> À mes camarades : osez muter

12 juin 2009

JJ.MIrassou+C.Guien

Autocollant historique trouvé boulevard Maréchal Leclerc où j’ai du me garer pour me rendre au Conseil fédéral.

Voilà ce que j’ai dit à la tribune du conseil fédéral du 11 juin qui s’est tenu à la fédération socialiste de Haute-Garonne. Le climat était à l’introspection. Même si tout le monde a décidé d’assumer cette défaite, je crois que les mois qui viennent doivent nous amener à changer. Or, ce changement, tout le monde n’y est pas prêt. J’ai essayé à ma façon de dire ma disponibilité pour cette mutation nécessaire.

1. Le constat

La droite a gagné une élection. La droite européenne rempile avec une majorité qui conforte la commission sortante. La droite française arrive 12 points devant le suivant, ça s’appelle une victoire car une victoire relative est une victoire.

Les écologistes ont ébranlé la gauche traditionnelle. Ils imposent un engagement fort pour l’Europe, le thème de l’environnement et un style dépoussiéré de faire la politique.

Le Parti socialiste européen perd presque partout en Europe. Cela impose une révision de nos orientations car le phénomène est global. La social-démocratie s’est fait piquer son discours par la droite et n’a pas renouvelé sa doctrine et son programme. Le travail du Pse de clarification n’a pas été poussé assez loin. Il est devant nous.

Les socialistes français payent cash de nombreuses erreurs : leur obsession anti-sarkozyste, leur enfermement dans de vaines querelles partisanes (cf. l’artificiel congrès de Reims autour de la conception du parti, du modèle social-démocrate et des alliances), leur triple incapacité 1) à formuler un projet global qui s’adresse aux gens, une incapacité, 2) à donner sa chance au moindre leadership et 3) à procéder au moindre renouvellement et l’image d’un parti de notables repliés sur leurs échéances locales. Nous payons un parti replié sur lui-même. Un appareil qui coupe les tête des plus audacieux. Une inertie qui favorise un fonctionnement clanique et les logiques d’intérêts personnels.

Dans cette campagne, nous n’avons pas pu, pas su, pour ceux qui se sont investis -c’est-à-dire un tout petit nombre de militants valeureux- entraîner le parti dans la campagne européenne. La moindre des difficultés n’a pas été de convaincre les élus de la légitimité du projet du Manifeste. Il est quasiment impossible de porter un projet global. Le dilettantisme et la légèreté avec lesquels les cadres du parti prennent leur distance avec tout ce qui n’est pas enjeu et mandat local est époustouflante. Ce repliement sur la conquête ou plus, la conservation des acquis électoraux locaux est une maladie qui gangrène tout débat et annihile toute campagne qui dépasse le cadre communal, cantonal ou régional. Plus rien n’éloigne les socialistes français de l’abîme du mollettisme.

2. Mes explications

Toute élection exprime un choix. En démocrate, je souhaite expliquer ces choix pour en tenir compte.

Les électeurs ont choisi les rassemblements. Le Ps est resté isolé entre deux forces de rassemblement. Les écologistes qui rassemblaient les déçus du Grenelle de l’environnement, les altermondialistes, les réalistes et les gauchistes ainsi que les proches de Nicolas Hulot. D’anciens camarades du Ps ripolinaient de neuf les communistes. Les électeurs ont choisi le rassemblement parce qu’il incarne une forme de dépassement des égoïsmes de parti et le mouvement. Nous devons imaginer le cadre d’un dépassement du Ps.

Les électeurs ont rejeté les forces du statut-quo. Nous représentions, comme le Modem ou le Npa, une forme d’immobilisme. Nous avons été sanctionnés pour cette raison. Alors que nous avions pris soin de ratifier le Manifeste et d’établir des listes en amont, nous n’avons fait preuve d’un manque d’originalité. Cela renforce l’immobilisme dans le sud-ouest puisque nous ne reconduisons que deux députés européens sortants. Notre renouvellement, dont nous avons pourtant tant besoin, est reporté à la prochaine élection. Notre changement de cap doit s’accompagner d’un réel renouvellement.

Les électeurs ont choisi un discours clair sur l’Europe. Ils n’ont pas supporté les apitoiements de ceux qui regrettent ou s’opposent à l’Union. Les succès d’estime d’Europe écologie auprès d’électeurs qui votent Modem ou Ps est significatif sur un discours que nous ne devons plus tenir sur l’Europe. Il faut prendre les faits pour les faits et se projeter pleinement dans l’avenir européen. Nous devons sortir de notre réduit local pour s’engager dans la définition d’un projet socialiste plus global.

3. Les orientations générales

Soyons humbles. Ne partons jamais à une élection comme si notre électorat était déjà conquis. Notre électorat est toujours à conquérir qu’il soit volatile comme en milieu urbain ou plus fidèle comme en milieu rural. Nous devons sans cesse convaincre de la plus-value de nos programmes et de nos candidats. À chaque élection, nous devons redéfinir notre offre politique.

Soyons exemplaires. Nous devons incarner la façon dont nous appliquerons nos idées. Notre campagne doit préfigurer un autre mode de gouvernement. Comme à Toulouse où nous initiions une politique ouverte et participative, nous devons dans notre parti et dans nos campagnes donner envie en organisant concrètement l’ouverture et le rassemblement.

Soyons inventifs. Nous avons passé notre temps à jalouser la pollution visuelle et réelle orchestrée par les colleurs d’affiche du Front de gauche. Aujourd’hui le discours politique passe par d’autres canaux : par les réseaux sociaux, par les médias et internet et par d’autres modes : l’humour et l’imagination. Nous enregistrons un temps de retard sur ce terrain qu’il faut vite combler.

Soyons sérieux. La politique ne supporte ni le mensonge ni l’à-peu-près. Si je suis opposé à la professionnalisation de la vie politique qui nous guette et nous submerge souvent au Ps, je suis favorable à ce que nos candidats soit jugés sur leur capacité à dire la vérité et à s’y tenir. Il est difficile de faire campagne pour des candidats qui se comportent en amateur, utilisent le mensonge et l’amalgame et lorgnent déjà sur l’élection suivante sans tenir compte de leur échec.

4. Les urgences locales

Confortons le rôle de notre premier secrétaire fédéral. Comme pour ce qui doit se passer avec Martine Aubry, je ne crois pas que nous devions revenir sur la légitimité des nouvelles équipes en place. En Haute-Garonne, toutes les motions sont associées au fonctionnement du parti. L’alliance d’appareil A+C n’a pas duré devant le volonté de tout le monde de s’impliquer. C’est à mettre au crédit de notre premier secrétaire fédéral. Je reviens sur la campagne en disant que j’ai été très heureux pour le Mjs que son responsable départemental puisse prendre la parole et très triste que pour mon parti que Sébastien Denard soit privé de tribune. Cela a été néfaste et ne doit plus jamais se reproduire. Le premier fédéral est par fonction le porte-parole des militants. Sa place et celle du parti sont par conséquent non négociables.

Rassemblons-nous sur un programme de travail commun. Je pense que le conseil fédéral doit être amené à délibérer sur un programme de travail qui doit faire consensus. La logique de ce programme est que nous devons porter d’abord notre attention à notre projet avant de se poser la questions des personnes. Les seules candidatures qui seront légitimes sont celles qui s’appuient sur une contribution au projet. Donc commençons par le commencement. Le projet pour ancrer notre région Midi-Pyrénées à gauche doit s’ouvrir dans la plus grande transparence. Nous devons poser la question du projet avant celle des personnes.

Rénovons enfin concrètement notre parti. Nous avons ouverts dernièrement la chantier de la réécriture de nos statuts qui avaient été suspendus depuis deux congrès. Notre secrétaire fédéral à la rénovation, Jean-François Rouch, a repris in-extanso les termes de la motion que j’avais faite adopter à notre dernier congrès. Ce travail doit reprendre son cours. Pour ma part, il devient impératif d’inscrire la mandat unique dans nos règles de fonctionnement. La première étape est évidemment le mandat parlementaire unique qui ne peut être reportée au regard de leur statut qui est un des plus protecteurs. C’est la mesure que tout socialiste conséquent doit défendre s’il estime que le cumul ronge notre démocratie. C’est pourquoi je demande aux deux parlementaires européens de la circonscription du sud-ouest de s’engager à se consacrer à 100% à leur mandat et à ne pas cumuler.

2 Réponses to “> À mes camarades : osez muter”

  1. bob Says:

    Oui, oui, oui !
    Enfin un texte d’un socialiste qui donne envie !
    Reste plus qu’à l’appliquer… sinon le PS est foutu, et nous avec !

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  2. hugues Says:

    merci bob

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