> Espagne : les enjeux du 20 décembre

13 décembre 2015

Compte-rendu synthétique des propos introductifs tenus par Roberto Jiménez, secrétaire à l’émigration du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), à la Casa de España à Toulouse le 8 décembre 2015 en présence de Thierry Suaud, président du groupe des élus socialistes de la région Midi-Pyrénées.

La question économique et sociale

L’Espagne vit une période économique qui aurait du entraîner une reprise avec la réduction du coût du travail orchestrée par le gouvernement, la baisse du cours du pétrole et un financement massif obtenu auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Cependant, les gens n’en ressentent que peu ou pas de conséquence. Ce que gagnait une personne, c’est maintenant un couple qui s’échine à le gagner. Les 4 années du gouvernement de Rajoy ont été perdues. Ces années auraient du assoir un nouveau mode de production du pays tournée vars d’autres ressources que les traditionnels secteurs du tourisme et de la construction. Les personnes qui pouvaient le faire, c’est-à-dire les plus jeunes et les plus diplômées, sont partis à l’étranger. Les anciens et notamment les bénéficiaires de petites retraites doivent désormais choisir entre manger et se soigner. En ce qui concerne la santé, l’éducation (avec la fin des bourses), la politique de la droite a été une politique de destruction d’acquis que nous croyions irréversibles. Aujourd’hui, les électeurs se posent la question de l’existence de ses droits sociaux. Le PSOE propose l’instauration d’une garantie contre le chômage , d’une nouvelle couverture sociale et des moyens pour une éducation publique égalitaire.

La question démocratique

La corruption se résume au fait que 3.600 élus sont en procès et que 600 d’entre eux sont en prison. L’un des principaux slogans des « indignés », mouvement de contestation sociale né en 2011, « no hay pan para tantos chorizos » (« il n’y a pas assez de pain pour tellement de chorizos », surnom donné aux voleurs), traduit la colère de la population. Car le boom espagnol n’a pas profité à tout le monde. Les mileuristas, ces Espagnols qui gagnaient 1 000 euros par mois, symboles de précarité, existaient avant la crise. Aujourd’hui, dans un pays qui compte 24 % de chômeurs, ils sont presque des privilégiés. La PSOE demande un peu de décence pour les politiciens. Son programme prévoit d’interdire le financement privé des partis politiques, de rendre incompatibles certains postes politiques et emplois publics, de mettre fin à la politisation de nombreuses fonctions judiciaires.

La question du vivre ensemble

La constitution du 6 décembre 1978 a posé les bases de l’architecture territoriale actuelle mais une volonté de rupture existe en Catalogne. L’Espagne doit faire face à deux problèmes : les nationalismes périphériques et un centralisme rance. Le PSOE propose de définir de un nouveau compromis qui donne le droit à la différence mais pas de différences de droit, de faire du Sénat le parlement des autonomies et de définir des droits valables sur tout le territoire quelque soit sa situation géographique avec l’inscription du droit au travail, à la santé et à l’éducation dans la constitution.

Dignité pour tous les Espagnols

Les socialistes espagnols s’engagent à tout mettre en œuvre pour multiplier les emplois qui donnent un travail digne à tous. La modification du modèle économique est à l’ogre du jour avec un investissement en recherche et développement, la conversion écologique et un soutien en matière d’éducation et de formation. La réforme fiscale est un objectif affiché pour revenir sur l’amnistie fiscale du Parti Populaire qui a eu le mérite d’offrir à tous les « chorizos » les moyens de s’exonérer. Le PSOE préconise une alliance entre la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne. Ils l’ont proposé à Rajoy qui l’a rejeté au profit d’une alliance avec l’Allemagne de Merkel. Reduire les déficits nécessite plus de temps. La montée du Front National inquiète les Espagnols car elle menace le rôle fondamental de la France dans l’Europe.

La situation politique est nouvelle pour le PSOE. L’émergence de nouveaux partis comme Podemos et Ciudadanos troublent le jeu traditionnel mais seuls le PSOE et le PP peuvent gagner. 70% des Espagnols sont contre le maintien du PP au pouvoir. Les sondages donnent à Podemos un score à deux chiffres qui correspond à ce que faisait le Parti communiste. Podemos a une vocation de Parti communiste refondé. Ciudadanos est un mouvement soutenu par le pouvoir économique qui ne veut pas perdre sa place suite à l’effondrement du PP. Le PSOE a gagné les récentes élection avec le gain de 7 autonomies et un gain important aux municipales. Cependant , l’indécision existe. Rendez-vous le 20 décembre.

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