> Plaidoyer d’un député européen

13 février 2016

L’intérêt d’un City Group est d’instituer un débat qui dépasse le cadre du parti, de créer des ponts, et d’élargir les échanges avec les citoyens sur l’Europe. II y a une volonté de les développer sur le territoire de la circonscription Sud-Ouest aux élections européennes (regroupement des électeurs des régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon). L’idée est de multiplier les rencontres avec la société civile impliquée pour jeter les bases d’un réseau qui puisse exister au-delà des élections européennes.

Importance de la Politique agricole commune (PAC)

Eric Andrieu est député européen dans la foulée de la démission de Kader Arif consécutive à son entrée au Gouvernement (16 mai 2012). Il remplace Stéphane Le Foll comme député socialiste spécialiste des questions agricoles avec l’objectif de peser sur le nouveau budget de la Politique agricole commune (PAC) pour la période 2014-2020 (légèrement en baisse), et les modalités (avec variations nationales) pour la période 2015-2020. Avec près de 60 milliards d’euros par an au total, le budget de la PAC représente près de 40 % des 130 milliards d’euros dépensés chaque année par l’Union européenne. Ce budget est financé par le produit des droits de douanes à l’entrée, un prélèvement sur la TVA et une cotisation d’environ 0,73 % du revenu national brut — certains pays ayant obtenu un rabais sur cette cotisation, l’ensemble ne pouvant dépasser 1,045 % du PIB européen. Eric Andrieu est membre titulaire de la commission Agriculture et développement rural (AGRI) et membre suppléant de celle du Commerce international (INTA).

Poids de la délégation socialiste française

La délégation socialiste française est composée de 13 membres (dont un sans étiquette, le syndicaliste sidérurgiste Edouard Martin et une radicale, la montpelliéraine Virginie Rozière) sur un total de 74 députés français, 190 députés socialistes et 751 députés européens. Dans l’organisation du Parlement européen, 3 socialistes français ont obtenu une place importante. Eric Andrieu est premier vice-président de la commission AGRI, Isabelle Thomas (circonscription Ouest) est vice-présidente du groupe de l’alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D) et Gilles Pargneaux (circonscription Nord-Ouest) est vice-président de la commission environnement, santé et sécurité alimentaire (ENVI).

Métamorphose du rôle du député européen

Auteur d’un rapport sur la révision du règlement de l’agriculture biologique, Eric Andrieu ne souhaite pas que « l’agriculture biologique soit réservée à une petite catégorie de consommateurs. » L’objectif du règlement est de renforcer et d’harmoniser les contrôles aussi bien dans l’UE que sur les produits importés. Il poursuit ses travaux avec un rapport sur l’impact de la PAC sur l’emploi. C’est un constat mais aujourd’hui, le député européen est moins législateur. La donne a changé avec la commission présidée par le conservateur luxembourgeois Jean-Claude Juncker. L’opération « better regulation » réduit la législation européenne. Les députés européens se consacrent davantage à peser dans le débat au travers de la rédaction de rapports pour orienter les politiques.

Menaces sur l’Europe

Les militants présents ont largement évoqué les préoccupations inquiétantes sur l’avenir de l’Europe. Dans une période de crise sécuritaire, migratoire, économique, sociale… L’Union voit progresser les forces conservatrices, nationalistes et xénophobes (mouvement Pegida). Les forces de gauche sont en difficulté et lorsqu’elles gagnent, comme en Espagne ou au Portugal, l’éclatement de la gauche rend l’exercice du pouvoir fragile. La solidarité financière fait défaut à la Grèce depuis 2008 et en 2016, nous assistons à l’abandon de l’espace européen de libre circulation et à la réintroduction des contrôles aux frontières intérieures. Les pays qui organisent le blocage comme le Royaume-Uni sont en passe de négocier des privilèges exorbitants.

Plaidoyer pour un resserrement

Les ministres des affaires étrangères des six pays fondateurs de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Belgique, Luxembourg et Pays-Bas) se sont réunis ce mois-ci à Rome à un moment où l’idée d’une Europe à deux vitesses refait surface avec insistance. Est-ce que le renouveau viendra du Club des 6 Nations ou de l’Europe canal historique ? La feuille de route de 1957 stipulait que « nous restons résolus à continuer le processus de création d’une union toujours plus étroite entre les peuples d’Europe. » C’est exactement ce que les Britanniques veulent rayer des traités…

Comme le disait un philosophe français disparu en 1983, « l’Europe ne reprendra vraiment confiance en elle-même que le jour où elle sera de nouveau capable de se défendre. L’Europe a un avenir dans la mesure où elle est capable de reconquérir indépendance et autonomie politique. »

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