> Ma rentrée littéraire

15 septembre 2008

Olivier Adam – À l’abri de rien.
Lu le 12 septembre dans le train Toulouse-Marseille.

Découvert un jour, sur les recommandations de sa tante, Hélène Cadou, qui faisait la publicité de son protégé pour Passer l’hiver, prix Goncourt de la nouvelle 2004. Je suis assez fortement impressionné par les portraits de ces gens ordinaires qui habitent les banlieues pavillonnaires, enchaînent les petits boulots, s’endettent pour une chaîne télé et passent l’essentiel de leurs loisirs dans les centres commerciaux. Cette plongée au coeur de la France profonde fait froid dans le dos car on y côtoie la misère et nous remplit de bonheur par les témoignages de chaleur humaine et de total désintéressement. Olivier Adam était de la rentrée littéraire de l’année dernière. Il fallait que mon train ait du retard et que son éditeur en fasse la publicité dans le souterrain qui relie le métro à la gare pour que je me décide à débourser les euros nécessaires pour accéder à la folie qui s’empare du Nord hanté par les ombres de Sangatte.

Tristan Garcia – La Meilleure Part des hommes.
Lu le 14 septembre dans le train Marseille-Toulouse.

Entendu sur France-culture un matin, je n’ai pu échapper à l’achat du bouquin de Tristan Garcia. Sa peinture d’une société démocratique tiraillée par la légitimité soudaine qu’occupe le fait minoritaire est éclairante. L’auteur fait œuvre de fiction par le truchement d’une narratrice qui fait le pont entre trois personnages qui ponctuent le livre. Ces différents destins s’entremêlent pour nous raconter « les années sida » et à travers elles la montée de la dépolitisation et de l’individualisme propre aux années 80. Page 305 : « Le trésor d’un homme est-il dans ce qu’il laisse – des sentiments, des certitudes, des objets, des images et des gestes – ou dans ce qu’il garde ? Sans doute ceux qui laissent énormément, ceux qui restent, n’ont-ils en eux qu’infiniment peu… »

Mathias Enard – Zone.
En cours d’achat suite à la lecture du Monde de samedi et au mail de Julien.

J’ai adoré La perfection du tir et Le manuel des articficiers, je ne manquerai certainement pas Zone car Mathias renoue avec ces soldats de l’ombre qui n’ont rien d’innocent et qui, quand on les croise, sont une combinaison parfaite de bourreaux et de victimes. Snipers dans l’âme, espions improbables, ses personnages peuplent un territoire qui s’étend entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Afrique. Ils portent en eux une humanité dont ne soupçonne plus ni l’existence ni le relief dans nos contrées épargnées par la violence. J’ai déjà parlé de Mathias.

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