> La volaille qui fait l’opinion

13 octobre 2006

La question de la Turquie et de son entrée dans l’union vient de ressurgir dans le débat présidentiel avec le débat sur l’Arménie et les déclarations de Ségolène sur l’Europe.

Sur l’élargissement, une candidate bien-aimée de l’opinion a déclaré : « mon opinion est celle des Français », sous-entendu, je respecterai le résultat d’un référendum. Un non positionnement en quelque sorte.

Michel Barnier, conseiller de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, a déclaré : « j’ai pensé en écoutant Madame Royal à une affiche de Jean-Marie Le Pen il y a quelques années qui disait : vos idées sont les miennes ».

Cet édile de l’UMP s’égare car il se trompe. L’influence est à chercher ailleurs. Elle s’inscrit dans la continuité d’une démarche de chiraquisation accélérée de la vie politique hexagonale qui a connu ses succès dans une promesse de non nuisance absolue. Quand je dis succès, j’entends au niveau personnel car pour l’Etat, la société ou la délibération collective, c’est une catastrophe qui n’a pas fini de nous emporter dans les profondeurs abyssales de la dépolitisation incommensurable.

Depuis les réactions ne cessent de tomber dénonçant le manque de courage de la candidate. Parce que Jacques Chirac, justement lui, s’y est engagé au titre de la présidence de la république, je suis d’accord, il faut interroger les Français, mais je ne suis pas d’accord car le rôle du Président, à mon sens, c’est de se positionner pour donner une indication au pays. C’est, à minima, d’éclairer les enjeux, porter une voix de responsabilité dans la fonction où le suffrage universel l’a légitimé. Je veux un président qui agisse, qui réussisse et s’engage pour changer la France.

La question qui tue : dans l’isoloir, qu’est-ce qu’elle fait, que vote-t-elle ? Elle attend le résultat, donc la fin du vote pour faire son choix ?

3 Réponses to “> La volaille qui fait l’opinion”

  1. Filip Says:

    Au-delà même de quelques prises de positions (qu’il faut relativiser puisque Ségolène elle-même relativise la plupart de ses prises de positions en en adoptant des différentes quelques jours après) avec lesquelles je ne me sentais pas forcément en plein accord, c’est bien cette caractéristique de sa démarche qui me différentie le plus d’elle.

    Mon soutien à DSK est un soutien positif. J’ai la chance de ne pas avoir à faire un choix par défaut, comme cela est malheureusement le cas pour un certains nombre de militantes et militants.

    Ce choix est donc un choix en considération avant d’être un choix de comparaison.

    Cependant, comme il faut aussi comparer, s’intéresser à la démarches et aux propos des autres candidats, et c’est bien normal, j’avoue que cette façon de mettre le doigt sur des problèmes sans jamais faire état de propositions un peu concrêtes et opérationnelles me trouble particulièrement.

    Je ne nie absoluement pas la popularité actuelle de Ségolène, et je pense que cela est un atoût.

    Cependant, d’une part, cette popularité ne nous donne aucune garantie dans le temps, et d’autre part, et surtout de mon point de vue, je pense qu’elle est fondée sur un discours d’une incroyable ambiguité.

    Je crains très sincèrement que chacun entende ce qu’il veut entendre dans ce discours, et que le jour où des propositions concrètes seront faites lors de la campagne, ou bien, si nous sommes élus en étant resté dans une telle ambiguité, le jour où par la force des choses, gouvernant, nous prendrons telle ou telle décision, là, la capcité de déception d’une telle méthode ne se révelle d’une incroyable efficacité.

    très sincèrement, à ce jour, je ne comprends pas la démarche de notre camarade Ségolène, et je la trouve très dangereuse.

    Je pense effectivement que la pratique du pouvoir doit être renouvellée. Et de deux façon. D’une part le Président doit agir, et être responsable. D’autre part, nous devons effectivement mieux faire vivre la participation et donc, je pense, donner de la place institutionnellement au parlement, aux corps intermédiaires, et effectivement, comme cela se fait localement, trouver des mécanismes participatifs ouverts au plus grand nombre, et cela pour mettre en place des démarches de dialogues, utiles notamment à l’ajustement de nos analyses et de nos propositions, pour être en situation de remise en cause régulière pour renouveller nos approche à mesure des évolutions de notre société (et ne pas se retrouver dans cette situation paradoxale du gouvernement de Lionel Jospin, qui, dans une moralité politique sans faille, a appliqué à la lettre ses promesses de camapagne, et s’est retrouvé sans second soufle le jour où elles ont toutes été mises en oeuvre).

    Et s’il faut gouverner par la preuve, je pense d’une part que nous l’avons déjà fait, et que cela n’a malheureusement pas suffit.

    Et des preuve, DSK en a aussi quelques une à fournir dans la comparaison des parcours.

    Celui qui fut maire de Sarcelle pendant plus de 10 ans, face au maire de Neuilly, cela ne serait pas mal comme affiche, et le sens de cette confrontation n’échapperait à personne je pense.

    Je pense un peu plus chaque jour que Dominique est notre meilleur élément pour aller à cette bataille avec une méthode qui s’emploie à faire vivre nos valeurs et notre conception de la place de la politique dans la société.

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  2. JuJu Says:

    Ségolène Royal a expliqué que le processus était ouvert, et qu’il faudrait beaucoup de pédagogie pour convaincre nos concitoyens. Qui est contre cette position ? Quand au fait de critiquer qu’un dirigeant socialiste s’en remette à la volonté populaire, les bras m’en tombent ! A moins d’avoir peur du vote de nos concitoyens. Mais j’avais justement compris, au soir du 29 mai, qu’il nous fallait désormais plus et mieux écouter…

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  3. La question de la Turquie dans l’Union n’est pas une question de « courage », comme si dire « oui » ou « non » signifiait que l’on prend le risque de choquer l’opinion au nom d’idées ou de principes clairs. Je pense que les deux positions sont défendables, qu’il n’y pas une position de gauche et une position de droite sur la manière dont on appréhende l’avenir de l’Europe.

    En ce qui me concerne, j’y suis favorable, mais dans un contexte de coopérations renforcées entre les membres d’un groupe pionnier dont la Turquie ne ferait pas partie ce qui, d’une certaine manière, revient à dire « non ». Ce n’est pas simple. Et il me semble que les réponses tranchées censées éclairer l’opinion font plus de bruit que de sens en période électorale. Elle a raison de temporiser et d’attendre un débat concret.

    Pour compléter, j’avais écrit le texte ci-dessous il y a déjà pas mal de temps. Je pense revenir sur le sujet un de ces quatre. Mais franchement, tenter de coincer Ségolène là-dessus n’a pas grand intérêt (sauf encore une fois, à faire le boulot de Sarko si c’est elle est investie — ce qui est probable).

    http://hugues.blogs.com/commvat/2004/12/turquie_or_not_.html

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