> Cohérence globale du projet

15 novembre 2008

75e congrès

Il y a eu bien des discours que j’ai appréciés aujourd’hui. Dans toutes les motions, il y a des orateurs qui mettent clairement en perspective ce que nous devons faire en tant que socialistes. Dans toutes les motions également, il y a des bavards qui procurent à notre congrès des temps morts. Cela n’est pas près de changer.

Je dois dire que quand fut venu le tour de Martine Aubry, je suis devenu impatient. Elle ne met pas longtemps à se concentrer sur ses fondamentaux. Elle insiste en particulier sur le fait que lorsque nous portons nos valeurs, la gauche progresse. Elle nous invite à reprendre l’offensive car c’est à ce prix que nous deviendrons majoritaires. Sa ligne, c’est un parti socialiste profondément européen, fort de ses militants et au coeur de la gauche. Elle résume ainsi le positionnement qui doit être capable de rassembler une majorité tout en dénonçant l’absence de cohérence globale de la proposition de Ségolène Royal.

La suite est assez importante dans le rituel socialiste des congrès puisqu’elle se fait longuement ovationner et qu’elle profite de son retour dans la salle pour claquer la bise à Bertrand Delanoë. La soirée se poursuit avec une réunion de la motion D. J’y croise un camarade toulousain, responsable de l’antenne bruxelloise de « Sauvons l’Europe. » Je devine le sociologue Michel Wieviorka et en profite pour échanger avec lui. Il est porté par l’atmosphère de réelle ferveur qui transporte les proches de Martine Aubry. Il est disponible pour participer au travail de fond sur les questions d’identité et de diversité culturelle. Nous attendons un long moment l’arrivée de notre vedette. Pour des raisons de sécurité, les chaises sont évacuées et nous accueillons une partie des troupes qui ne pouvaient entrer dans la modeste tente mise à notre disposition. Quand Martine Aubry arrive, c’est une haie d’honneur qui scande son nom. Nous sommes en pleine dérive « ségoléniste » et nous nous comportons en potentiels supporters. Plus aucun de nous conserve cette distance rationnelle qui fait de nous de bons et fidèles militants socialistes. Les députés, militants élus ou non, représentants de grosses ou petites fédérations lui demandent de déposer sa candidature puisqu’elle ne l’a toujours pas fait. Yannick, militant toulousain, termine cette série de prises de parole rocambolesques en lui donnant le dynamisme et l’enthousiasme de la spontanéité. Elle se réserve. Elle nous met au défi de vouloir à tout prix être candidate. Si elle se résout à le devenir, c’est pour rassembler.

En allant reprendre mon manteau, je croise les camarades de la motion E qui, privilège du meilleur score, occupe la salle plénière. Dans le hall, je salue Benoît Hamon qui s’apprête à répondre à une interview télévisée. Je lui signale l’empressement avec lequel mes camarades haut-garonnais ont scellé une alliance A+C sans attendre Reims. Il m’assure que cela s’est produit à l’insu de la direction de sa motion. Je lui demande s’il est possible d’en reparler. Il me donne son portable -je crois que lorsque nous militions ensemble, nous n’avions pas de téléphone portable- et me propose qu’on se rappelle dimanche après-midi.

Le nuit de la commission des résolutions commence alors que je commande une pinte de bière et une choucroute.

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