresser longtemp.

    Tu es intervenu pour dire tout le mal que tu pensais du propos de Hugues en renvoyant à l’idée que Ségolène était bien meilleure dans ses propositions, peux-tu simplement nous en montrer un échantillon ?

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  10. gongombre Says:

    Non,

    Vos interventions ne mettent absolument pas en valeur DSK. Une chose est sure néanmoins : vous le soutenez.

    Pour ma part je ne retiens de votre site que les critiques que vous faîtes de Ségolène. Vous semblez décodez mieux que personne les sondages : tant mieux pour vous. Cependant, vous ne m’avez pas convaincu et je ne soutiendrai pas DSK.

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  11. gongombre Says:

    Si les propositions de DSK ne sont que son engagement contre Sarkozy et si ses électeurs ne font que critiquer Ségolène : je ne voterai pas pour lui.

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  12. Filip Says:

    De qui tu parles en disant « vos interventions » ?

    J’avoue être assez surpris de l’agressivité de tes propos.

    Je te posais une simple question suite à TA CONTRIBUTION….

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  13. Filip Says:

    Propositions DSK 1

    Egalité réelle à l’école

    LE CONSTAT

    Aujourd’hui, le « descenseur social » fonctionne à plein dans notre société. Au cœur de la lutte pour l’égalité des chances, l’école repose sur le principe juridique d’égalité : tous les enfants ont aujourd’hui, théoriquement, un égal accès aux biens scolaires – les mêmes heures de cours dispensés par les mêmes professeurs dans le cadre d’un même cursus scolaire.

    Mais cette égalité théorique ne se retrouve pas entièrement dans la pratique. L’offre scolaire est inégalitaire dans les faits :

    La carte scolaire renforce la ségrégation territoriale.

    Les classes de niveau accentuent les écarts entre les élèves.

    Les filières scolaires réintroduisent les barrières sociales. L’exemple le plus flagrant concerne la filière professionnelle : les titulaires du « bac pro » sont exclus de l’enseignement supérieur professionnel (BTS, IUT, licences professionnelles, écoles d’ingénieurs), les étudiants issus des filières généralistes leur étant systématiquement préférés.

    Les filières universitaires concentrent les moyens sur les élèves les plus favorisés. C’est le cas des classes préparatoires : on y trouve des enseignants disponibles, des petits effectifs, des exercices supplémentaires. Les grandes écoles concentrent quatre fois plus de moyens par élève que les universités.

    La durée des études est très inégalitaire. La durée moyenne de scolarisation en France est de 19 années. Mais un jeune issu d’un milieu aisé qui termine médecin, ingénieur ou lauréat d’une grande école, bénéficie de 23 à 25 années de formation gratuite. Le jeune de banlieue sorti sans qualification à seize ans n’aura bénéficié que de 13 années. L’enseignement supérieur est une incroyable machine à redistribuer à l’envers.

    En d’autres termes, l’école, dans les faits, ne tient pas sa promesse d’égalité, et laisse au bord du chemin les élèves les moins favorisés, trop tôt abandonnés à leur sort sans bagage éducatif, intellectuel ou culturel consistant.

    LES PROPOSITIONS

    Même si l’école parvenait dans les faits à respecter son principe d’égalité en droit, ce serait insuffisant. Donner la même chose à chacun ne permet pas de corriger les inégalités de départ. Il faut changer de paradigme scolaire : passer de l’égalité formelle à l’égalité réelle. Avec un principe : « donner plus à ceux qui ont moins », concentrer les moyens pédagogiques sur les élèves qui en ont le plus besoin.

    Assurer l’égalité des chances est une tâche immense. L’école ne saurait la mener seule mais elle en est la matrice essentielle. C’est pourquoi l’Education nationale doit redevenir la première priorité budgétaire de la nation.

    Créer un poste d’« instituteur volant » en CP. Non affecté à une classe, il serait chargé de donner du temps pédagogique supplémentaire aux enfants en difficulté.

    Un plan périscolaire pour tous.

    Renforcer les zones d’éducation prioritaire (ZEP). Les ZEP reposent sur une logique simple : donner plus aux quartiers défavorisés. C’est une bonne approche, car les inégalités se concentrent de manière territoriale. Leurs résultats sont pourtant décevants, du fait de handicaps qu’il faut corriger :

    1. Renforcer massivement les moyens financiers alloués aux ZEP. Les moyens sont aujourd’hui saupoudrés : à peine 7% de moyens en plus pour un élève en ZEP ;

    2. Adapter l’enseignement des ZEP aux besoins pédagogiques des élèves ;

    3. Créer le statut d’« élève à besoin éducatif prioritaire » (BEP), afin de casser l’effet ghetto des ZEP. Les moyens affectés seraient calculés pour les établissements au prorata du nombre d’élèves prioritaires accueillis, quel que soit le statut et la localisation de l’établissement concerné.

    4. Donner des affectations « coupe-file » aux élèves prioritaires, sur le modèle de la « filière ZEP » de Sciences Po.

    Créer des « filières professionnelles longues ». L’idée est de réserver pour les bacheliers professionnels au moins la moitié des places dans les formations supérieures technologiques et professionnelles. Le principe doit être clair : tout élève qui débute en CAP ou en BEP et qui passe son bac professionnel doit pouvoir aller jusqu’au diplôme d’ingénieur.

    Démocratiser l’enseignement supérieur, avec comme objectif 60% d’une classe d’âge à « Bac+3 ». Nous avons démocratisé le baccalauréat, il faut maintenant démocratiser l’enseignement supérieur. C’est une nécessite de justice sociale. C’est aussi une nécessité économique, dans le monde de la connaissance que est désormais le notre.

    Garantir à tous un même capital de formation initiale gratuite de 20 ans. Les élèves sortis tôt du système scolaire pourront y retourner à tout moment, y compris en alternance.

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  14. Filip Says:

    Propositions DSK 2

    Les 3 socialismes

    LE CONSTAT

    La social-démocratie européenne est en panne. Elle ne sait plus quelles réponses apporter à une question clef de l’identité socialiste : « qu’est-ce qu’une société juste ? »

    Elle s’est avérée incapable de lutter efficacement contre les mutations du capitalisme contemporain qui ont profondément creusé les inégalités. Elle ne propose pas de solutions à long terme pour répondre aux enjeux démographiques et aux nouvelles attentes sociales. Elle ne protège plus les citoyens face aux excès du marché.

    Pour garantir une société juste, les socialistes français et européens doivent renouveler leur corpus idéologique et élaborer de nouveaux modes d’action adaptés à la réalité économique d’aujourd’hui. Nous devons jeter les fondations d’une social-démocratie moderne. Elle s’incarnera dans une triple vision du socialisme qui aura pour horizon l’Europe.

    Selon qu’il naît à Neuilly, Montrouge ou Sarcelles, un enfant ne bénéficiera pas des mêmes chances de réussir. L’ascenseur social français est en panne. Pire, c’est le descenseur social qui est à l’œuvre, faisant craindre que nos enfants ne vivent demain dans un monde plus difficile et plus inégalitaire encore.

    PROPOSITIONS

    Le socialisme de la redistribution.

    Face au creusement des inégalités, il faut renforcer le socialisme de la redistribution. La capacité redistributive de l’Etat Providence est mise à mal. Pire, notre système renforce les inégalités au lieu de les corriger. Les écarts de revenus disponibles entre les plus aisés et les plus modestes s’accroissent. Il faut donc engager des réformes profondes.

    La gauche a longtemps répondu par la seule logique de la redistribution. Le principe en était simple : redistribuer les richesses pour réparer a posteriori les dégâts sociaux causés par le marché. Bien sûr, il nous faut continuer dans la voie de ce socialisme de la redistribution et même le renforcer. Mais cela ne suffit plus. Cela ne suffit plus parce que l’Etat-providence a atteint les limites de ses capacités redistributives. Cela ne suffit plus parce que ce modèle ne prend pas en compte les inégalités de départ dont souffrent les individus. Au contraire, il a tendance à les légitimer, voire à les aggraver. Il nous faut aujourd’hui adapter nos moyens d’action à la réalité d’un capitalisme qui a changé de visage, et d’échelle.

    Le socialisme de la production.

    Nous ne devons plus nous contenter de réparer les dégâts après qu’ils soient apparus. N’ayons pas peur de « mettre les mains dans le cambouis », d’intervenir au sein même du système productif. Il faut attaquer les inégalités là où elle se créent : c’est le socialisme de la production. De nombreuses pistes sont à explorer dans ce sens : la démocratie sociale, la régulation des licenciements économiques, la sécurisation des parcours professionnels, la législation sur les accidents de travail, etc.

    Le socialisme de l’émancipation.

    Le marché n’est pas la seule source des inégalités. Les nouvelles inégalités sont des inégalités de départ, qui dépendent du territoire où l’on naît. Pour renouer avec une réelle égalité des chances, qui doit être le premier combat de tous les socialistes, nous proposons de bâtir un nouveau socialisme : le socialisme de l’émancipation. Il s’agit dorénavant d’agir a priori, d’attaquer les inégalités à la racine, avant même qu’elles ne se créent. Cette lutte est fondée sur un principe simple : il faut donner plus à ceux qui ont moins. Donner plus de capital public à ceux qui ont moins de capital social. C’est un grand retour aux services publics que nous proposons : le socialisme de l’émancipation passe par des réformes novatrices en matière d’éducation, de logement, d’urbanisme, de santé.

    Deux conditions sont nécessaires à la mis en œuvre de ces trois socialismes. D’abord, la croissance, parce que c’est avec elle que les Français reprendront confiance dans l’avenir. Ensuite l’Europe, aujourd’hui en panne. Il nous faut la relancer : elle est la seule à avoir la taille suffisante pour peser sur les enjeux contemporains. L’avenir de la France passe par l’Europe.

    Socialisme de la redistribution, socialisme de la production, socialisme de l’émancipation : voilà les trois piliers sur lesquels nous voulons bâtir la social-démocratie française. Le réformisme de gauche n’est pas condamné à l’accompagnement social du libéralisme. Il peut et doit être un « réformisme radical ».

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  15. Filip Says:

    Propositions DSK 3

    Des droits pour tous

    LE CONSTAT

    La lutte contre les inégalités touchant les homosexuels – seuls ou en couple – est un combat que la gauche porte en elle. La gauche au pouvoir a porté des avancées majeures en la matière : dépénalisation de l’homosexualité, création du pacte civil de solidarité, reconnaissance du concubinage homosexuel, loi de modernisation sociale incluant la lutte contre la discrimination liée à l’orientation sexuelle sur le lieu de travail et la lutte contre le harcèlement, loi sur la lutte contre les discriminations…

    Avec l’initiative du Pacs, la France a servi de modèle dans la reconnaissance du couple homosexuel. Elle peut encore progresser largement dans le sens de l’amélioration des droits humains et de l’égalité réelle. Mariage, adoption, reconnaissance du couple homoparental, amélioration du pacs, meilleure prise en considération de la situation des personnes trans, autant de sujets qui définissent un nouvel horizon que nous devons nous fixer.

    Certains, y compris au sein du PS, avancent l’argument selon lequel « ce n’est pas le sujet du moment », qu’il existe « d’autres priorités » (chômage, inégalités sociales..) pour la gauche que les préoccupations des personnes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT).

    A cela, il faut sans hésiter répondre que ces questions de société concernent notre avenir et notre conception du « vivre ensemble ». Elles engagent notre réflexion sur la société que nous voulons construire.

    La vision de notre République, de notre pays, c’est celle de citoyens égaux en droits et devoirs. D’aucune manière, sur aucun sujet, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ne peut justifier une quelconque discrimination. Affirmer cela, c’est s’engager dans un projet pour une société plus juste et plus humaine. C’est poursuivre le combat historique du socialisme pour l’émancipation et l’égalité.

    LES PROPOSITIONS

    Sur ce sujet, comme sur bien d’autres, il nous faut changer de pratique, ne plus simplement réparer, mais combattre les inégalités à la racine.

    Eduquer

    Cela vaut pour les inégalités de destin comme pour les discriminations dont sont victimes les personnes LGBT. Le volet éducatif constitue la pierre angulaire de tous nos dispositifs de lutte contre les discriminations !

    L’éducation, c’est bien entendu et en premier lieu, l’éducation au respect de l’autre, dans sa différence et dans sa complexité.

    Il s’agit également de l’éducation aux questions de sexualité. Bien trop souvent, et c’est le cas en France, ces questions ne sont traitées que sous l’angle de la reproduction, de la contraception, des MST et du SIDA. Comme si le but de la sexualité était de ne pas attraper le Sida ou les MST et d’éviter une grossesse non souhaitée. Il va de soi que traiter ces questions là est indispensable, mais il est tout aussi souhaitable de parler d’amour, de souligner que les rapports sexuels et amoureux n’impliquent pas tous un homme et une femme et qu’il existe d’autres possibilités tout aussi respectables.

    Rompre avec la politique du silence

    Nous savons bien l’importance qu’il y a à dire les choses clairement et les conséquences désastreuses, notamment pour la jeunesse, d’une politique du silence.

    A cet égard, il est urgent de mettre au rang des priorités la construction d’une politique publique sur la question du suicide des adolescents ou des jeunes adultes. Nous ne pouvons faire l’économie d’une étude d’ampleur sur la question de l’homophobie intériorisée et des moyens de la prévenir. Là encore, en France comme en Europe, le système scolaire – de l’enseignant à l’infirmière scolaire -, chacun est un élément d’un dispositif global visant à faire reculer les inégalités.

    Lutter contre l’homophobie

    En matière d’homophobie, il faut soutenir tout ce qui favorise la mobilisation de nos consciences citoyennes.

    En ce sens, instaurer le 17 mai « journée mondiale contre l’homophobie » est une idée judicieuse. Nous devons soutenir ce projet ambitieux. Au-delà, c’est aussi la réforme de notre Constitution, et de son article 1er qui devrait inclure qu’est assurée, dans notre pays, l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’orientation sexuelle ou d’identité de genre.

    « Oui » au mariage pour les couples de même sexe

    Les droits des homosexuels doivent être les mêmes que les droits des hétérosexuels. Une déclaration d’amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment et un contrat visant à protéger les intérêts et le patrimoine des conjoints : voilà ce que représente le mariage civil aujourd’hui. Il n’y a donc aucune raison que l’on interdise cette déclaration et ce contrat entre deux personnes du même sexe.

    « Oui » à l’adoption pour les couples de même sexe

    Il faut être lucide, et appréhender le fait que ce sujet est plus délicat à manier auprès de l’opinion. Les résistances sont nombreuses. Le rôle des responsables politiques, c’est de préparer la société française en animant un grand débat sur ce sujet. Faire de la politique, ce n’est pas suivre ce que veut l’opinion publique et en faire son programme. Si tel était le cas, la peine de mort n’aurait jamais été abolie dans notre pays. Faire de la politique, c’est au contraire identifier l’intérêt général et travailler à le faire partager par l’opinion, avec pédagogie afin de vaincre les conservatismes.

    L’ensemble de ces mesures devra s’accompagner d’une amélioration du Pacs, notamment sur les droits sociaux et fiscaux, d’une meilleure prise en compte de la situation des personnes trans et de la reconnaissance du droit d’asile pour les personnes persécutées à raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre.

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  16. Filip Says:

    Propositions DSK 4

    La petite enfance

    LE CONSTAT

    Au cœur du malaise français, l’inégalité des chances, n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui. On naît à Neuilly avec la promesse de réussir, à Vaulx-en-Velin, avec une forte probabilité d’échouer : statistiquement, les jeux sont faits. Pour établir une égalité réelle, l’école est un instrument décisif. Mais la réussite scolaire se joue dès la petite enfance.

    Or les inégalités se manifestent dès le plus jeune âge, premières traces d’un fossé qui, d’année en année, ne va cesser de se creuser. A la maternelle, la maîtrise du langage varie très nettement selon les origines sociales. A l’entrée du CP, les enfants de cadres réussissent 8 exercices sur 10, les enfants d’ouvriers et de chômeurs à peine 6 sur 10.

    L’échec scolaire, qui stigmatise, exclut et préfigure un parcours professionnel et humain chaotique, trouve sa source dans ces inégalités du premier âge. La capacité à apprendre, le « capital cognitif », se trouve ainsi dès l’origine très inégalement distribué. Il est pourtant déterminant dans la réussite scolaire, et plus encore aujour’hui qu’hier dans un système économique qui nécessite d’exercer plusieurs métiers tout au long de sa vie, et donc de pouvoir se former aussi à l’age adulte.

    Ces inégalités de capital cognitif ont deux sources. L’environnement culturel d’abord : un enfant moins stimulé intellectuellement et qu’on abandonne devant la télévision réussira moins bien. Les conditions d’existence ensuite, en particulier les inégalités sanitaires, qui handicapent sérieusement l’apprentissage des enfants issus des milieux modestes. Il y a ainsi un tiers de troubles de vision non repérés en plus dans les familles pauvres, deux fois plus de cas d’obésité et de problèmes dentaires non soignés dans les ZEP.

    LES PROPOSITIONS

    LA PHILOSOPHIE : « INVESTIR DANS LES BEBES »

    Nous devons créer un service public de la petite enfance, afin de permettre à tous d’acquérir le capital cognitif nécessaire dans la vie.

    La logique est simple : il ne faut pas laisser les inégalités se développer, et essayer de les corriger après coup ; il faut les attaquer en amont, à la racine. Des études américaines sur trente ans, lancées par JF.Kennedy et L.Johnson, ont montré des résultats exceptionnels : un soutien lors de la petite enfance même très court, sur un ou deux ans, permet aux enfants de familles modestes de retrouver les résultats scolaires et le taux d’accès aux universités des familles aisées. C’est sur cette base que Bill Clinton a lancé les programmes Head Start pour la petite enfance.

    ILLUSTRATIONS PROGRAMMATIQUES

    Le service public de la petite enfance passe d’abord par un suivi pédagogique renforcé. Propositions :

    • La généralisation des crèches. Il faut développer les crèches municipales, associatives, parentales, en entreprise : tout enfant a droit à une prise en charge collective.

    • L’abaissement de l’âge de scolarisation obligatoire. La scolarité obligatoire est fixée à six ans. Mais dans les quartiers aisés, la scolarisation effective commence à trois ans. Le taux de scolarisation entre trois et six ans baisse fortement en fonction des territoires, pour tomber en-dessous de 50% dans les banlieues défavorisées.

    • Un suivi pédagogique orienté vers le rattrapage des retards de capital cognitif. Par exemple, au CP, avec la création d’« instituteurs volants », non affectés à une classe, et chargés d’offrir du soutien pédagogique aux enfants en difficulté d’apprentissage.

    Le service public de la petite enfance passe aussi par un suivi pédiatrique. La France est très en retard : à peine une infirmière de santé scolaire pour 1840 élèves en maternelle ! Trois pistes :

    • Un suivi médico-social pédiatrique personnalisé. Chaque enfant devra bénéficier de ce suivi pour pouvoir repérer en temps réel les maladies et troubles de développement susceptibles de limiter son apprentissage – problèmes de vue, douleurs dentaires, mauvaise alimentation…

    • Un dossier médical personnel pour tous les enfants de 0 à 9 ans. On l’a créé pour les adultes, mais pas pour les enfants, alors que ce sont eux qui en ont le plus besoin.

    • Le remboursement par la sécurité sociale de toutes les consultations pédiatriques – orthophonistes, psychologues pour enfants…

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  17. Filip Says:

    Propositions DSK 5

    La politique de la ville

    LE CONSTAT

    Les nouvelles inégalités sont avant tout territoriales. Le lieu de naissance ou de résidence est devenu peu à peu plus discriminant que la classe sociale.

    Notre pays se divise désormais schématiquement en trois types de territoires urbains.

    D’un côté, les centre-villes, où se sont « réfugiées » les familles aisées. Ces familles, coupées du reste de la société, habitent dans des quartiers qui concentrent tous les avantages – réseau social, écoles de haut niveau, qualité de l’environnement urbain, sécurité, densité des services publics et des équipements culturels.

    A l’opposé, les cités, où sont reléguées les classes populaires, réunissent tous les handicaps : pauvreté, chômage de masse, échec scolaire, concentration des populations immigrées les plus fragilisées, dégradation des logements, faiblesse des équipements publics et désertion des services de proximité, absence de transports publics, insécurité.

    Au milieu, les vastes zones péri-urbaines, où résident les classes moyennes. Leurs habitants rêvent de pouvoir rejoindre les territoires aisés mais en sont interdits ou en ont été chassés par la barrière invisible du prix de l’immobilier. Ils craignent à l’inverse d’être rattrapés par les plus pauvres, d’ici et surtout d’ailleurs, qu’ils perçoivent comme une menace pour leur sécurité et la qualité de scolarisation de leurs enfants. Cette menace est ressentie d’autant plus vivement qu’ils peuvent apercevoir les barres HLM, symboles urbains d’exil social, depuis leur lieu de résidence. Prisonnières de cet entre-deux, placées dans une situation instable, aspirant à la promotion sociale mais craignant la relégation, les classes moyennes se sentent oubliées des pouvoirs publics.

    Ce cloisonnement géographique qui s’opère entre « nantis », « oubliés », et « exclus », répartis sur des territoires clairement séparés, produit et entretient l’immobilité sociale. Dans un pays où les inégalités sont figées par le territoire d’appartenance, tout semble joué d’avance, le destin de chacun gravé dans son adresse. La République se fragmente, les populations des différents territoires se tournent le dos ou s’observent avec crainte, la France, offrant des conditions trop dissemblables pour être encore capable de rassembler autour d’une espérance ou de valeurs communes, ne fait plus société.

    LES PROPOSITIONS

    LE PRINCIPE

    Lutter contre la ségrégation territoriale : c’est la première des priorités si nous voulons bâtir une société juste. La République doit « faire société » à nouveau. Il s’agit tout à la fois de redonner à terme aux territoires en déshérence un cadre de vie offrant au plus près les atouts et attractivité des centre-villes et de permettre une réelle mobilité géographique à l’ensemble de la population.

    PREMIER OBJECTIF : INVESTIR MASSIVEMENT DANS LES QUARTIERS POPULAIRES

    Les quartiers populaires doivent devenir des quartiers de réussite. Il faut une « discrimination positive territoriale » : « donner plus à ceux qui ont moins », plus de capital public aux quartiers qui ont moins de capital individuel. On doit dépenser plus d’argent par habitant à Vaux-en-Velin qu’à Neuilly, et non le contraire ! Propositions :

    Refondre la fiscalité locale au profit des quartiers populaires. La fiscalité locale est une « trappe à pauvreté ». Il doit y avoir des communes riches pour les quartiers pauvres. Deux réformes principales : 1/ supprimer la taxe d’habitation, qui est faible dans les quartiers populaires à faibles revenus, et la remplacer par une dotation « démographique » de l’Etat ; 2/ généraliser la taxe professionnelle unique (TPU) par bassin d’emploi, afin que la commune de travail, qui concentre l’ensemble des produits de la taxe, la redistribue aux communes d’habitat, qui hébergent les travailleurs assurant sa richesse.

    Concentrer la politique de la ville sur les 5% des communes les plus pauvres et financer les services publics locaux : au-delà de la rénovation des barres dégradées, les écoles, les services publics de proximité (sportifs, culturels), les jardins, la voirie, les transports publics, la sécurité…

    Renforcer les zones d’éducation prioritaires (ZEP).

    Développer les logements de qualité – zones pavillonnaires et logements intermédiaires.

    SECOND OBJECTIF : UNE POLITIQUE DE MIXITE SOCIALE RADICALE DANS LES QUARTIERS FAVORISES

    L’ascenseur social est d’abord, aujourd’hui, un « ascenseur territorial ». C’est pourquoi il faut aussi permettre la mobilité territoriale vers les territoires de la réussite. Cela nécessite une politique radicale de mixité sociale.

    Renforcer les amendes en cas de non-respect des quotas de logements sociaux par les communes (« article 55 loi SRU »).

    Etendre les quotas de logements sociaux à la promotion immobilière privée. Les moyens publics sont limités. Il est impossible pour une commune de financer seule l’achat ou la construction massifs de logements sociaux dans ses quartiers aisés, où le prix de l’immobilier est très élevé. L’idée est de faire aussi porter cette responsabilité de mixité sociale sur le privé, comme le fait Bertrand Delanoë sur Paris.

    Etendre les quotas de logements sociaux aux copropriétés existantes. Soit par achat public en « diffus » (préemption d’appartements dans les copropriétés), soit en imposant aux copropriétés privées d’organiser la mixité sociale en leur sein.

    Interdire les ventes à la découpe.

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  18. Filip Says:

    Propositions DSK 6

    La prison

    LE CONSTAT

    « Une société se juge à l’état de ses prisons ».

    Le tableau des prisons françaises est accablant pour notre République et les valeurs qu’elle porte. Accablant aussi pour chacun d’entre nous, en ce qu’il bafoue le respect de la dignité de la personne humaine. Notre système carcéral est à bout de souffle et la situation ne fait qu’empirer.

    Plus de 60 600 détenus en 2006 en France. Une densité carcérale moyenne de 116 détenus pour 100 places – avec des pics à 238 détenus pour 100 places dans six établissements ! La surpopulation des prisons françaises va croissant, entraînant un flot d’effets dévastateurs : brutalisation, violence quotidienne, reproduction du système malfrat, anéantissement de l’individu dans sa dignité.

    A cela s’ajoute des conditions carcérales dégradantes : un détenu dispose en moyenne de 4,8 m², quand ce n’est pas de moins de 3 m², comme pour 20% d’entre eux. L’entassement de trois, voire quatre détenus, dans une cellule de 9 m² est devenu une pratique courante, là où elle ne devait être qu’une dérogation ponctuelle à la loi.

    Cette situation place les personnels de l’administration pénitentiaire dans des conditions de pression psychologique souvent intenables. Ces conditions de travail pénibles, où le manque de personnel est patent, freinent le suivi individualisé des détenus, et diminuent, par conséquent, leurs chances de réinsertion.

    Enfin, le manque de moyens et l’ossification de nos pratiques pénales font perdre à la sanction toute sa force et tout son sens. La punition n’est rien là où la dignité n’est pas.

    La surpopulation carcérale, dans tout ce qu’elle a d’inhumain et d’humiliant, constitue un terreau favorable à la récidive. Entrer en prison aujourd’hui, c’est apprendre à y retourner.

    L’état de notre système pénitentiaire est donc moralement inacceptable et politiquement inefficace.

    LES PROPOSITIONS

    Modèle carcéral à bout de souffle. Valeurs humanistes de la République bafouées par un silence coupable. Ce n’est qu’en replaçant le détenu au centre du système que nous pourrons donner à chacun le moyen de retrouver le chemin de la société.

    « Une place, une personne »

    La première mesure est sans équivoque. La surpopulation carcérale est d’abord et avant tout intolérable en ce qu’elle est contraire à la loi qui énonce l’encellulement individuel comme principe et établit qu’une surface inférieure de 11m² correspond à une place. Quand ce qui ne devait être qu’une simple dérogation est devenue une règle insidieuse, il faut revenir à l’application stricte de la loi et au respect du numerus clausus : « une place, une personne ».

    Développer les peines alternatives

    Il est illusoire de croire que la surpopulation carcérale pourra être résorbée par la construction de nouvelles de prisons Face à l’échec du tout carcéral, les peines alternatives à l’incarcération sont à développer, en fonction du degré de gravité du délit : semi-liberté, placement à l’extérieur, contrôle judiciaire socio-éducatif, sursis avec mises à l’épreuve, travaux d’intérêt général. Multiplier les alternatives, c’est démultiplier les chances de réinsertion.

    Un suivi socio-éducatif individualisé des détenus pour favoriser la réinsertion

    Parce que la réinsertion nécessite un encadrement et une formation qui ne se feront qu’en mobilisant l’ensemble des acteurs de la chaîne pénitentiaire, il s’agit, également, de mettre en place un travail socio-éducatif personnalisé en concentrant les moyens en fonction d’une logique individualisée qui replace le détenu au centre du système.

    Repenser le système carcéral dans son intégralité, c’est enfin en finir avec le silence et les non-dits. Et tout ceci ne pourra se faire sans préparer l’opinion publique sur ce sujet ni sans aborder un changement culturel de la part des magistrats. Parce que le système carcéral en dit long sur l’état de démocratie, replacer la question du modèle carcéral au cœur des débats ne serait que renouer avec la vigueur des valeurs fondamentales qui ont fait la République française.

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  19. Filip Says:

    Gongombre

    Et là tu vas commencer à accepter de me parler ou je ne suis toujours pas invité dans ton club ?

    C’est quoi cette conception de la démocratie participative que tu nous fais ? C’est ça ce que défend Ségolène ? Ne parler pas aux gens, demander leur d’abord leurs idées, leurs convictions, pour qui ils pensent voter….. ?????

    Si j’ai l’air un peu agacé c’est que je le suis, un peu…

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  20. anthony Says:

    Et je pense que DSK fait une grosse erreur : les gens rejettent massivement le « prêt à penser »… c’est à dire des hommes politiques qui prétendent détenir LA solution à tous les problèmes (cf 35 heures,projet EVA ou CPE): cette méthode ancienne et détestable de faire de la politique est révolue…place à la démocratie participative.ECOUTER LES GENS AVANT DE PROPOSER.
    L’autre problème de DSK c’est qu’il a tendance à prendre les gens de haut alors que S.R tient un discours très simple et abordable pour tous.
    Les francais ne sont pas ses élèves et la France n’est pas un amphithéâtre.

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  21. anthony Says:

    Je fais partie des gens qui croient beaucoup en « l’expert-citoyen ».
    J’ai lu les propositions de DSK : il y a des choses justes et interressantes mais le problème c’est que les gens ne vont pas croire à son discours.Car, on sent bien qu’il a un double discours entre quand il était ministre de l’économie et des finances ( privatisations des entreprises publiques par exemple …) et quand il demande le suffrage des militants (nationalisation temporaire ou renationalisation d’EDF)…A tord ou à raison, il a une image gauche caviar, représentant du social-libéralisme… aujourd’hui il tente de casser cette image en « gauchisant » son discours.La même critique vaut pour Fabius.Pour faire très simple : DSk c’est la gauche libéral-libertaire,Fabius c’est la vieille gauche démago-archaique et Royal c’est la gauche anti-soihanthuitarde et sécuritaire ( version Bill Clinton en son temps)

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  22. Bertrand Says:

    Vas-y Filip !!!

    Boute l’agaçant troll ségolin hors de nos verdoyantes contrées. Il avance masqué, en plus, ce Con-Con-bre… Il esquive, pour l’heure, le bougre. Il recule. Mais à la fin de l’envoi…

    Le montebourgeois que je suis et tout le tiers-état te soutiennent dans ton entreprise de décapitation du royaliste.

    Rien de tel qu’une belle joute pour se consoler d’une finale perdue. :-)

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  23. Bertrand Says:

    Foutre merde !!!

    A deux, qu’ils s’y mettent, les fourbes. Hugues, aiguise le couperet. Filip va t’en ramener une pleine charette.

    Ah ça ira, ça ira, ça ira…

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  24. anthony Says:

    C’est bien Bertrand,rions ensemble.T’as l’humour de Fraise des bois.Vous êtes issus de la même école : Renover maintenant.Ceci explique cela.Mais les compliments s’arrêtent là.

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  25. Bertrand Says:

    anthony : Tu peux t’arrêter, en effet. Ces deux compliments suffisent amplement à faire mon bonheur.

    Quant aux gens qui rejetteraient le « prêt-à-penser », crois-tu qu’ils apprécient davantage le « je ne pense rien, donnez moi vos idées »? Parce que mettre l’adjectif participatif à toutes les sauces ne fait pas un projet politique. Forum participatif (pléonasme), café participatif (fumisterie)… Tout celà participe surtout de la démagogie.

    Une solution à nos problèmes, c’est justement le moins que l’on puisse demander à un candidat à la présidentielle. Et coller à DSK l’étiquette du démago qui parlerait par slogans creux et mensongers, c’est pousser le bouchon beaucoup trop loin. Il fait justement partie, à mon sens, de ceux qui pêchent par leur incapacité à susciter l’enthousiasme par quelque grand dessein. Il incarne à lui tout seul (depuis la retraite de Michel Rocard) cette gauche qui professe le réalisme à tout crin. Et c’est son plus grand défaut.

    La simple décence devrait pourtant suffire à éviter que les Royalistes ne parent les autres candidats de tous les travers de leur candidate.

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  26. anthony Says:

    Ce qui me fait peur, c’est qu’on va finir par se hair entre socialistes si ça continue.Je ne veux pas voir mon parti se couper en deux.Mais quand même…quand certains comme Cambadeleis qui mettent un trait d’union entre Sarkozy et Royal ( ce qui est très malhonnete intellectuellement) , ou un Jean Glavany qui déclare ne pas voter pour Royal en 2007 si elle est choisie ( des propos qui ne sont pas dignes d’un socialiste, ou encore un un Melenchon qui parle de « petits blancs » ( il insulte par ailleurs nos électeurs)…
    On pourrait parler aussi des 143 rebelles ( en plus elles ont été incapables de publier la liste) en prenant comme prétexte le féminisme ou la lutte contre la pipolisation de la vie politique pour s’acharner contre Royal.
    Hors quand dSK invite les journalistes et le gratin médiatique à ses banquets mondins, ou sa présence à l’émission de Fogiel , ou son affichage intensive avec sa femme Anne Sinclair… n’est ce pas de la pipolisation de la vie politique?
    Certains ou plutôt certaines ont perdu l’occasion de se taire.
    Donc cher Filip,cher Hugues, ne vous plaignez pas que certains ( comme Gongombre)ne soient pas très sympatiques avec vous.C’est un peu le retour du baton.
    Même si je suis certain que les comportements des éléphants du Ps seront sanctionnés sèchement en Novembre….
    Donc, je préfère comme Aujourd’hui avec les propositions de DSK , qu’on parle du contenu.

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  27. Filip Says:

    Moi, je continue de ne m’intéresser et de ne regarder que les propositions.

    Je lis le projet du PS, je consulte les sites des uns et des autres, et le jour venu je verrais bien pour qui je voterais.

    J’ai un faible pour DSK, du fait de son parcours, de ses réalisation, de ses convictions clairement affichées, mais je ne me souviens pas avoir nié l’intérêt des contributions de tel ou telle.

    Et à ce jour, et je sais d’avance que les fans de Ségolène vont crier car ils ont pour l’instant un peu de difficulter à entrer dans ce qui serait une réelle discussion, je ne comprends pas bien où sont les propositions de Ségolène.

    C’est juste ce que je demandais plus haut à Gongombre, et je reste preneur.

    Je veux un PS uni et en mouvement pour les prochaines échéances. Mais je ne ferais pas semblant d’être d’accord avec des propositions qui n’existent pas.

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  28. Anonyme Says:

    Bertrand, tu fais allusion au populisme.Si écouter les gens et recueillir leurs idées c’est de la démagogie….
    Je trouve tes propos assez inquiétants.
    Je n’ai jamais pensé que les militants socialistes ou ses dirigeants étaient plus intelligents que son électorat.A moins de prendre les gens de haut.
    Car la démocratie participative vise à résorber la fracture Politique-citoyen.
    Oui,personne au PS ne détient LA solution des problèmes à moins que certains à l’instar des « crânes d’oeufs » pensent avoir la science infuse.Pour ma part ,je ne le crois pas.
    « je pense rien,donnez moi vos idées » : t’as pas d’autres caricatures de ce style?lol
    Si tu penses que la politique c’est balancer des propositions toutes faites et rejeter d’un revers de main l’écoute des gens, c’est qu’on n’a pas la même définition de la démocratie… Si je comprends bien, tu adhères au méthode politique quyi a conduit à la crise du CPE avec De Villepin ou bien l’application désastreuse avec Aubry…quand on voit le résultat, ça fait sourir..

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  29. anthony Says:

    Ma critique ne t’adresse pas à toi Filip.Tu priviligies le fond.C’est bien.Je regrette que dans le courant « Socialisme et démocratie » pas tout le monde a cette attitude.

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  30. anthony Says:

    Filip,
    elle a fait des propositions sur la sécurité.Tu ne les approuves peut etre pas.Mais ne dis pas qu’elle n’a pas d’idée…
    Le livre de Ségolène sortira au mois de Septembre…
    Mais elle sait que la route est très longue et qu’elle n’a aucun intérêt à dévoiler tout son programme : elle dévoile ses idées par petites touches d’une facon très médiatique ( c’est sa stratégie) Il y a eu Bondy, puis d’autres interventions viendront, ne t’inquiète pas …
    Faire un livre ( alors qu’il sera lu par peu de monde) c’est moins payant que aller à la rencontre des militants et dévoiler ses idées.
    C’est ce qu’on appelle : maitriser sa communication.
    De plus son projet sera en grande partie celui qui sera voté.
    Dire que S.R n’a pas d’idée ou n’a pas de propositions reviendrait à dire que le projet socialiste est vide.Si elle est désignée par le parti, son programme s’inspira avant tout du projet socialiste.
    Donc de toute manière, on ne pourra jamais dire qu’elle n’a pas de projet.

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  31. Bertrand Says:

    anthony : C’est de la mauvaise foi, ou tu ne fais vraiment pas la nuance entre dialogue social et démocratie participative?

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  32. Filip Says:

    Très sincèrement, et sans aucune volonté de faire de la provocation, son discours sur la sécurité ne me semble pas encore contenir de proposition.

    Qu’il nous failles tenir un discours clair sur les questions de sécurité, je suis tout à fait d’accord. Qu’il faille un juste équilibre entre prévention et répression, je suis tout à fait d’accord. Mais quand on a dit cela, on n’a pas encore dit ce qu’on allait faire. Sur ce point le projet du PS apporte des éléments de réponse.

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  33. Filip Says:

    Exemple d’écoute:

    Je trouve dommage que pour l’instant Ségolène ne nous fasse pas partager des propositions nouvelles et innovantes qui ne serait pas venues de la consultation qu’elle fait, comme les autres, de très nombreux experts, mais dès outils de consertation qu’elle a développé, comme d’autres aussi.

    A mon très modeste niveau, je me souviens qu’il y a quelques années, ayant organisé une petite rencontre entre un élu local et des associations d’aides aux demandeurs d’emploi, notre discussion m’avait permis de surmonter un préjugé dont je m’étais rendu compte lors de cette discussion.

    Comme beaucoup de monde, j’avais toujours appréhendé la question des transports collectifs sous l’angle de la lutte contre la pollution et contre la saturation des centres ville.

    Cette approche me semble être le fondement aujourd’hui largement partagé des discours sur les enjeux de transports en commun.

    Cette discussion avec des associations m’avait fait prendre conscience de la grande importance des dessertes de transports en commun pour les personnes à très faibles ressources et qui de fait ne peuvent pas disposer d’un moyen personnel de déplacement.

    Dans ce cas, le transport en commun ce n’est pas une alternative, c’est la seule façon d’accéder à la capacité de se déplacer.

    Avec les phénomènes d’étalement urbain que nous connaissons depuis des années du fait de l’évolution des prix de l’immobilier, les dessertes en transport en commun sont pour un nombre croissant de nos concitoyens, non pas un réflexe citoyen, mais l’unique façon d’accéder à une liberté de mouvement et de déplacement qui est vitale, ne serait-ce que pour trouver un emploi.

    C’est tout petit comme exemple, mais bon.

    Si l’écoute, à laquelle je crois profondément, doit donner des résultats, complémentaire et non pas à opposer avec les apports des spécialites et experts en tous genres qui sont également d’une très grande utilité, j’aimerais bien qu’on me dise où sont les résultats, les propositions.

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  34. alice Says:

    Je voulais en rajouter une tartine sur ton post « Ségolène s’impose déjà comme sujet » et je profite de ce mail pour te dire j’ai mis un lien vers ce post sur un billet de notre blog qui s’attaque au décryptage de la stratégie de Ségolène Royal, sans pour autant s’intéresser pour l’instant aux idées qu’elle émet.

    Nous n’avons pas pour habitude de critiquer un tant soit peu les candidats à l’investiture, mais comme tu le dis, ça s’impose.

    @ +
    Alice
    http://dsk29.blogspirit.com/archive/2006/06/06/segolene-royal-une-strategie-auto-destructrice.html

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  35. hugues Says:

    Merci alice

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  36. anthony Says:

    Filip,hugues,alice,
    Je regrette que les positions soient aussi figées.S.R peut faire des propositions; vous ne serez jamais convaincu.Il y a un peu de la mauvaise foi et du sectarisme.Vous defendez DSK,c’est votre droit.Mais ne crachez pas trop sur les autres candidats.Car si elle est désignée en novembre,faudra bien que vous la défendiez.
    Mais une autre question : pourquoi vous en parlez jamais de Laurent Fabius ou de J.Lang? Je ne comprends pas…
    Soit vous êtes d’accord avec ce qu’ils disent ou bien vous savez qu’ils n’ont aucune chance de l’emporte.
    Le fait de s’acharner ou de faire une fixation sur une candidate ,n’est ce pas une preuve de frébilité ,une preuve de faiblesse?

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  37. hugues Says:

    t’as raison anthony

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  38. Filip Says:

    Je ne change pas un mot de ce que j’ai pu dire, et j’attends toujours un début de réponse.

    N’est-ce pas Gongombre….

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  39. alice Says:

    Anthony ne criez pas à l’acharnement alors qu’en tous cas dans mon cas il s’agit du premier post qui lui est consacré. Admettez donc que nous n’en faisons pas une obsession. Je regrette d’ailleurs un peu que ce soit le post qui ait amené le plus de commentaires et nous avons embrayé direct avec un autre thème.
    Les autres candidats auront aussi leur lot en temps et en heure, mais nous n’hésitons pas non plus à mettre leurs idées en avant quand elles nous semblent intéressantes (livre de Lang sur l’immigration, positions de Fabius sur l’Europe, Aubry et EVA)…
    On n’est pas sectaires dans le Finistère !
    Quant à Hugues, on sent qu’il y va lui aussi à contre coeur …

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  40. anthony Says:

    « Je ne change pas un mot de ce que j’ai pu dire, et j’attends toujours un début de réponse »
    Filip,
    je ne sais pas dans quelle langue je vais devoir te le dire mais t’as un peu de mal à comprendre:
    LE CANDIDAT AURA COMME PROPOSITIONS CELLES CONTENUES DANS NOTRE PROJET QUE NOUS ALLONS VOTER LE 22 JUIN.
    A MON AVIS, CE QUE LES MILITANTS ET LES FRANCAIS ATTENDENT DU CANDIDAT CE N’EST PAS DE FAIRE DES PROPOSITIONS TOUTES FAITES MAIS UNE VRAIE ORIENTATION!
    S.R INCARNE UNE VISION TRES SOCIAL-DEMOCRATE (VERSION USA AVEC BILL CLINTON,OU TONY BLAIR, OU ENCORE SHROEDER) : ANTI-SOIXHANTHUITARDE ET SECURITAIRE. ELLE LE DEVELOPPERA SA VISION DANSQ QQS MOIS.
    CAR LA CAMPAGNE INTERNE N A PAS COMMENCE, CA COMMENCERA QU AU DEBUT OCTOBRE!!!
    NE PARLE,FILIP,DES CHOSES QUE TU NE SAIS.NE FAIS DE PROCES D’INTENTIONS A QUI QUE CE SOIT.
    CALMONS NOUS ET ATTENDONS LE DEBAT DEBUT OCTOBRE.

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  41. Filip Says:

    Amen

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  42. Hugues Says:

    Une vérité en vaut dix. Un homme averti en vaut deux.

    Libération ce matin donne des précisions.

    Hier à Grenoble lors de la fête de la fédération du Doubs qui lui est acquise, interrogé par un nouvel adhérent, DSK a reconnu que tout cela ne faisait quand même pas «un projet extraordinairement sexy». «Il va falloir que celui ou celle qui sera notre candidat ait quelques bikinis dans sa poche.» Vivement la plage !

    Je dirai même mieux : « Un itsi bitsi tini ouini tout petit petit bikini, un bikini rouge et jaune à p’tits pois. Un deux trois voilà ce qui arriva… »

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