> Jean Guiffan : « Pourquoi cette question ? »

12 août 2008

Jean Guiffan, un historien défenseur de la Bretagne à cinq départements, s’interroge sur les questions formulées par Alain Croix. « Leur choix n’est pas neutre. » Certaines, fait-il remarquer, pourraient être posées à Rennes, et même Vannes ou Morlaix.

D’ailleurs, qu’est-ce que la Bretagne ? Une région administrative créée en 1955, ou l’ancien duché, l’ancienne province ainsi nommée depuis des siècles ? « Le problème vient du fait qu’on a donné le même nom à un entité historique […] et à une circonscription administrative qui en enlève un cinquième. »

Et si Nantes n’a jamais été, au sens moderne, capitale de la Bretagne, « Rennes et Vannes non plus », rétorque Jean Guiffan, pour lequel la question essentielle est celle de la Loire-Atlantique en Bretagne. Quand à l’usage de la langue bretonne ? « Pourquoi poser cette question pour Nantes, et jamais pour Rennes. À ma connaissance, on n’a jamais parlé breton dans la quasi-totalité de l’Ile-et-Vilaine, alors qu’on a parlé longtemps breton en pays guérandais. »

Qu’est-ce qu’être breton pour un Rennais, interroge à son tour Jean Guiffan ? « Quand mon père, qui travaillait à Rennes, allait voir ses parents dans le Léon, il disait « je vais en Bretagne » … Doit-on en déduire que Rennes, comme Nantes, n’est pas en Bretagne ? »

L’historien reproche à son collègue de ramener la culture bretonne à la culture-mémoire bas-bretonne (NDLR : celle de la Bretagne bretonnante). « Un Breton non bretonnant de Haute-Bretagne sera-t-il toujours un Breton de seconde catégorie ? »

Selon Jean Guiffan, la lecture de la contribution d’Alain Croix débouche sur un paradoxe : « La Loire-Atlantique ne serait pas bretonne car elle a accueilli de nombreux immigrés bas-bretons qui ont souligné les différences culturelles entre Hauts-Bretons et Bas-Bretons (d’où rejet de la bretonnité par le bourgeois nantais). L’Ile-et-Vilaine, moins industrialisée, n’a pas subi ces « invasions » bas-bretonnantes et n’aurait pas connu ce choc culturel anti bas-breton (d’où l’absence de rejet du concept breton). »

En définitive, termine Jean Guiffan, « l’Ile-et-Vilaine serait plus bretonne que la Loire-Atlantique car elle n’a pas accueilli de bas-bretons… C’est évidemment absurde. »

Marc Le Duc – Ouest-France du 9 août 2008.

Une Réponse to “> Jean Guiffan : « Pourquoi cette question ? »”

  1. LSKCSKI Says:

    Ma foi, je m’y perds un peu !
    pour moi , c’était une simple curiosité de savoir si Nantes était toujours « capitale » de la Bretagne …
    Plus on cherche , et plus on s’embrouille !
    Mais , j’avoue que votre argumentation me plaît bien , car elle est bien argumentée tout en restant très claire !
    Ma Doué ! restons-en là !
    *******
    Reste qu’il faudrait avoir le texte complet de Mr Jean Guiffan pour l’étudier et pour ne pas mal interpréter ses propos …
    Cette date de 1955 ( il était surtout question de 1941 , ds les différents avis que j’ai lus) pose un nouveau problème à tous ceux qui ont été à l’école avant ces dates ..
    Mais , on a accepté depuis , tant de nouveaux départements (les connait-on tous ?)et tant de départements semblent vouloir se réunir actuellement , qu’on finira bien par tout accepter y compris les nouvelles régions ainsi créées …

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