> Commémorations nationales

26 novembre 2008

Marianne

Les principales conclusions du rapport André Kaspi remis le 12 novembre sont les suivantes :

– les commémorations publiques ou nationales sont trop nombreuses (12 aujourd’hui soit deux fois plus qu’en 1999) ;
– trois dates devraient faire l’objet d’une commémoration nationale (le 11 novembre, le 8 mai et le 14 juillet) ;
– les autres dates ne seraient pas supprimées (elles deviendraient des commémorations locales ou régionales) ;
– il faut inventer des formes nouvelles de commémoration, qui contribueront à transmettre la mémoire des grands événements de notre histoire ;
– il ne faut pas tout attendre de l’Etat central ; les collectivités doivent tenir une place primordiale.

Ce même rapport liste les 12 commémorations officielles que je ne connaissais pas toutes à dire vrai :

– le 14 juillet : fête nationale,
– le 10 mai : journée commémorative de l’abolition de l’esclavage,
– le dernier dimanche d’avril : journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation,
– le 8 mai : commémoration de la victoire de 1945,
– le 2ème dimanche de mai : fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme,
– le 8 juin : journée nationale d’hommage aux «morts pour la France» en Indochine,
– le 18 juin : journée nationale commémorative de l’appel du général de Gaulle,
– le dimanche le plus proche du 16 juillet : journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux «Justes» de France,
– le 25 septembre : journée nationale d’hommage aux harkis et aux membres des formations supplétives,
– le 11 novembre : commémoration de l’armistice de 1918,
– le 5 décembre : journée nationale d’hommage aux morts de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie,
– le 17 juin : cérémonie en hommage à Jean Moulin.

André Kaspi précise aussi qu’en dehors de cette liste, le Haut conseil de la mémoire combattante a organisé de grands anniversaires: ainsi le 6 juin (débarquement allié en Normandie) et le 15 août (débarquement allié en Provence) ont fait l’objet d’une commémoration exceptionnelle en 2004. En janvier 2005, ce fut le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis ; en 2007, le 150ème anniversaire des Tirailleurs sénégalais.

D’autres dates sont inscrites au calendrier des commémorations. L’Organisation des Nations unies a fixé au 27 janvier la journée internationale de la shoah. Un hommage exceptionnel fut rendu, en octobre 2007, à Guy Môquet à l’instigation du Président de la République. Le ministère de la culture est chargé de dresser et publier chaque année la liste des grands anniversaires commémoratifs (cinquantenaires, centenaires, cent-cinquantenaires, etc.) en couvrant tous les domaines (politique, culturel, artistique, militaire, scientifique et technique…).

On aurait tort d’oublier les innombrables journées nationales destinées à rendre hommage ou à sensibiliser le public à divers phénomènes (journée de la femme, journée de la lutte contre le sida, journée de la protection de l’enfance, etc.). Il faudrait aussi énumérer les commémorations locales et régionales. Sans négliger les variantes qui touchent, par exemple, aux libérations de 1944 (25 août à Paris, et d’autres dates ailleurs) ou bien à l’abolition de l’esclavage (27 avril à Mayotte, 22 mai en Martinique, 27 mai en Guadeloupe, 10 juin en Guyane, 20 décembre à La Réunion).

Ce n’est pas tout. Des demandes ont été exprimées qui pour le moment n’ont pas été satisfaites. D’anciens résistants souhaitent que soit commémoré le 27 mai 1943, date à laquelle s’est réuni pour la première fois le Conseil national de la Résistance. Des partisans de la construction européenne militent pour que le 9 mai soit déclaré journée de l’Europe, car le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères, a proposé la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier.

En résumé, sur les 12 commémorations nationales, 6 ont été créées entre 1880 et 1999; les six autres, en l’espace de sept ans, entre 1999 et 2006. On peut parler d’un phénomène inflationniste, qui n’a pas fini d’exercer ses effets. Rien ne prouve que la liste ne s’allongera pas dans un avenir proche. Les créations les plus récentes portent toutes, à l’exception d’une seule, sur des événements postérieurs à 1940. Les grandes dates de notre histoire ne sont pas prises en compte, à la différence des Britanniques, par exemple, qui commémorent encore aujourd’hui leur victoire de Trafalgar.

De notre côté, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, nous ne célébrons pas la victoire de Poitiers (732), celle de Bouvines (1214), celle de Fontenoy (1754) ni celle d’Austerlitz (1804). Les commémorations ont une histoire. De nouvelles peuvent être créées ; d’autres, supprimées. Aucune d’elles n’a vocation à l’éternité.

Source : Rapport de la Commission de réflexion sur la modernisation des commémorations publiques.

Une Réponse to “> Commémorations nationales”

  1. duclos-aprico Says:

    Pour le 05 décembre les mairies n’ont semble t’il recu aucune instruction . d’ou aucune manifestation . Je trouve cela scandaleux .QU’ à l’avenir il n’y ait qu’une seule date pour tous nos morts ,je suis d’accord ,mais pour l’instant respectons celles qui existent .

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