> Sur proposition d’Antoine (2)

10 novembre 2006

Déniché sur : http://www.sens-public.org/article.php3?id_article=355

Olivier Rouquand – Le PS vous motive-t-il ? Vous avez envie de vous battre dans le PS, pour le PS ?

 

Michel Rocard – Il n’y a pas de démocratie sans parti. Il n’y a pas de formule alternative. Le parti socialiste appartient à une internationale dont la section européenne porte le nom de « Parti des Socialistes européens ». Il s’agit pour moi de la structure de référence, ses décisions sont applicables par tous les partis sociaux-démocrates. Cette structure est bien orientée, intelligente.

 

Le PS français est l’élément faible dans cette affaire. La plupart des partis sociaux-démocrates, y compris dans les zones de catholicité, dans les zones mutilées par les fascismes, ont une base électorale d’environ 30%. Le PS est le seul à être stabilisé entre 18 et 22%. Nous sommes pauvres en militants : les partis sociaux-démocrates européens représentent 8% au moins de leurs électeurs, le PS français 1,5%. Les militants ne sont pas assez nombreux. Nous n’avons pas de force suffisante pour contrer les campagnes de presse. Né en 1905, le PS ne s’est toujours pas débarrassé d’éléments d’économie administrée considérés à tort comme du marxisme. Ceci est réglé en Allemagne depuis 1959, en Suède depuis 1932, en Espagne depuis 1979. Vous vous rappelez Felipe Gonzalez quittant les commissions de préparation du programme pour contestation d’orientation dominante marxiste. Il dit : « Vous êtes marxiste, moi pas, je démissionne de mes fonctions de secrétaire général. Je me représente ». Il est réélu à 53% ; il gagne les élections et gouverne douze ans. Il a cette phrase : « Nous ne ferons pas comme les français. ».

 

Le PS français n’est jamais sorti de cela. Aujourd’hui, dans cet océan de médiocrité, lors du Congrès du Mans, le 74ème (M. Rocard a entrepris de renuméroter les congrès, opération arrêtée par François Mitterrand), pour la première fois depuis un siècle la motion majoritaire et deux motions très minoritaires, qui s’accordent sur le refus de la rupture, obtiennent 57% des voix. La social-démocratie européenne est alors acceptée. Mais le massacre vient de François Hollande qui impose la synthèse et conduit sa propre majorité à rédiger un projet à l’unanimité. La cohérence intellectuelle du programme disparaît… Mais je ne vais pas quitter le parti au moment où la social-démocratie a gagné. Le combat continue, j’y suis présent. Suis-je clair ?

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