Archive for the 'Socialistes' Category

> Is the PS on the way to recovery?

12 février 2010

Part 1.

Part 2.

> Venceremos

11 septembre 2009

Salvador Allende

Trabajadores de mi Patria, tengo fe en Chile y su destino. Superarán otros hombres este momento gris y amargo en el que la traición pretende imponerse. Sigan ustedes sabiendo que, mucho más temprano que tarde, de nuevo se abrirán las grandes alamedas por donde pase el hombre libre, para construir una sociedad mejor.

Las últimas palabras de Salvador Allende,
Santiago de Chile, 11 de septiembre de 1973.

> Jean Jaurès, 3 sept. 1859

3 septembre 2009

Jean Jaurès

Oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n’est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c’est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre.

Jean Jaurès.

> Unis dans la diversité

13 mai 2009

Les Tourreilles

Photos : Cathar31.

Par une matinée de beau temps, 200 militants socialistes de Haute-Garonne avaient choisi de fêter l’Europe aux Tourreilles. La salle communale était pavoisée aux couleurs des nations qui composent l’Union. L’existence d’un festival de folklore international à Montréjeau fournit le matériel indispensable au décor. Pour seul fond de scène, les drapeaux occitan et européen firent synthèse. Belvédère face aux sommets enneigés, le parvis de la petite Mairie des Tourreilles dégage une sérénité au pied des montagnes et à deux pas du sol espagnol. Les participants à la rencontre prirent possession des lieux dans un sentiment de douce quiétude.

L’idée de fêter le 9 mai était une évidence politique. Noël Larqué, secrétaire de la section de Montréjeau, mis en évidence l’empreinte européenne du Comminges. La proximité des sites liés aux industries spatiale et aéronautique, mais aussi l’histoire, rattachent ce terroir à l’aventure européenne. Le souvenir de l’exil des républicains espagnols entretient la flamme vivante de la solidarité qui lie les peuples de part et d’autre des Pyrénées. L’actualité de l’engagement de Jean Monnet et de Robert Schumann, célébrée avec force par Denis Sarraquigne, maire des Tourreilles, vint compléter l’introduction de cette journée. Son message pour que cette journée soit commémorée à l’égal des autres cérémonies républicaines n’a laissé personne insensible.

Nos camarades du PSOE, Michel Vinuesa et Maria Lopez Muradas, mirent en avant la campagne qu’ils mènent en faveur du programme commun des socialistes européens. L’un comme l’autre défendent l’Europe sociale, les services publics et la garantie de l’égalité entre les hommes et les femmes à l’échelle de toute l’Union.

La chaleureuse présence de nos amis aranais mit en évidence la notion de diversité chère aux Européens. Arturo Colbeto, président d’Unitat d’Aran, affirma la proximité du combat des socialistes pour une Europe solidaire et protectrice. Paco Boya, syndic d’Aran, profita pour rappeler que l’Europe est un soutien important aux cultures locales et plus particulièrement à la forte identité gasconne et occitane. Son pays vit une autonomie au sein même de l’autonomie catalane. Député à la Generalitat de Catalogne, il souligna également que l’Europe est le cadre indispensable à la relance économique et à la protection de l’environnement.

C’est sur l’aspect écologiste que Bertrand Auban, sénateur, a apporté des précisions au travers de l’exemple de la gestion transfrontalière du fleuve Garonne. Source de biodiversité, le fleuve européen est également lié aux activités économiques : de l’agriculture à l’énergie en passant par l’industrie aéronautique qui transite sur ses eaux entre les départements de la Gironde et du Gers. L’équilibre entre croissance et développement durable est au coeur de la gestion de ce patrimoine naturel.

Kader Arif nous fit partager son enthousiasme pour des politiques communautaires progressistes, conformes à nos valeurs et porteuses de développement partagé. La campagne qu’il mène démontre l’urgence d’une nouvelle politique de gauche. Cette dernière faisant cruellement défaut depuis le départ de Jacques Delors, l’exposé ne manqua pas de convaincre. Notre député européen trouva les mots qu’il fallait pour transmettre son énergie aux militants présents.

Notre fête était aussi l’occasion de lancer sur les fonds baptismaux le groupe local du PSE « socialistes européens de Haute-Garonne ». Cela fut fait par Hugues Bernard, secrétaire fédéral aux questions européennes, et encouragé par Sébastien Denard, premier secrétaire fédéral, qui se félicita de ce moment convivial qui est l’occasion de nous ressourcer avant d’aller au devant de nos concitoyens pour les trois semaines qui nous séparent du scrutin du 7 juin.

La rencontre se clôtura par un lâcher de pigeons au son de l’hymne à la joie et, dans la grande tradition des rencontres socialistes, par un buffet campagnard.

Source : http://elections2009.pes.org/.

Retrouver les interventions de :
Sébastien Denard,
Denis Sarraquigne,
Noël Larqué.

> Les Tourreilles – Photos

9 mai 2009

Les Tourreilles 09

Les Tourreilles

Les Tourreilles 09

Les Tourreilles 09

http://www.flickr.com/photos/pse31/

> Campagne de Kader Arif

22 avril 2009

Le département des Landes, la tempête Klaus qui a principalement touché le sud-ouest de la France et notamment les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et en partie le Languedoc-Roussillon, l’Europe sociale.

Le département du Gers, l’Europe protectrice, le rôle des associations qui oeuvrent dans le domaine de l’insertion et exercent une rôle d’amortisseur social, Villemur-sur-Tarn, Molex, les délocalisations industrielles.

Le département de l’Aude, la viticulture, le bassin méditerranéen, Perpignan, la gare Saint-Charles, le ferroutage, les modes de transport plus respectueux de l’environnement.

> Intermittents du parlement !

18 avril 2009

Hémicycle

Comme le disait Olivier Duhamel sur France culture, ce jeudi saint aura peut être vu passer la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La goutte d’eau à savoir le rejet à l’Assemblée nationale du projet de loi Hadopi (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet). Celui-ci n’ayant été défendu que par 15 membres de la majorité contre 21 opposants lors de la séance du jeudi 9 avril. Même si les socialistes ont réussi un coup, personne ne peut trouver normal qu’un texte législatif aussi important et aussi controversé soit rejeté par aussi peu de voix. Lors de cette séance, on ne décomptait que 36 députés présents sur 577 au total. 84% des députés étaient absents.

Comment remédier à ce dysfonctionnement ?

Première solution, appliquer le droit en vigueur. Comme l’article 162 le stipule, “le fait d’avoir pris part, pendant une session, à moins des deux tiers des scrutins publics […], entraîne une retenue du tiers de l’indemnité de fonction pour une durée égale à celle de la session ; si le même député a pris part à moins de la moitié des scrutins, cette retenue est doublée”. Le problème est que ces dispositions ne sont jamais appliquées et comme le dit Jean-Jacques Urvoas, en droit constitutionnel, le texte n’est pas tout, bien souvent seule compte la pratique ! Enfin, cette réglementation pêche par sa faiblesse. Sont déduits du calcul, les cas où l’on a délégué son vote et ceux où l’on s’est excusé à l’avance. De surcroît la retenue serait dérisoire. 50€ par mois.

Deuxième solution, renforcer les incitations et les sanctions en accordant une indemnité importante à ceux qui participent aux travaux parlementaires et une sanction significative à ceux qui les délaissent. Un tel système fonctionne fort bien au Parlement européen lequel exige par ailleurs que tout vote soit personnel.

Troisième et dernière solution, plus radicale encore, interdire le cumul des mandats, imposer le mandat unique et empêcher sans attendre le cumul d’un mandat de parlementaire avec toute fonction exécutive locale. Sans quoi faute de parlementaire, renforcer le parlement revient, selon l’expression d’Olivier Duhamel, à labourer la mer.

Pour terminer, le classement de nos députés socialistes de Haute-Garonne n’en est pas moins instructif sur l’activité des uns et des autres. Il faudrait sans doute nuancer sur l’importance d’intervenir en commission et de rédiger des rapports véritablement productifs. Mettre en évidence l’impact du cumul et des activités électorales liées aux diverses candidatures possibles serait non négligeable. Cependant, les vacances parlementaires sont calquées sur le calendrier électoral car aucun ne souhaite se priver de concourir aux multiples compétitions que nous offre le cadre républicain. Je sais ce qui convient de penser d’une liste qui ne traduit pas l’essence même du travail d’un parlementaire. On ne saurait juger sur la quantité un travail qui est avant tout qualitatif. Le nombre des interventions ne peut remplacer leur teneur exacte, leur influence ou leur impact. N’est aucunement mentionné dans cette liste le travail au sein du groupe socialiste. Pourtant, c’est souvent le lieu où se fait la ligne politique. Voilà, les limites sont posées mais pour information, je pense que la déclinaison haut-garonnaise de cette liste publié par le site http://lesinfos.com/ est néanmoins informative.

Patrick Lemasle : 84e place.
– 5 interventions en commission,
– 2 rapports sur le projet de loi de finances pour 2008 et pour 2009 sur le chapitre : régimes sociaux et retraite : pensions,
– 46 questions.

Françoise Imbert :107e place.
– 7 interventions en séance,
– 184 questions.

Pierre Cohen : 196e place.
– 14 interventions dont 8 en séance et 6 en commission,
– 9 questions.

Jean-Louis Idiart : 298e place.
– 23 interventions dont 16 en séance et 7 en commission,
– 76 questions.

Martine Martinel : 333e place.
– 27 interventions dont 16 en séance et 11 en commission,
– 52 questions.

Monique Iborra : 372e place.
– 34 interventions dont 18 en séance et 16 en commission,
– 35 questions.

Catherine Lemorton : 547e place.
– 103 interventions dont 69 en séance et 34 en commission,
– 1 rapport sur la prescription, la consommation et la fiscalité des médicaments,
– 1 proposition de loi relative aux plans de soins coordonnés des malades chroniques et des bénéficiaires du régime des affections de longue durée,
– 18 questions.

Gérard Bapt : 565e place.
– 152 interventions dont 77 en séance et 75 en commission,
– 2 rapports sur le projet de loi de finances pour 2008 et pour 2009 : chapitre santé,
– 25 questions.

> Arrêtez de vous moquer des Algériens

8 avril 2009

Boycott

« Nous avons choisi de brandir un carton rouge à ce système pour lui dire : partez, le peuple ne veut plus de vous. »

« L’acte de boycotter est une option démocratique, aujourd’hui : c’est un acte révolutionnaire. »

« De Mécili à la mascarade électorale, le régime à nu. »

> Rencontre avec François Morin

16 mars 2009

François Morin

Nous étions une soixantaine à Blagnac, mardi 10 mars dernier, à entendre et échanger avec notre ami, François Morin. Notre objectif était de comprendre les origines de la crise et d’évoquer les évolutions possibles et nécessaires du capitalisme. La rencontre initiée par « Socialisme & démocratie – Haute-Garonne » doit se traduire en terme de propositions politiques. Une première étape était la rédaction complète des informations que nous nous sommes échangées. Voici donc le compte-rendu réalisé à trois mains, celle de François Morin lui-même, celle de Christophe Vanderhaegen et la mienne.

Se défaire du mur de l’argent

L’incertitude domine actuellement et l’économie est suspendue à la santé financière des banques. La dévalorisation importante de leurs actifs oblige à une recapitalisation massive ou a une nationalisation. Seules deux banques, Barclays et HSBC, restent hors du giron public en Angleterre. Aux États-Unis, la participation fédérale dans Citigroup se monte dorénavant à 40%.

Pourquoi cette crise traîne-t-elle en longueur ? L’évaluation des pertes est fluctuante et les organismes financiers semblent dans l’incapacité d’en déterminer le volume. On commence à 400 milliards de dollars en 2008 puis on atteint le chiffre faramineux de 2 200 milliards en février 2009.

(lire la suite)

> Trois femmes et trois combats pour 2009

4 janvier 2009

Aragon disait que la femme est l’avenir de l’homme. Je pense qu’en 2009, il aurait toujours raison de le proclamer car c’est de la détermination de certaines d’entre elles que nous nous sortirons du marasme. Je m’appuie sur trois personnes volontaires, courageuses et énergiques pour souhaiter une bonne année à tous ceux qui croient en la force de la politique. Toutes les trois sont militantes. L’une est socialiste et a pour tâche de refonder son organisation politique, l’autre est démocrate et conduira la diplomatie du pays le plus puissant du monde quand la troisième est sociale-démocrate et s’attache à défendre la construction européenne.

Martine Aubry

Tout d’abord je compte sur Martine Aubry pour incarner une alternative à la politique brouillonne et arbitraire de Nicolas Sarkozy. Je souhaite qu’elle sorte les socialistes de leur torpeur et les projette sur la réalité des préoccupations suscités par la crise. Je souhaite qu’elle garde la clairvoyance de celle qui voyait la nouvelle Grande-Bretagne de Tony Blair venir au monde. Car nous avons besoin d’une France et d’une Europe qui fasse preuve d’innovation sociale, réponde aux défis de l’ouverture au monde. J’ai confiance en Martine Aubry pour oser la mutation que les socialistes mériteraient.

Hillary Clinton

À l’étranger, les réformes les plus importantes attendues de la nouvelle administration démocrate seront l’œuvre d’une femme. Hillary Clinton a été choisie par Barack Obama pour incarner une nouvelle politique étrangère qui fasse plus de place au multilatéralisme et qui prêche la force de l’exemple et non l’exemple de la force. L’Iran, l’Irak, l’Afghanistan, Israël et la Palestine attendent, comme la plupart des conflits, un autre traitement de la part de la première puissance du monde. Hillary Clinton me semble la personne la plus compétente pour tenir les promesses d’un nouvelle ère dans les relations internationales.

Margot Wallstrom

Margot Wallström est première Vice-présidente de la Commission européenne. Jusqu’en 2004, elle était Commissaire européenne à l’Environnement et elle demeure toujours engagée pour un nouveau traité l’an prochain à Copenhague avec pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, elle officie comme Commissaire aux Relations institutionnelles et à la Stratégie de communication dans un contexte où son institution a été largement affaiblie par la présidence française du Conseil au cours du second semestre 2008. Elle peut redonner ses lettres de noblesse à la méthode communautaire dont les deux seuls soutiens institutionnels sont le Parlement et la Commission. La crise a clairement établi que le cadre national était dépassé quand la globalisation avait déjà montré que l’Europe était un échelon indépassable. Pour que cela devienne une évidence, il faut que s’opère une certaine rénovation des pratiques. Je compte sur Margot Wallström pour ce changement nécessaire qui fera que l’Union aura à nouveau la cote.

> Le « nouveau modèle » de Martine Aubry

2 décembre 2008

Martine Aubry

AFP – Martine Aubry s’est faite lundi l’avocate d’un « nouveau modèle » économique face à la crise, pour sa première sortie européenne depuis sa désignation à la tête du Parti socialiste français, à l’occasion d’une réunion de leaders socialistes européens à Madrid.

Les socialistes et sociaux-démocrates européens ont adopté un « manifeste » en vue des élections européennes de 2009 « qui va proposer un nouveau modèle par rapport au libéralisme, où l’économique reprend le pas sur la finance », a affirmé la nouvelle première secrétaire du PS.

« La gouvernance mondiale libérale et le libéralisme financier viennent de faire la preuve d’un échec social, moral et économique », a estimé Mme Aubry lors d’une table ronde organisée dans le cadre d’un « conseil » à Madrid du Parti socialiste européen (PSE), la formation qui réunit socialistes et sociaux-démocrates de l’UE.

« La droite va prendre quelques mesures financières et tout va recommencer comme avant », a-t-elle critiqué. « Ce n’est pas le marché qui doit diriger nos vies et la société, mais les hommes et femmes, avec un marché régulé, dans une société où chacun a accès aux droits fondamentaux », a poursuivi Mme Aubry, très applaudie par les militants du PSE.

« Tout l’enjeux des prochaines élections européennes est de convaincre les européens que l’Europe (…) c’est aussi l’espoir d’un nouveau modèle », a-t-elle lancé, appelant les socialistes européens à « parler d’un nouveau modèle face au libéralisme » et à « ne pas se contenter de quelques mesures de régulation financières. »

> Mon socialiste : Alain Chénard

15 octobre 2008

Pour reprendre la chaîne trouvée sur le site de Karim, je me suis concentré sur un personnage qui m’a longuement impressionné. J’ai choisi d’éliminer les historiques, car il y a Reso, les meilleurs profils sont pris par mes prédécesseurs dans la chaîne et je ne ferais pas beaucoup mieux que les liens que j’ai mis depuis quelques temps sur mon blog à la rubrique social-démocrate. Je me suis refusé à tout prosélytisme en écartant les profils « deuxième gauche. » Il faut jouer collectif et le congrès est là pour venir nous le rappeler. Un peu d’humilité ne fait jamais de mal. Une fois que je me suis fixé ce cadre, je n’avais pas beaucoup de choix. Pierre Mauroy ayant été évoqué par Laurianne, je ne pouvais reprendre ce portrait même si j’aurais volontiers mis davantage l’accent sur son engagement européen et son pragmatisme gouvernemental. Mon choix s’est donc porté sur Alain Chénard, maire de Nantes de 1977 à 1983 et député de Loire-Atlantique de 1978 à 1988.

Alain Chénard a animé les jeunesses socialistes, connu les errements de la Sfio et marqué les premiers pas du nouveau parti socialiste. Sa victoire de 1977 à la mairie de Nantes est celle de toute la gauche. Alors que les socialistes soutenaient depuis longtemps une alliance assez large qui excluait les communistes et les gaullistes, Alain Chénard fut le seul conseiller municipal à appliquer les décisions du Congrès d’Épinay c’est-à-dire à démissionner du groupe de la majorité et à animer l’union du Ps et du Pcf. Cette alliance n’allait pas de soi et il fallait rompre avec de vieilles habitudes. Au-delà de l’union de la gauche, Alain Chénard allait fédérer les bretonnants, les radicaux, les jobertistes (partisans de Michel Jobert), les écologistes… Cette stratégie courageuse obtint un succès électoral au grand dam des prévisions qui donnaient une large avance à la municipalité sortante dirigée par André Morice. Ce dernier, plusieurs fois ministres de la IVe République, était un des défenseurs de l’Algérie française ce qui l’avait maintes fois rapproché de la Sfio de Guy Mollet. L’arrivée d’Alain Chénard à la mairie signait du même coup un changement municipal et une clarification au sein de la gauche.

Cette municipalité, comme de nombreuses municipalités de gauche élues en 1977, fut un laboraroire d’idées. La piétonisation du centre-ville, le développement de la démocratie locale, la réhabilitation de quartiers vétustes, l’aménagement de la manufacture des tabacs, la construction de la médiathèque, la création du nouveau stade de la Beaujoire, la réalisation du centre de loisirs du Petit Port et la mise en circulation de la première ligne de tramway sont autant d’exemples de la renaissance d’une ville. C’est en matière de transport que la nouvelle municipalité fit des choix majeurs qui connurent une ampleur nationale. Nantes avait un tramway jusque dans les années 50 mais la modernité voulait que la voiture individuelle se substitue à cet avatar du XIXe siècle. Alain Chénard eu le courage politique de remettre un réseau de tramways sur pied. Il le paya très cher puisque la droite municipale en fera un argument électoral et gagnera par démagogie en surfant sur une mobilisation inédite de l’école privée et de sa frange la plus réactionnaire. Dès le premier conseil municipal, la gauche nantaise prit la décision de la gratuité des transports pour les chômeurs dès le 1er mai. Elle marquait aussi une volonté sociale avancée.

Enfin, la gauche nantaise fit le choix de la culture avant que cela devienne une marque de fabrique de toute la ville. Avec la maison de la culture, des interventions importantes touchèrent un public plus large. C’était les débuts des arts de la rue. Le successeur direct d’Alain Chénard eu tout le loisir de détruire cette innovation culturelle. On sait que Jean-Marc Ayrault reprit le flambeau avec les équipes qui avaient fait leurs armes du temps de la municipalité Chénard.

Voilà, je voulais signifier par ce portrait d’un camarade la reconnaissance que l’on doit aux aînés. Il est celui qui a marqué mes premières années nantaises, qui m’a accueilli dans la section Ps Nantes-Ouest, qui a marqué durablement sa ville dans des années où le climat économique morose, celui de la reconversion industrielle qui éloignait un peu plus les chantiers navals de la ville, a su prendre l’initiative et rendre la vie un peu plus facile à ses contemporains tout en ouvrant quelques pistes sur l’avenir. C’est peut-être ce qu’un élu peut faire de mieux. Les Nantais le savent aujourd’hui et lui en sont reconnaissants. Il faut saluer son engagement en faveur de l’Europe car Alain Chenard avait cette conviction ancrée au coeur et il fut un brillant président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe. Il faut également remarquer la façon dont il sut transmettre le flambeau et s’effacer devant une génération plus jeune qui en marchant sur ses traces su magnifier son héritage politique et faire de Nantes une ville phare en matière de transports et de culture. C’est extrêmement rare pour aussi servir d’exemple.

Pour moi, Alain Chénard illustrait ce que les gens de droite disent avec condescendance des gens de gauche qu’ils sont des « généreux. » Alain a toujours eu une générosité communicative. Cette générosité qui semble parfois manquer aujourd’hui et qui est pourtant le témoignage de ce que nous avons de meilleur.

> Pour moi, c’est elle

19 septembre 2008

Martine Aubry conduira une motion au congrès du Parti socialiste. La maire de Lille présentera, samedi 20 septembre, une motion pour le congrès PS de Reims dont elle sera « la première signataire », a annoncé vendredi son bras droit, le député de l’Essonne, François Lamy. Son texte devrait rassembler des partisans de Laurent Fabius et de « DSK ». (AFP)

> Pour mémoire : socialisme & libéralisme

28 mai 2008

Socialisme et libéralisme (tome 1)
René Passet, Laurent Baumel et Guillaume Duval (mars 2004)

Socialisme et libéralisme (tome 2)
Alain Bergounioux, Daniel Cohn Bendit, et les réponses de Monique Canto-Sperber et Jean-Claude Michéa (avril 2004)

Toute publication a sa genèse, son histoire, son parcours. Celle-ci est simple. Le débat sur les relations qu’entretiennent le socialisme et le libéralisme nous paraît déterminant. C’est vrai sur le plan théorique. C’est vrai sur le plan politique. Pourtant, parce qu’il a souvent été instrumentalisé à des fins tactiques, ce débat n’a, dans la période récente, pas été réellement mené sur le fond. Les deux livres qui servent de support à cette Note de la Fondation Jean-Jaurès nous en fournissent l’occasion. Impasse Adam Smith de Jean-Claude Michéa ; Les règles de la liberté de Monique Canto-Sperber : voici deux livres qui n’ont rien à voir tant ils sont différents. Différents par leurs styles : l’un est vif, voire polémique ; l’autre est rigoureux, mais jamais ennuyeux. Différents par leur construction : l’un est un jardin à l’anglaise, on y butine et on y chemine à travers des entrées multiples ; l’autre est un essai à la française, construit, cohérent, démonstratif. Différents, surtout, par leurs thèses : l’un considère que le socialisme s’est depuis un siècle fondu dans le libéralisme et s’en inquiète ; l’autre plaide que le socialisme n’assume pas les idées libérales et le regrette. Voici pourtant deux livres qu’il faut lire et, si l’on a le goût du débat, qu’il faut lire l’un après l’autre. C’est ce qu’ont accepté de faire les auteurs que nous avons sollicités. Il ne s’agit pas ici, vous le verrez, de délivrer une thèse unique. Il s’agit de confronter les regards : c’est pourquoi sont rassemblées des contributions écrites par des auteurs très divers. Il s’agit ausi de nouer un véritable débat : c’est pourquoi nous avons demandé à Monique Canto-Sperber et à Jean-Claude Michéa de réagir aux critiques qui leur étaient adressées.

Gilles Finchelstein
Délégué général de la Fondation Jean-Jaurès
(mars 2004)

> Vote for London, vote Ken on May 1

25 avril 2008

http://www.kenlivingstone.com/
http://www.labour.org.uk/
http://www.youtube.com/

> « Patrons français, soyez fiers de l’être »

5 mars 2008

Michel Rocard

> La descente en ligue 2 fait des victimes

5 juin 2007

jma

Avec la descente de Nantes en ligue 2, le banc de touche se garnit.

La maison du renouveau

27 avril 2007

Dailymotion blogged video
DSK sur Europe 1
Vidéo envoyée par philblet

> Si Rocard avait su… par Robert Chapuis

21 mars 2007

Hier, début de soirée studieuse auprès du bureau de « Sauvons l’Europe – collectif Haute-Garonne ». Une fois la préparation de l’assemblée générale terminée, une discussion libre autour de la présidentielle s’engage. Et là, mon président qui dont nous étions les hôtes nous livre le bouquin de son ancien compagnon Robert Chapuis sur l’histoire du courant rocardien. Ce dernier vient de publier un témoignage sur la deuxième gauche aux éditions de L’Harmattan dans la collection « Des pongs et des roses ». Pour 20 €, on peut en savoir plus si Michel Rocard avait su prendre le pouvoir. Notre camarade en déduit que la gauche en eût été changée. Et il est loin d’avoir tort. Mais tel n’est pas le cas aujourd’hui. Robert Chapuis a été l’un des plus fidèles compagnons de Michel Rocard. « Plus rocardien que Rocard lui-même », il témoigne aujourd’hui de ce que fut l’aventure rocardienne. Un livre de plus sur mon rayonnage politique rubrique rocardisme.

> Adichat, Christophe

19 décembre 2006

Je découvre dans le journal de vendredi dernier la cérémonie pour le départ de Christophe pour Lyon. Il en a de la chance car c’est un bien belle ville et la fédération y semble bien dirigée. J’ai toujours apprécié son point de vue comme son autonomie. Nous nous sommes rencontrés au secrétariat du comité de ville en tentant d’y faire avancer quelques propositions et peut-être une méthode de travail. Notre tentative restera vaine. A la fédération, nous étions des strauss-kahniens et rien n’est facile lorsque l’on choisit de tenir un discours de vérité à un moment où l’incantation bénéficie d’une telle ferveur. Néanmoins, cela forge les tempéraments. Au congrès du Mans, nous avions regretté le mélange des genres. Il ne sera pas de la partie avec les prochaines municipales. C’est dommage. Il passe la main à un autre Christophe connu de la blogosphère toulousaine. Peut-être notre nouveau lyonnais s’y mettra-t-il ? Sait-on jamais !

J’aurais bien aimé boire un coup mais je salue ce départ à travers l’article de la Dépêche.

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Conseil fédéral du 14 décembre 2006

15 décembre 2006

J’ai eu plaisir à représenter mes camarades strauss-kahniens à la tribune du dernier conseil fédéral. En souligant que nous ne mettions aucune condition au rassemblement, en apportant notre différence et en insistant sur le rôle moteur du parti dans la campagne, je crois avoir été le fidèle rapporteur de notre délibération collective.

Cette place m’a en outre fourni l’occasion, en reprennant la proposition de Loïc, de faire voter la motion suivante :

« Le conseil fédéral réunit ce soir demande à la direction nationale de suspendre immédiatement du parti socialiste Georges Frêche en attendant que celui-ci soit traduit devant la commission nationale des conflits qui statuera de son exclusion. Il y a urgence à agir et à faire connaître cette décision auprès de nos concitoyens. »

Dont acte

21 novembre 2006

Message de Nono :

« J’aurais préféré Fafa en deuxième position pour garantir l’ancrage à gauche, mais bon, beaucoup de fabiusiens potentiels ont été ségolistes dès le premier tour pour lui donner l’élan. Dont acte. (…) Allons bon WE (non ça arrivera lundi ! -> donc tu auras repris tes esprits). (…) Va falloir que tu réfléchisses. 2002 : 21 avril, 2005 : 29 mai et là Ségo… Tu manques un peu de vision politique malgré mes avertissements ! ! ! »

Ma réponse :

J’oublie la première partie qui m’a beaucoup amusé et qui en outre trahit le fait que tu ne fréquentes plus aucun partisan de Fabius depuis déjà belle lurette. Mais pour le reste tu oublies un peu vite mon discernement au sujet de nombre d’élections. 1986 (défaite de la gauche), 1988 (victoire de Mitterrand, aux législatives), 1989 (victoire de JMA, de Fabius aux européennes, du oui au referendum de Nouvelle-Calédonie), 1992 (victoire du oui à Maastricht), 1993 (défaite de la gauche, échec de Fabius), 1994 (défaite aux européennes, celle de Rocard), 1997 (victoire de Jospin), 2004 (victoire aux européennes, aux régionales et aux cantonales) et peut-être, mais m’autoriseras-tu, l’essoufflement d’un gouvernement Jospin privé d’Allègre, d’Aubry et de Strauss-Kahn… J’en passe et des meilleurs. Comme pour me méfier de tous ceux qui ne se trompent jamais, j’emprunte à Emmanuel Berl sa formule : « quoique l’angoisse se propage partout, la lucidité semble ne se trouver nulle part ». Aussi une consultation monomaniaque des périodiques m’aurait-elle permis, tout comme toi, de déchiffrer la boule de cristal de l’actualité. Je t’annonce néanmoins qu’une vision politique réduite à l’anticipation des sondages n’est pas ma vocation. La mienne consiste à affronter le renoncement. Si je me réclame depuis longtemps de la social-démocratie, c’est que je crois au projet politique plus qu’au suivisme opportuniste. Le peuple n’a pas toujours raison. Comme beaucoup d’autres exemples, l’extrême popularité de Philippe Pétain auprès des Français de 1940 à 1945 pourrait te rappeler ce fait. Mais je ne crois pas qu’on puisse avoir durablement raison contre le peuple. C’est cela qui fonde ma conviction démocrate. Longtemps, la gauche réformiste a proposé des desseins qui dépassaient l’intérêt égoïste de son électorat pour bâtir la cohésion nationale que la République ne réalisait qu’à très petits pas. Cette vision est toujours la mienne. C’est elle qui fonde ma conviction socialiste. Qu’aurais-tu dit à Jean Jaurès lorsqu’il fut battu aux élections, lorsqu’il défendit l’innocence du capitaine Alfred Dreyfus ou encore lorsque la guerre éclata ? Que le peuple ne le suivait pas et qu’il aurait du se résigner ? Aurais-tu préféré qu’il cesse d’être lui-même ? Heureusement, il fallut attendre le jugement de l’histoire pour lui rendre justice ! Alors ce n’est pas demain que je m’alignerai sur les derniers mots d’ordre d’une gauche qui attend de l’assentiment populaire immédiat l’essentiel de son orientation. Plus qu’une fidélité, mon chemin politique et personnel s’oriente à la lecture d’une boussole que j’ai confectionnée à force de convictions, de lectures, d’études, d’écoute et de rencontres. Regarder la télévision et commenter les sondages n’assouviront jamais mon envie pour les débats qui n’est pas exempt de polémiques. Je confesse mon aversion pour des politiques qui ont toujours voulu coller au plus près de leur électorat au mépris de toute volonté de définition de priorités collectives. Non, je ne serai jamais cette caricature. C’est pourquoi je n’ai pas confiance en la conception de la démocratie participative promue par Ségolène Royal. Je pense qu’elle entretient une confusion aventureuse entre démocratie participative et démocratie directe. Je suis un opposant résolu aux politiques électoralistes et je chercherai continuellement la manière d’adapter le projet social-démocrate à la réalité. Ça n’a rien à voir avec un renoncement au profit de la « doxa libérale » que tu dénonces tant. C’est un pilotage qui se situe à la frontière entre l’éthique de conviction et celle de responsabilité. Maintenant c’est dit Cow-Boy ! Je te propose donc d’attendre l’annonce de mon retournement de veste pour réclamer mon autocritique. Je ne l’échafaude pas pour bientôt mais pour qui croit aux miracles rien d’impossible. Quant à réfléchir, j’y passe le plus clair de mon temps. Souhaites-tu que j’arrête pour apprendre par cœur les slogans concoctés par le prêt à penser de la gauche radicale ? Je ne peux répondre à cette prière car c’est un prodige que je suis incapable de réaliser même avec tes conseils qui, s’ils me sont précieux, ne me m’autorisent pas à me trahir.

Pour te témoigner mon amitié, te remercier pour ta revue de presse et te rendre la pareille, je te propose deux témoignages. Le premier est issu de la réflexion de Nicolas Théry qui s’inquiète du blocage européen auquel tu as participé avec tellement de bonheur. Le second a été rédigé par Pierre Tournemire et énumère les raisons son choix pour DSK. Une préférence dont je suis et serai pour longtemps encore très fier. Je les dois tous deux à un ami qui comme moi partage le même héritage et la même fidélité rocardienne. Tu dirais sans doute la même bêtise mais je la revendique et j’ai la faiblesse de croire que je confesserais ce sacrilège autant qu’il le faudra.

L’unité de l’UE est-elle menacée par le blocage actuel ? par Nicolas Théry, conseiller de la DG Environnement de la Commission européenne, pour l’aspect économique, ancien collaborateur de Pascal Lamy, de Dominique Strauss-Kahn et de Nicole Notat.

Aux membres de la Section de Montrouge par Pierre Tournemire, secrétaire général adjoint de la Ligue de l’enseignement.

Plébiscitée

17 novembre 2006

Une victoire qui se claironne avant et après le rendez-vous avec les urnes, il faut que je le reconnaisse, hier soir, un tsunami a tout emporté sur son passage. Pour ma part, il m’a bien ébranlé. Je souhaite néanmoins qu’il ne perde pas de sa vigueur car la corvée demeure devant nous. En 2007, cela fera 20 ans que je suis militant socialiste, je compte moi aussi sur une victoire.

Mon compagnonnage strauss-kihste ne perd pas de sa vigueur. La campagne que nous avons menée a été surprenante. Une « petite équipe » s’est développée au nez et à la barbe des vieux routards. Avec mes anciens camarades et amis nantais, je pense que l’on s’est dépensé sans compter. Je veux croire que cette élection ne signifie en rien un blanc-seing. Ce parti, riche de sa diversité, est une force que notre candidate doit utiliser à bon escient. Ce serait une différence avec 2002 et un nouveau gage de réussite.

> Rebsamen = maréchal soviétique

16 novembre 2006

On a toujours besoin d’un héros de la calculette. Mais là, ça dépasse les bornes. J’espère que ses dires seront corrigés rapidement.

> Dieu que la Corrèze est liquide…

15 novembre 2006

Le titre, je l’emprunte à Jean-Louis Murat pour un département qui va aussi bien à François Hollande qu’à sa compagne, à Jacques Chirac comme à tous ses caudataires.

Le reste de Libération et plus particulièrement d’André Grjebine, économiste.

Pas de projets développés et crédibles, des mesures disparates, des inspirations contradictoires… Cela ne vous rappelle rien ?

Ségolène Royal : un Chirac en jupon ?

La gauche française a rarement su proposer un programme cohérent de réformes parce que son premier objectif a généralement été moins de répondre aux problèmes concrets qui se posaient au pays, que de satisfaire aux exigences d’une langue de bois d’inspiration marxisante, sinon révolutionnaire, que lui imposait l’existence d’un parti communiste puissant. D’où son impréparation chronique les rares fois qu’elle a accédé au pouvoir.

Là se trouve sans doute la principale raison de notre faiblesse en matière de concertation sociale et nos difficultés d’adaptation. Pendant ce temps, les sociaux-démocrates allemands ou scandinaves, débarrassés depuis longtemps des postulats marxistes, maintenus dans le concret et aiguillonnés par des syndicats forts, sont parvenus à mener des politiques réformistes résolues. On aurait pu espérer que l’effondrement du Parti Communiste permette aux socialistes français de se mettre à leur diapason. Malheureusement, après des décennies d’accoutumance, la bien-pensance de gauche était suffisamment ancrée dans les esprits pour qu’il ne soit guère envisageable de s’en débarrasser du jour au lendemain.

Le relais du PC a été pris par des petits partis trotskistes et par les alter mondialistes, qui n’aspirent pas à gouverner, mais dont l’addition représente une masse critique suffisante pour interdire à un candidat socialiste de tourner le dos à leur discours manichéen.

Comment expliquer autrement que les socialistes aient pu ignorer de manière si ostentatoire et si durable le lancinant problème de l’insécurité ? Au fil du temps, le décalage entre les réformes nécessaires pour faire face aux problèmes réels et cette langue de bois a sans doute été perçu, même parmi de nombreux sympathisants et militants de gauche. Dominique Strauss-Kahn s’est présenté comme le candidat capable d’ancrer enfin la gauche dans la sociale-démocratie. Mais il a affiché son réformisme de manière en quelque sorte réformiste, c’est-à-dire en insistant sur son attachement au dialogue social, plutôt que par des déclarations tonitruantes.

C’est au contraire en multipliant les gestes de rupture, en se présentant comme la candidate qui s’oppose aux « pesanteurs », en affirmant qu’ « Il y a un côté insoumission chez mes partisans » (Le Journal du Dimanche, 11/11/2006) que Ségolène Royal a acquis l’audience qui est la sienne aujourd’hui. A la manière des opérations commando, Mme Royal lance des bombes, formule des propositions provocantes, avant de se retrancher rapidement derrière le projet socialiste, voire le «peuple français ». Ainsi, dans sa fameuse réponse quant à sa position sur l’adhésion de la Turquie.Dans cette stratégie, la question de l’applicabilité et de la cohérence des mesures proposées ne se pose pas. La plupart d’entre elles paraissent étonnamment peu élaborées et mal argumentées.

C’est que, pour Ségolène Royal, ces mesures n’ont pas de consistance en tant que telles. Elles visent à donner l’impression d’une offensive tous azimuts contre le politiquement correct, sans craindre d’aborder les thèmes qui fâchent, quitte parfois à mettre dans l’embarras ses propres conseillers. Ces coups occupent l’espace médiatique et lui permettent de marquer sa différence, sans qu’elle ait à se démarquer du projet socialiste, ce à quoi elle serait contrainte si ses micro-propositions s’articulaient dans une vision cohérente et globale. Mais surtout cette stratégie lui sert en quelque sorte de parapluie, masquant son absence de projet de société et la préservant des interrogations inopportunes sur la manière dont elle compte appliquer les grandes orientations économiques, sociales ou internationales du projet socialiste.

Ses admirations successives et contradictoires pour Tony Blair, José-Luis Zapatero, le modèle suèdois, sans parler de Michelle Bachelet au Chili participent de la même stratégie de fractionnement. C’est pourquoi elle paraît toujours considérer les questions que lui posent ceux qui voudraient en savoir davantage comme des attaques mesquines, sinon des coups bas dictés par la misogynie. D’où sa colère quand des journalistes américains, ignorant des règles du savoir-vivre qu’elle a établies, osent lui demander ce qu’elle aurait fait au Liban. Aux militants socialistes qui s’inquiètent de ce qu’elle fera une fois élue, ses représentants répondent incessamment que le seul problème est de battre M.Sarkozy érigé en épouvantail pour l’occasion.

En fait, ce n’est pas seulement le président de l’UMP qui attire les foudres de Mme Royal, mais toute la classe politique qui paraît avoir démérité à ses yeux. Elle reproche ainsi à ses concurrents d’ « avoir peur du peuple », propose de soumettre les élus à une « surveillance populaire » confiée à des « jurys de citoyens » tirés au sort, explique que « Les Français sont les meilleurs experts ».

Il est vrai que cette méfiance à l’égard de la classe politique s’inscrit dans une longue tradition française qui remonte à l’opposition du pays légal et du pays réel chère à Maurras. En la matière, elle ne craint pas la contradiction puisque tout en prônant la « démocratie participative », elle refuse de débattre avec les jeunes militants un jour, menace de boycotter les débats télévisés un autre jour, exige que ceux-ci soient rigoureusement corsetés et les questions connues d’avance, obtient le chronométrage non seulement des temps de parole de chaque candidat, mais même des temps d’applaudissements lors du dernier meeting de Toulouse, etc.

Supposons que Ségolène Royal parvienne à s’imposer comme la candidate du PS, puis à vaincre M.Sarkozy. Quand trouvera-t-elle le temps et les moyens de se transformer en un Chef d’Etat novateur ? Il est probable qu’après une campagne électorale privilégiant aussi exclusivement les coups médiatiques, les grenades vont être rangées au magasin des accessoires inutiles.

Faute de projets développés et crédibles, c’est le politiquement correct qui reviendra alors en force, à moins qu’elle ne se laisse ballotter au gré des modes politiques. Les mesures disparates qu’elle disperse au gré des réunions ne préparent-elles pas Mme Royal à devenir un nouveau Chirac, fût-ce avec une étiquette socialiste et une figure féminine ?

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