> Ce soir, commission Europe

16 décembre 2008

Conseil fédéral

Notre congrès s’est clôt lundi dernier avec la convocation de notre premier conseil fédéral. Même si je n’ai pas encore en main les résultats section par section des votes sur les motions, le premier secrétaire national et son homologie fédéral, je sais que c’est fini et c’est cela l’essentiel. J’ai concouru sans grande chance au rendez-vous fédéral. Sans le soutien de ma motion, je n’avais comme espoir que de consolider un certain nombre de propositions d’amélioration du système actuel. Je sais que la nouvelle équipe partage un dynamisme et une envie de rénovation sans précédent. En plus, en intégrant une nouvelle fois le secrétariat fédéral, j’en suis partie prenante. Néanmoins, je reste convaincu que de nouvelles règles doivent permettre l’organisation d’une délibération collective plus pertinente et efficace. C’était le sens de ma candidature auquel j’ajoute la nécessité de ne pas franchir l’étape fatidique de la professionnalisation de la vie politique. Si l’on veut que tout le monde en fasse, il ne faut pas qu’elle soit la propriété d’un petit nombre. Je demeure fidèle aux lectures et aux auteurs de ma jeunesse militante : Jacques Julliard et Patrick Viveret.

Comme il fallait me trouver une affectation dans ce nouveau secrétariat, l’Europe a semblé faire consensus. C’est un sujet pourtant fort peu consensuel mais c’est celui dont j’aurai la charge au sein de l’équipe des secrétaires fédéraux. Les élections de 2009, notre délégation fédérale de retour de Bruxelles, la présence d’un de nos camarades à Madrid rendent le sujet d’actualité. D’autant plus qu’il est important pour les socialistes de se mettre au clair sur une question qui est au coeur de notre positionnement au sein de la mondialisation et face au défi planétaire écologique. Au coeur aussi de la problématique de la riposte à la crise économique. Si j’ai l’ambition de me mettre au travail c’est également pour dire clairement ce que nous souhaitons mettre à l’intérieur de l’Europe sociale car, à les entendre, certains amis hésitent et n’ont pas totalement abandonné les oripeaux d’une politique nationaliste.

Une commission fédérale dédiée à l’Europe existait mais elle était en sommeil comme beaucoup de nos instances depuis le congrès du Mans. Elle était en attente et n’attendait que d’être réveillée. C’est ce que nous ferons ce soir avec Henri, qui a continué d’entretenir un large réseau de mails et avec Jacques qui anime le blog. Enfin, par le truchement de Marie à la fédération, les secrétaires de section ont été invité à diffuser l’information et je ne doute pas que nous serons nombreux. Pour moi, mais nous le définirons collectivement, une commission fédérale doit nous servir à nous approprier le sujet européen qui est un sujet complexe. Nous pourrons le faire en sollicitant le concours et la complicité de nos élus. La deuxième mission est de tisser un réseau de partenaires qui, au sein du mouvement syndical, associatif et social, sont impliqués dans la construction européenne. La troisième mission est de se faire une opinion et de la défendre auprès du grand public. Je ne doute pas davantage qu’en plus du nombre nous ayons des idées concrètes sur la table ce soir.

Jeudi dernier, avec mon association, nous recevions Maurice Guyader, administrateur principal à la Commission, qui nous a fait le point sur les élargissements passés et futurs. Il définit d’abord la capacité d’intégration de l’Union comme une série d’engagements réciproques entre les nouveaux entrants : assimilation des politiques communes existantes, et les anciens : capacité à faire évoluer les institutions en vigueur. La question se presse pour l’Islande, qui est favorable à une intégration rapide au sein de la zone Euro, tout comme pour les Balkans occidentaux. Elle reste posée par rapport à une ouverture future à la Turquie. Si le bilan sur les élargissements passés est sans contexte positif, il n’est pas moins vrai que de l’Estonie à la Bulgarie quelques incompréhensions subsistent. Pour les nouveaux membres, la peur bleue de la Russie les conduit à privilégier majoritairement des relations extérieures atlantistes qu’une méfiance multi-séculaire vis-à-vis de l’Allemagne ne vient pas tempérer. Ces mêmes membres sont unanimes pour rejeter l’idée d’une politique sociale et fiscale intégrée, pour adhérer à l’idée britannique du grand marché et pour s’opposer aux positions européennes exprimées par les Français, les Allemands et les Scandinaves. La dernière proposition de la présidence française du Conseil ne vient pas changer ce sentiment. L’Union pour la Méditerranée a été pris par beaucoup pour une provocation. Par la Turquie qui souhaite une adhésion pleine et entière. Par le Royaume-Uni qui a d’abord été exclu alors que sa présence à Gibraltar, son influence à Malte et sur l’ensemble du bassin fait qu’elle se sent pleinement une puissance méditerranéenne. Par tous ceux qui se sentaient orphelins du processus de Barcelone et qui ne voient pas comment faire décoller les échanges entre le Maroc et l’Algérie désespérément figés au point mort. Mise à part cette parenthèse, Maurice Guyader croit fortement à la possibilité d’une adhésion de la Turquie. Il ne voit pas ce qui peut l’empêcher à long terme. Il demeure raisonnablement optimiste pour le futur. Le succès de la zone Euro ne se dément pas avec la crise économique. Le Danemark et la Suède frappent à la porte. La crise est également un bon moyen de relancer la machine européenne. Entre la conception française administrative, la conception britannique affairiste et la conception allemande fédéraliste, il voit l’émergence d’une conception européenne fondée sur les acquis des élargissements et sur nos valeurs préservées.

Cette conférence m’a permis de mesurer concrètement l’état actuel de l’Union. C’est une nécessité avant de savoir ce qu’il possible de proposer comme infléchissement.

Lundi soir, je participais à une conférence de Jean-Francis Billion sur les racines du mouvement de l’Union pour l’Europe fédérale. Avec l’intervenant, l’assistance plonge au coeur de l’occupation allemande. Au sein du Mouvement de libération nationale, des anciens communistes, des anciens trotskistes, des socialistes et des pacifistes et des démocrates-chrétiens constituent l’essentiel des troupes qui créent le comité français pour la fédération européenne. Les groupes « Libérer et fédérer » à Toulouse, « Liberté » à Paris et « l’Insurgé » à Lyon sont les piliers de ce comité qui proclame au printemps 1944 la déclaration fédéraliste des résistances européennes. En 1945, c’est autour d’Alfredo Spinelli, de George Orwell, d’André Malraux et d’Emmanuel Mounier qu’à Paris, à la Maison de la chimie, se met sur pied le comité international pour la fédération européenne. Il est assez éclairant de voir que dans les conditions épouvantables de la Résistance, des esprits convergent au sein d’une nébuleuse qui est d’accord sur l’essentiel. Pour tous, deux leviers doivent conduire à « refaire la République. » Il s’agit du fédéralisme européen et du fédéralisme interne.

Il est curieux d’observer, qu’au départ au moins, l’Europe est d’abord une affaire d’hérétiques. L’est-elle encore ? Qui sait ? Réponse ce soir à la fédération !

Pour info :
Commission Europe du Ps
mardi 16 décembre à 20h30 
3, rue Lancefoc – Toulouse

Ordre du jour :
– le programme du Pse défini à Madrid,
– la prise en compte des questions européennes dans le parti,
– les liens avec d’autres fédés ou européens voisins,
– les adhésions individuelles et collectives au PSE,
– questions diverses.

2 Réponses to “> Ce soir, commission Europe”

  1. ROUALLAND Bruno Says:

    Eh, c’est quoi le programme…?

    Michel Noblecourt, mardi dans Le Monde (Un nouvel Epinay ?) pointait le désaccord de Benoit Hamon et ses soutiens avec le Traité de Lisbonne, pourtant accepté et même soutenu par le « Manifesto »… Ce n’est qu’un début !!!

    Continuons le débat ??? Et le combat pour une Europe démocratique, sociale ET écologiste… Cohn-Bendit a raison dans sa tribune (toujours Le Monde, du 18/12) : le plan climat se fixe un objectif minuscule, tout à fait insuffisant !

    Bonnes Vac’s !

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  2. Hugues Says:

    Tout le monde a raison notamment ceux qui soutiennent le processus de ratification du traité de Lisbonne : les écologistes, les socialistes, les syndicalistes…

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