> Il n’est pas interdit d’envoyer paître la reine d’Angleterre

3 mars 2016

L’arrangement entre les chefs d’Etat et de gouvernement européens et le Premier ministre britannique s’est conclu à l’écart des traités européens existants. C’est un accord international qui autorise le Royaume-Uni à déroger aux règles communautaires. Il octroie aux Anglais la possibilité d’avoir un droit de regard sur la zone euro, de refuser la clause d’une “Union sans cesse plus étroite”, de protéger la place financière de Londres de la supervision bancaire européenne et de baisser les droits sociaux des migrants intracommunautaires. Ce marchandage se fait au prix de l’abandon de la référence à la monnaie unique et de la fin du droit à la libre circulation des personnes.

Personne ne peut transformer le droit de quitter l’Union européenne en un droit à obtenir un traitement de faveur. Des contreparties auraient pu être imposées comme la fin de l’accès complet au marché unique, une concurrence pour inciter les services financiers à quitter Londres ou ne plus retenir les migrants à Calais. Moins de règle signifie moins de solidarité. Seulement il semble que personne n’ose envoyer paître la reine d’Angleterre. Avec les règles actuelles, les conservateurs britanniques s’offrent le sur-mesure au prix du prêt-à-porter. C’est cadeau : ce sont les 27 autres pays qui régalent.

Cette logique condamne l’Europe à l’impuissance. Elle ignore ses citoyens et leurs représentants élus au sein Parlement européen. Les gouvernements nationaux sont responsables de la faillite de l’Europe actuelle.

Que faire ? Rappeler que l’Europe a été construite pour la prospérité économique et la cohésion sociale, pour préserver sécurité intérieure et extérieure. Fixer la poursuite de ces objectifs pour l’exercice d’une souveraineté partagée. Réviser de fond en comble le projet européen au moment où les crises les plus vivaces se développent à 5 heures de vol de Bruxelles (du Mali à la Syrie), où le souffle de la xénophobie enfle, où les populismes se déchaînent et où les démocraties nationales présentent des signes d’essoufflement. Ce projet doit repartir des idéaux des pays fondateurs dont nous sommes, mobiliser les volontaires pour un approfondissement et, si nécessaire, envoyer paître la reine d’Angleterre et ceux qui veulent la suivre.

Levons toute ambiguïté sur le chantage britannique. Sans cet effort, nous assisterons à un des événements politiques les plus dramatiques : la fin du projet européen.

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