> Occitan, langue de France

19 décembre 2010

Photo : Thanh-Binh Nguyen (mai 2010).

Entretien auprès de Philippe Martel, directeur de recherche Cnrs, professeur à l’Université Montpellier III et président de la Fédération des enseignants de langue et culture d’òc réalisé par le Midi-Libre. J’ai découvert Philippe Martel en juillet 2008 dans l’émission « Questions d’ éthique » animée par Monique Canto-Sperber sur France-culture (compte-rendu ici) et je l’ai brièvement rencontré au Forum des langues du monde place du Capitole. Il a le mérite de résumer en peu de mots et avec beaucoup de clarté ses intentions.

Quelle analyse faites-vous de la décision catalane ?

Elle prend acte de l’existence d’une enclave occitane en Catalogne. Du point de vue de la Generalitat, c’est aussi une façon de montrer à Madrid que l’on doit accepter ses minorités.

En France, où en est le débat sur les langues régionales ?

La France est malheureusement assez indifférente à ce sujet. La question est aujourd’hui de savoir si la loi promise va enfin être programmée pour ce que je préfère appeler les « langues de France ». Ce pays a toujours été pluriculturel et s’est construit sur l’absorption de cultures diverses. Mais c’est une idée difficilement acceptée dans notre pays.

N’y a-t-il pas la crainte du séparatisme ?

C’est un argument qui est parfois avancé, à tort. Car la beauté de la démarche occitaniste, c’est qu’elle n’est pas de type nationaliste. Depuis longtemps, l’appartenance à la France ne fait aucun doute. Il s’agit de voir respectée l’existence d’une culture différente dans une partie du territoire national. C’est une démarche culturelle, loin des stratégies politiques que telles que celle des Flamands en Belgique ou de la Ligue du Nord en Italie qui s’apparentent plus à du « poujadisme régional ».

L’Europe est-elle utile dans un tel débat ?

L’Europe est plutôt un levier positif. Le Conseil de l’Europe a d’ailleurs adopté une « Charte des langues ». On ne peut pas constituer une communauté solide sans tenir compte de ce qui en constitue les Etats. Et nos cultures souvent transfrontalières en sont une composante évidente.

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