> Un peu d’espoir à gauche

24 août 2009

Le Pharo

Entre les Cévennes et la plage du Prophète, j’ai participé aux premiers ateliers d »été du courant de Vincent Peillon. Je m’étais inscrit avant les vacances en me disant que cette rencontre politique était située géographiquement à merveille sur le passage de la fin de mes vacances. Ma curiosité était grande de voir fonctionner l’attelage de la motion E qui avait raflé la première place lors de notre dernier malheureux congrès socialiste. Je n’ai pas été déçu ni par la chaleur communicative des organisateurs marseillais, ni par la qualité des intervenants des ateliers, ni par la présence d’alliés plus ou moins conventionnels. Rien que de traditionnel puisque tout le monde semble se rallier progressivement à l’idée de primaires. Le seul hic est venu de l’évocation d’un rassemblement écologiste, socialiste et démocratique faite de concert par des représentants du Modem (Marielle de Sarnez, Jean-François Kahn et Jean-Luc Benhamias), du Ps (Vincent Peillon), du Pcf (Robert Hue), du Prg (Christiane Taubira) et des Verts (Daniel Cohn-Bendit). Certes les appareils ne se sont pas prononcés et il faudra donner un peu de temps à chacun pour avancer. Cependant, je trouve qu’il y a un peu d’espoir à voir se former concrètement les contours d’une union qui se donne les moyens d’ouvrir l’horizon de 2012. Personne ne détient seul les clés de ce prochain scrutin. Ni les formations politiques, ni les personnalités, ni les divers rassemblements hétéroclites anti-sarkozystes. Oui, il faut que la gauche, et sans doute aussi les démocrates, se parlent et échangent concrètement sur leur projet pour devenir audibles, et donc crédibles, auprès de leurs compatriotes.

De passage dans les Cévennes, j’ai découvert la lettre de Jean-Christophe Cambadélis adressé « à un militant qui n’en peut plus ». J’avoue une certaine déception. Sans doute attendais-je plus de clarté et de perspective de la part de mon camarade strauss-kahnien. Les échanges épistolaires socialistes de l’été ont pour principal défaut leur longueur. La dilatation n’est pas favorable à la clarté et je trouve pour ma part qu’on ne peut plus tergiverser. Sur notre intention de fonder un nouveau parti socialiste, plus décentralisé, plus humain et plus démocratique, il faut se donner une méthode et des délais. La feuille de route que Martine Aubry nous a transmise avant les vacances est éclairante mais nous devons nous donner les moyens pour que les consultations militantes soit réelles et non l’otage des arbitrages du Conseil national. Sur notre volonté de bâtir un nouveau programme, plus ouvert, plus radical et plus social, il faut s’ouvrir aux socialistes dans leur diversité et effectuer le même travail qu’Europe-écologie en rassemblant les adhérents, les non-encartés, les associatifs, les sympathisants. Le travail qu’ils ont fait est devant nous et il faut absolument se doter d’un programme éclairant sur la fiscalité, l’emploi, la croissance, l’éducation, la santé et la protection sociale. Sur notre obligation d’effectuer un inventaire sur nos pratiques récentes, nous devons être sévères vis-à-vis de nous-mêmes sans verser dans les anathèmes. Nous devons donner de la cohérence entre nos gestions locales et nos propositions nationales, donner une lecture globale de l’action que nous développons régionalement. Enfin, sur notre ambition de faire de notre parti un outil d’approfondissement de la démocratie, il faut effectivement donner un cadre à la perspective des primaires -nationales mais aussi régionales, départementales, intercommunales et communales…- et à l’instauration du mandat unique.

Si nous, socialistes, nous réalisons ce travail, alors se posera la question de nouvelles alliances capables de mettre en oeuvre les volontés que nous aurons exprimées. Pourquoi aujourd’hui refuser l’aide de telle ou telle formation si un compromis satisfaisant peut être trouvé. Je ne comprendrais pas ce refus s’il devient catégorique. Il est évident qu’au sein de l’opposition française une concurrence se libère. Elle donne libre cours à plusieurs pronostics et rend possible la fin de l’hégémonie socialiste parce que le parti socialiste a retardé son travail d’aggiornamento. C’est cette lenteur qui est à l’origine de cette remise en cause. Si les écologistes ont porté la question du réchauffement climatique, c’est que nous étions à la traîne. Si le Modem occupe une telle place, c’est que nous avons parfois accentué la personnalisation et la concentration du pouvoir. On peut avec amertume penser que certains coucous ont pris notre place dans la paysage politique. Se livrer sans travail de refondation à la course aux alliances serait une erreur. Refuser par avance un rassemblement de la gauche et des démocrates me semble tout aussi catastrophique.

Alors oui, j’ai trouvé qu’il y avait un peu d’espoir à Marseille. J’espère qu’il y en aura un peu plus à Jarnac et toujours davantage à La Rochelle.

3 Réponses to “> Un peu d’espoir à gauche”

  1. nicolas babinet Says:

    Je viens de lire ton post, et la dernière actualité interne du PS me rend encore plus amer. Je veux parler de la fraude éhontée pour faire élire Martine. J’avais voté pour elle, mais je suis dégouté de voir ce qu’il est fait des votes militants, et du peu d’estime dans lequel on nous tient dans ce parti. Quel exemple de démocratie alors qu’il faudra sans doute revoté en Afghanistan. Comment faire alors confiance quand on votera dans les conventions? Pour ma part, je boycotterai maintenant tout vote, et j’hésite à reprendre ma carte d’adhérent. Que comptes-tu faire ?

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  2. hugues Says:

    Sur les votes, c’est effectivement sérieux. Je crois que quelques fédérations : le Nord, Hérault, le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône… devraient être mis sous surveillance pour les prochains scrutins. Il faut effectivement de la transparence et ce n’est pas négociable. Après, les quelques propositions de la direction sur le renouveau au travers du questionnaire vont dans le bon sens et je crois qu’il faut rester encore au PS pour le transformer.

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  3. nicolas babinet Says:

    Après avoir exprimé ma colère lors de la réunion avec ma section, j’ai finalement été convaincu que la politique de la chaise vide ne ferait rien avancer. J’irai voter pour ce comité d’éthique, mais je reste circonspect et ferai attention à son développement. Si rien ne se passe, je prendrai mes responsabilités. Merci aussi pour ta dernière réponse

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