> La politique de l’insécurité est contagieuse

4 janvier 2011

Peu de gouvernements démocratiques peuvent résister à la tentation d’exploiter ce sentiment de peur à leur avantage politique. Certains l’ont déjà fait. Dès lors, il n’y a pas à s’étonner de voir renaître les groupes de pression, les partis et les groupements politiques fondés sur la peur : la peur des étrangers, la peur du changement, la peur des frontières ouvertes et de la liberté des communications, la peur du libre-échnage des opinions intempestives. Dans les dernières années, ces hommes et ces partis ont connu un beau succès dans un certain nombre de pays impeccablement démocratiques -Belgique, Suisse et Israël- ou dans des républiques plus vulnérables comme la Russie, la Pologne et le Venezuela, et le défi qu’ils incarnent a incité maints partis traditionnels, aux Etats-Unis, au Danemark, en Hollande, en France et au Royaume-Uni à adopter une ligne plus dure envers les visiteurs, les « étrangers », les immigrés clandestins et les minorités culturelles ou religieuses. Nous pouvons nous attendre à voir cette tendance se renforcer dans les prochaines années, probablement en vue de restreindre la circulation des marchandises et des idées « menaçantes » mais aussi des hommes. La politique de l’insécurité est contagieuse.

Tony Judt, Retour sur le XXe siècle, Editions Héloïse d’Ormesson (2010), page 41.

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