> Défendre le point de vue des militants

5 juillet 2012

« Je veux construire une fédération pour le plus grand nombre et une fédération qui impose le point de vue des militants. J’appelle à un rassemblement dans la clarté. Je suis contre le système selon lequel c’est à chacun sa fédération. »

Hugues BERNARD

Depuis notre dernier congrès de Toulouse de novembre 2008, la donne politique a changé. Nous sortions de victoires locales alors que nous vivons aujourd’hui une victoire nationale. Notre responsabilité s’accroît à la mesure de la confiance populaire. Les attentes sont grandes et plurielles vis-à-vis d’une gauche qui incarne la force de la volonté politique.

Le temps de l’action est venu. Il appelle de la part de notre organisation une redéfinition des ses missions, un renforcement de son organisation et une ouverture sur les problématiques de nos concitoyens et de nos territoires.

A. REDEFINIR NOS MISSIONS

La primaire citoyenne est passée par là. Lorsque l’on demande aux électeurs de décider de notre projet et de notre présidentiable contre une adhésion à 20 euros ou une participation aux frais d’organisation de la primaire, il faut redonner du sens à l’adhésion au parti socialiste.

Etre adhérent signifie participer à l’élaboration d’une ligne politique. Cela passe par l’organisation d’un débat qui prenne le temps de l’examen des propositions, de la définition de priorités, de la synthèse et de l’évaluation. Un parti fondé sur un projet signifie que le débat doit avoir prise sur tous les niveaux de militantisme. Nous ne sommes pas des militants à dimension unique. Notre militantisme a l’intelligence d’être à la fois local, national, européen et internationaliste.

1. échelle locale : penser une réalité nouvelle

Ancrés dans nos territoires, nous devons être les meilleurs porte-parole des aspirations de nos concitoyens. Cela passe par des assises de nos territoires. Des territoires périphériques, transfrontaliers et montagnards côtoient un territoire métropolitain inachevé. La force des socialistes et de réaliser une synthèse. L’évolution et le développement territorial ont produit une réalité nouvelle qui ne peut plus être pensée au travers des catégories éculées d’urbain et de rural. Sachons dépasser les idées d’hier pour concevoir un projet d’avenir.

2. échelle nationale : dialoguer avec les forces vives départementales

L’élection de neuf députés et la présence de deux sénateurs font de notre parti une force au pouvoir décisionnaire sans égal. L’engagement de nos élus dans les commissions doit être débattu tout comme l’opportunité que nous leur avons donnée à interpeller le gouvernement. Donner à François Hollande et Jean-Marc Ayrault la capacité de changer la donne doit se faire dans le dialogue constant avec les forces vives locales, les employeurs publics et privés, les salariés, les représentants des forces syndicales, les victimes des abus patronaux (Freescale, Conti, Molex), les populations exclues. Notre réflexion sera d’autant plus efficace qu’elle entrera pleinement en dialogue avec la gauche syndicale, associative, culturelle, mutualiste, sportive.

3. échelle européenne : vivre la fraternité européenne

L’Espagne, l’Aragon, la Catalogne ou encore l’autonomie aranaise sont à nos portes. Ce sont nos voisons mais aussi nos frères. Nous devons penser ensemble les réponses à la crise, bâtir localement des solidarités nouvelles, entretenir nos spécificités culturelles et notre patrimoine commun, encourager les porteurs de projets transfrontaliers, les coopérations syndicales, les initiatives économiques et les expériences alternatives. Au-delà, notre fleuron industriel est un produit de la coopération européenne au plus haut niveau. Il engage des hommes et des femmes, leur intelligence et leur sens de l’innovation. Il ne peut se limiter à l’espace économique.

4. échelle internationale : tisser des passerelles

Le 17 décembre 2010, dans la ville de Sidi Bouzid, la révolution en Tunisie a conduit Zine el-Abidine Ben Ali à quitter le pouvoir. Cela a eu un retentissement mondial qui prouve que tout militantisme n’est pas vain et que le combat pour les valeurs demeure entier. A l’échelle de l’humanité, des solidarités nouvelles sont à tisser. Peut-être devrions-nous commencer en Haute-Garonne par une politique de soutien aux forces politiques des pays du Maghreb. Nombreux sont les exilés, les immigrés ou les ressortissants maghrébins qui animent des centres culturels, des associations importantes qui font la richesse de notre département. Avec eux, nous devons inventer des passerelles entre leurs projets et nos nombreuses possibilités. La coopération décentralisée doit aussi mobiliser les organisations politiques.

B. RENFORCER NOTRE ORGANISATION

Les bases du calendrier de la rénovation (non cumul, parité, diversité) ont été imposées par l’échelon national. Le cadre des alliances électorales a également été décrété par Paris. Pourtant, notre fédération est tout à fait apte à initier, adapter ou enrichir les initiatives nationales. Elle a l’obligation d’animer un dialogue avec toutes les forces de la gauche sans attendre les rendez-vous électoraux.

Le point de vue des militants doit primer au travers de l’affirmation de nouvelles règles, de priorités électorales, d’accords négociés localement… la fédération ne doit être l’otage d’aucun appareil.

Dans un climat de défiance généralisée vis-à-vis de la classe politique (vote FN et affaire Woerth-Bettencourt), notre fonctionnement doit être exemplaire. Les partis politiques « concourent à l’expression du suffrage » (article 4 de la Constitution de 1958). Cette sur cette base constitutionnelle que nous recevons du financement public. A ce titre, nous sommes un service public local qui a des comptes à rendre au public.

Renforcer notre organisation, c’est rendre lisible notre action, être accueillant aux idées et aux personnes, initier le débat, faire respecter nos décisions collégiales et mener des campagnes entre les élections.

• rendre lisible notre action : intégrer la culture de la responsabilité

Nous devons présenter notre organisation en désignant clairement des référents par compétences (emploi, santé, éducation, logement…), par territoires (à redéfinir) et par thématiques (fête de la rose, sections, trésorerie, formation…). Nous devons intégrer la culture de la responsabilité en publiant annuellement un rapport d’activité et un rapport d’orientation pour que chacun connaisse les priorités de l’année en cours. L’usage d’internet, la présence sur les médias sociaux et La Coopol, doivent être un moyen d’échanger rapidement et efficacement.

• être accueillant aux idées et aux personnes : construire un rendez-vous festif et un lieu attractif

Accueillir signifie s’organiser de manière à trouver des correspondants, au sein de la fédération et par section, chargés de l’accueil, de l’intégration, de la formation et du suivi des nouveaux adhérents. Cela signifie également organiser des rencontres et des débats où l’expression est libre et sert à bâtir un projet collectif. Cela signifie enfin une culture de l’histoire locale du parti socialiste. Sans mémoire, il n’y a pas de capacité à se projeter dans l’avenir. Nous en sommes les héritiers du mouvement ouvrier et nous devons chérir nos prédécesseurs. Notamment ceux qui ont vécu les moments troubles de l’occupation ou de la dictature franquiste. Enfin, la convivialité passe par une fête. Une fête de la Rose départementale doit redevenir un rendez-vous incontournable de convivialité. La fédération doit être un lieu fourmillant d’initiatives et accueillant pour toutes les forces de la gauche.

• organiser le débat : repérer les questions fondamentales de nos concitoyens

Chaque année, nous devons consacrer du temps au repérage des questions essentielles de nos concitoyens et tenter d’y apporter une réponse par l’amélioration des politiques publiques dont nous avons la charge. La réussite scolaire (le passage du lycée à l’enseignement supérieur), le développement économique du département (la défense de la sous-traitance, l’accès des PME à l’innovation et à l’investissement) sont des exemples de débats sur des sujets où nous sommes en responsabilité. Ces débats doivent être affrontés pour modifier la réalité au profit des salariés et des personnes qui en ont le plus besoin.

• faire respecter nos décisions : ne pas excuser les comportements individualistes intolérables

Une organisation politique se caractérise par une discipline. Elle est d’autant mieux appréciée que les décisions de cette organisation répondent à des principes démocratiques. Il est néanmoins impossible de se présenter en dehors des désignations prévues à cet effet, de faire campagne pour des dissidents, de soutenir le fractionnisme et pour faire simple, encourager la division. Ce qui a été fait au cours des législatives est inadmissible. Rien ne peut excuser les comportements individualistes intolérables. Rien ne peut non plus justifier l’absence de sanctions si ce n’est une volonté de rassembler dans la confusion au lieu de mettre de la clarté dans notre fonctionnement.

• aider et soutenir les nouvelles pratiques militantes

Enfin, si le débat a lieu, si les préoccupations de nos concitoyens ont été traitées, il n’est pas inconcevable d’organiser des campagnes d’adhésion ou de promotion des réalisations socialistes entre deux élections. Pour cela, le secrétariat aux sections doit être revu comme une plate-forme d’aide et de soutien aux pratiques militantes. Une place doit être dédiée au sein de la fédération pour les secrétaires de section. Leur action doit également faire l’objet d’une évaluation afin de combler des manques manifestes. Notre présence sur le territoire doit être homogène. Elle doit être également au goût du jour. Le redécoupage des sections toulousaines doit être une priorité de même que le fonctionnement à l’échelle de l’agglomération. Des priorités doivent faire consensus pour avancer dans une meilleure couverture du terrain.

http://huguesbernard.parti-socialiste.fr/

Pour mémoire, lors de ma campagne de 2008, je proposais que tout projet fédéral se base sur le respect de 5 principes et mette en application 9 engagements. Ces propositions demeurent encore d’actualité.

Une Réponse to “> Défendre le point de vue des militants”

  1. chouka Says:

    Très intéressant tout ça.

    Utopie ou Réalité possible ?

    Un parti dans la majorité gouvernementale et locale, cela change tout. Pour autant il doit conserver un rôle, d’explication et d’argumentation de l’action gouvernementale, mais aussi de représentation, de réflexion, de perceptions des sujets de demain au plus près de la population, des intéllectuels, des corps intermédiaires.
    J’aurai tendance à dire que nous accompagnons le mandat actuel et préparons le suivant.
    Quelle autonomie et force propre donner au parti et à ses courants de pensée ? Compliqué à mettre en place…

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