> Le front européen

20 juin 2016

Luchon, le 18 juin 2016

Nous nous réunissons pour faire vivre notre engagement pour l’Europe

Notre premier engagement est local et c’est normal. C’est la force du PS. Notre premier niveau d’engagement est à l’échelle de nos préoccupations. Nous sommes tous des militants de nos communes attachées à nos projets et nos élus.

Local, car le Parti socialiste est aussi départementaliste. En Haute-Garonne, nous avons une légitime fierté à défendre un périmètre administratif qui consolide des politiques de solidarité. Ces politiques ont été plébiscitées et notre assemblée départementale est à 87% à gauche depuis son dernier renouvellement.

Local, notre parti est aussi régionaliste. Pas encore dans son organisation, puisque les fédérations départementales sont le dernier échelon vivant entre l’échelon local de la section et l’échelon national de Solférino. Mais, nous sommes de fervents régionalistes attachés à l’histoire du Sud-Ouest, de la Région Midi-Pyrénées et au devenir de celle qui va naître de la fusion des régions de Toulouse et de Montpellier. Nous avons choisi Carole pour gouverner une région de taille à rivaliser avec les plus grandes régions européennes.

Au-delà du local, notre parti est fondamentalement national. C’est notre deuxième niveau d’engagement. Les élections présidentielles et législatives sont celles où nous nous mobilisons le plus car nous savons que Paris concentre les centres de décision qui peuvent changer la donne localement.

Notre troisième niveau d’engagement est européen et internationaliste. Nous sommes des européens car nous savons que l’Europe est l’outil indispensable pour nourrir notre souveraineté. L’urgence est sans doute à une intégration renforcée autour de la zone euro avec de véritables moyens d’intervention ; un budget plus important, un gouvernement, un parlement et une politique économique, pour assurer un contrepoids aux décisions de la BCE. Le Parti des socialistes européens (PSE) est la continuation du PS au niveau continental.

Nous sommes également internationalistes car, depuis Jean Jaurès, notre solidarité a les frontières de l’humanité

Tout militant doit vivre la pluralité de nos engagements. Vous l’avez compris, je vous invite à militer pour l’Europe au sein du City-Group PSE Toulouse Haute-Garonne que j’anime autour d’une équipe motivée.

Nous nous réunissons pour nous rappeler que nous avons surmonté les crises par des initiatives politiques

La politique est décriée. Certains pensent qu’elle ne sert à rien. C’est faux, depuis le 9 mai 1950 jusqu’à aujourd’hui, l’histoire récente parle pour nous, hommes et femmes engagées politiquement. La voie politique est la voie de la solution.

En Haute-Garonne, nous le savons c’est pourquoi nous avons pris l’initiative avons de fêter l’Europe. Aux Tourreilles, à côté de Montréjeau, en 2009, 2011 et 2013 et au Val d’Aran, à Les, en 2011, nous nous sommes retrouvés pour nous rappeler qu’il fallut bien du courage aux pères fondateurs de l’Europe pour imaginer un projet politique fédérateur à un moment où l’Europe était en ruine et où les armes venaient de se taire.

Aujourd’hui encore, il y a urgence à resserrer des liens distendus entre les citoyens européens et l’idée européenne.

Le 9 mai 1950, ce sont le socialiste Jean Monnet, alors Commissaire général au Plan, et le démocrate-chrétien Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères français, qui proposent une nouvelle forme de coopération politique avec la gestion en commun des ressources de charbon et d’acier. Pour la France et l’Allemagne, historiquement rivales, la guerre deviendra « non seulement impensable, mais matériellement impossible ». On retient tous la phrase d’alors, « l’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait ». Le 9 mai 1950 est acte de foi que nos responsables européens seraient bien inspirés de méditer à l’heure où la défiance gagne.

Dans les années 80, c’est au tandem François Mitterrand et Jacques Delors que nous devons le déblocage et la relance de l’Europe avec le maintien du franc dans le système monétaire européen et la réaffirmation de l’unité franco-allemande face à la menace soviétique. L’horizon se dégage alors progressivement et en moins de deux ans, l’Europe est remise sur rails.

Dans les années 1990, l’effondrement du bloc soviétique fait tanguer l’Europe. Mais les pays de l’est souscrivent à la démocratie, aux droits de l’homme et à l’Etat de droit et cela se fait au sein de l’Europe. C’est encore une perspective pour les pays Balkans qui sortent de la guerre de l’ex-Yougoslavie.

C’est évident, l’histoire européenne n’est pas un long fleuve tranquille. Le prochain référendum britannique, le 23 juin, à propos de la sortie de l’Union européenne l’atteste. Au même titre que les divisions actuelles sur l’accueil des migrants ou sur le sort de la Grèce. Sachons rester fermes sur nos convictions et défendre dans tous les cas la solidarité.

Nous nous réunissons parce que nous voulons défendre notre modèle social et débloquer une organisation en panne

Aujourd’hui, nous devons reprendre la perspective du temps long de l’action politique qui s’adresse aux générations futures.

Il y a bien des manières d’être Européen, mais la meilleure façon de faire avancer l’Europe est d’apporter des solutions et de rassembler les énergies pour défendre un système qui regroupe plus de 7% de la population mondiale, environ 25% du Produit intérieur brut (PIB) mondial et finance 50% des dépenses sociales au monde. Cet équilibre qui combine initiative privée et solidarité publique nous est envié dans le monde entier. Il est certes menacé et nous nous positionnons en défense.

Débloquer l’Europe, c’est donc défendre en premier lieu un compromis social-démocrate favorable aux citoyens et aux travailleurs. L’Europe que nous créons n’est pas simplement un marché. C’est une communauté où chaque travailleur a des droits qu’il faut renforcer mais ces droits existent, comme le droit aux congés payés ou la limitation de la durée du temps de travail. Notre combat est de faire en sorte que l’employeur vertueux ne puisse pas être concurrencé par le mauvais et le mauvais par le pire dans une course au moins-disant social.

Les socialistes sont les artisans d’une Europe sociale faite de convergences des politiques sociales comme les salaires minimums (22 des 28 Etats membres disposent d’une législation nationale établissant un salaire minimum par branches), de constitution d’un socle de droits sociaux, de lutte contre le dumping fiscal et salarial. Les socialistes sont également les défenseurs d’une Europe de la puissance publique qui se dote d’un budget supérieur à 1% du PIB, d’un impôt européen sur les sociétés, d’une gouvernance renforcée de la zone euro, d’une ambition industrielle soutenue par une politique d’emprunts.

Nous nous réunissons aussi pour défendre notre territoire au sein de l’Europe : le Sud-Ouest européen

Etre européen, c’est partager des combats communs lorsque l’on partage les mêmes droits. Nous sommes en fraternité de voisinage avec nos camarades espagnols, andorrans, catalans, aragonais et aranais. Nous militons tous pour défendre un Sud-Ouest européen de 23 millions d’habitants et de 8,5 millions d’emplois. Ce territoire n’a pas vocation à être un terminus de l’Europe.

Les priorités qui doivent nous mobiliser pour désenclaver notre territoire sont :

– l’interconnexion des métropoles du Sud-Ouest européen (Bordeaux, Toulouse et Montpellier),
– le désenclavement de l’Andorre, un moyen de renforcer les relations entre la France et l’Espagne et de favoriser l’intégration européenne de l’Andorre,
– une connexion TGV du couloir Méditerranéen (poursuite de la LGV Méditerranée vers Valence),
– la traversée centrale ferroviaire des Pyrénées par l’Aragon,
– la réouverture de la ligne Montréjeau Luchon et la prolongation future de la ligne du Comminges jusqu’au Val d’Aran.

Plusieurs communautés nous rassemblent : les Pyrénées et la culture latine (catalane, occitane, française et castillane).

Une tradition nous honore. La tradition de l’hospitalité pyrénéenne est établie : depuis les chemins de la Retarda, de la retraite des résistants jusqu’à l’accueil des réfugiés. A Luchon, cinquante-deux migrants sont venus du Soudan, d’Afghanistan et d’Irak en provenance de l’enfer de Calais hébergés dans une entente cordiale avec la population. Cette tradition d’hospitalité est à souligner à un moment où l’Europe peine à accueillir un dixième des réfugiés accueillis au Liban et en Jordanie. Cette tradition a valeur d’exemple.

Notre Sud-Ouest européen représente une force faite de valeurs, de détermination, de traditions qui peuvent inspirer de nouvelles coopérations pour développer une plus grande solidarité de part et d’autre des Pyrénées.

Nous nous réunissons enfin pour appeler nos gouvernements à ne plus construire de murs en Europe

L’Europe de la solidarité est celle qui accueille les réfugiés et développe une politique migratoire commune. Aucun dispositif n’arrêtera celui qui fuit son pays pour sauver sa famille, fuir la misère ou défendre des convictions. Développer une défense européenne apportera des moyens à une diplomatie embryonnaire. Le renforcement de la coopération policière, judiciaire et financière est le seul moyen de faire face à la menace terroriste.

Nous appelons les gouvernements à ne plus construire de murs. Les gouvernements européens doivent plutôt travailler ensemble à définir une approche commune fondée sur la solidarité entre les Etats et les peuples concernés pour résoudre la crise des réfugiés.

– une aide humanitaire de l’Europe,
– un partage équitable de l’accueil entre pays,
– des mesures pour protéger Schengen et contre le rétablissement des frontières internes,
– une révision du règlement de Dublin qui prévoit que les réfugiés déposent leur demande d’asile dans le premier pays d’entrée.

C’est pourquoi, à la fin de notre rencontre, nous détruirons le mur qui est symboliquement représenté derrière nous.

Sur de nombreux sujets, notre combat se porte sur le front européen. Il faut y faire preuve du même enthousiasme et de la même volonté quand il s’agit de défendre nos convictions. Travailler au plus près des réalités, raccourcir la distance entre le souhaitable et le possible, sans perdre de vue la dimension de rêve qui s’attachait au projet européen qui demeure la grande aventure et l’œuvre majeure de notre génération.

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