> Citoyens de Sarajevo, citoyens d’Europe

Citoyens de Sarajevo, citoyens d’Europe

Sur la colline enneigée de Bistrik, le vieux cimetière Alifakovac photographié par Philippe Quéré.

Citoyens de Sarajevo, citoyens d’Europe

Pendant le festival des Allumées, notre café citoyen. Il a offert le cadre à de nombreuses projections de films et à des débats portant sur la sensibilisation et l’information de la situation bosniaque.

Citoyens de Sarajevo, citoyens d’Europe

Notre festival « Rock around Sarajevo ». La première édition fut une grande réussite avec la participation des groupes Bunny Ray, In The Air, Tom Saga et FRV100.

Chronique d’une association nantaise qui s’était associée à la résistance bosniaque

Décembre 1991

Une rencontre dans les principales capitales des républiques de la Fédération yougoslave est organisée par l’Assemblée européenne des citoyens – section de Montpellier. Une nantaise, Geneviève Letourneux y participe. C’est déjà la guerre entre la Serbie et la Croatie. La Slovénie a acquis son autonomie. La Bosnie-Herzégovine concentre tous les appétits. Alors que sa population s’apprête à son tour à réclamer son indépendance, elle ne veut pas provoquer un nouvel embrasement. C’est dans cette république que les mouvements pacifiques sont les plus importants.

Bibliothèque nationale

Jeune bosniaque

La poste centrale

Décembre 1992 : premier convoi à Sarajevo par la côte Dalmate avec l’Assemblée européenne des citoyens de Montpellier.

Le choix de vivre ensemble, le soutien aux citoyens dont nous sommes solidaires, la reconnaissance des démocrates, le choix européen de la paix, au-delà des différences, voilà ce qui guide notre engagement. Voilà pourquoi nous sommes partis du 25 décembre 1992 au 8 janvier 1993, à Sarajevo. Ce convoi était organisé par l’Assemblée Européenne de Citoyens, mouvement créé en 1990 par Vaclav Havel, à Prague.

Pour avoir passé trois jours dans la capitale de Bosnie-Herzégovine avec la population bosniaque et sa diversité, l’atterrissage en France ne peut se faire sans malaise.

Comment accepter notre engagement chez nous pour l’intégration des populations immigrées, pour la construction européenne et le dépassement des nationalités, pour une politique plus généreuse et un droit international plus juste sans voir que l’absence de réaction de nos sociétés face au drame bosniaque remet tout cela en cause.

Huit à dix morts et 20 à 30 blessés par jours. 80% des victimes sont civiles et touchées dans leurs trajets quotidiens. Le terrorisme dont les habitants sont victimes ne leur fait perdre en rien la dignité qui a toujours été la leur.

Courage et dignité sont les mots que nous découvrions lors de visites d’expositions culturelles, lors de rencontres entre simples citoyens. Une phrase résume assez bien ce que nous avons compris de l’intérêt de notre convoi. Un jeune homme nous a dit, le jour de notre départ pour la France : ‘Derrière les cartons de l’aide humanitaire vous étiez là pour les distribuer et pour partager à la fois nos instants de peine et de joie.’

Notre camion

Makarska

English warriors

Juillet 1993 : rencontre internationale des jeunes socialistes à Porto (IUSY).

Octobre 1993 : deuxième convoi.

En octobre 1993, lors de notre deuxième séjour à Sarajevo, le moral de la population semblait bien atteint. Déjà, pour la plupart la violence de l’agression les avait surpris, il y a aujourd’hui le sentiment de fatalité. En effet, 18 mois de siège ont tué toute illusion. Toujours aussi forts des principes qu’ils défendent, les habitants de Sarajevo n’attendent plus rien de l’étranger. D’autre part, l’afflux de réfugiés en provenance de l’est et de la Bosnie centrale de tradition plus rurale les ont en partie dépossédés de leur ville.

Néanmoins, Sarajevo résonne encore de ses activités intellectuelles. Nous avons en une seule journée participé au vernissage d’une exposition photo d’Anny Leibowitz, à la première de l’orchestre reconstitué de Sarajevo sous la direction de Hugues Reiner et à l’exposition des originaux d’une bande dessinée au siège du club ASIS. Cela montre combien la culture tient une place centrale dans le moral des populations qui souffrent du siège. Ici plus qu’ailleurs, la culture est comprise comme partie intégrante de la personnalité humaine. C’est une invention d’une barbarie toute moderne que de croire que des gens ne vivent que d’assistance en nourriture et en médicaments ! Il n’y a qu’à voir comment nous vivons nous-même et imaginer ce qui peut arriver à ceux qui vivent les mêmes envies et souffrent des privations de la guerre.

Hugues Reiner

Atterrissage

Enfants

Novembre 1993 : organisation de la venue d’Ibrahim Spahic à Nantes et Saint-Nazaire.

Personnalité phare de Sarajevo, Ibrahim Spahic nous a accueilli à chacun de nos passages à Sarajevo. Président du festival d’hiver, il organise depuis les jeux olympiques d’hiver de 1984 une manifestation culturelle où le théâtre, la musique, la danse, la peinture, le cinéma sont à l’honneur.

1993 a été l’année où nous nous sommes engagés dans campagne pour que Sarajevo soit capitale culturelle de l’Europe. C’est dans ce cadre qu’à Saint-Nazaire, à l’initiative d’associations culturelles, nous avons fêté le début du Festival d’Hiver 1993. Dans cette continuité, nous avions organisé la venue d’Ibrahim Spahic les 9 et 10 novembre 1993 dans le cadre de sa tournée des capitales européennes.

À Nantes, il a rencontré l’ensemble des associations et des élus sensibilisés au sujet du conflit en ex-Yougoslavie. Toujours à notre initiative, il a visité le musée des beaux-arts et rencontré le conservateur pour évoquer la possibilité de mettre en place un « corridor culturel ». À Saint-Nazaire, Joël Batteux, maire, et Marie-Odile Bouillé, adjoint à la culture, lui ont présenté leur politique culturelle, leurs équipements comme la galerie des Franciscains et lui ont témoigné leur soutien.

Cependant, Ibrahim Spahic est un homme-orchestre et il a également déployé toute son énergie à défendre la cause bosniaque.

Animateur du Centre International pour la Paix, Ibrahim Spahic mène une campagne pour qu’un véritable tribunal international statue sur les crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis depuis le début du conflit.

Fondateur du Parti Démocratique des Citoyens, il inspire une opposition politique face à la position hégémonique du parti d’Alija Izetbegovic. La Bosnie-Herzégovine est un Etat qui préserve le pluralisme malgré les conditions imposées par le siège de la capitale. Autre objectif du combat politique d’Ibrahim Spahic, la création d’un conseil représentatif des institutions Serbes en République de Bosnie-Herzégovine. Nicolas Kovac, Nouvel ambassadeur de Bosnie Herzégovine en France, ancien Ministre de la culture et membre de la communauté Serbe est, entre autres, responsable de cet édifice politique et social.

Ibrahim Spahić

Ibrahim Spahić, président du centre international pour la paix, adjoint à la culture de Sarajevo, animateur du comité « Sarajavo capitale culturelle de l’Europe, président du Parti Démocratique Civique de Bosnie-Herzégovine (Građanske demokratske stranke BiH), vice-président de la commission des affaires internationales et étrangères de l’assemblée de Bosnie-Herzégovine.

Nicolas Kovač

Nicolas Kovač, ministre de la culture puis ambassadeur de Bosnie-Herzégovine en France.

Ejup Ganić

Ejup Ganić, vice-président de la Bosnie-Herzégovine représentant la sensibilité yougoslave de tous ceux qui ne se sentaient ni Bosniaque, ni Serbe, ni Croate.

Muhamed Kreševljaković, maire de Sarajevo

Muhamed Kreševljaković, maire de Sarajevo.

Manquent dans cette série de photos, Kemal Muftić, conseiller d’Alija Izetbegović et le Professeur Muhamed Nezirović qui nous ont également beaucoup marqué.

Juillet 1994 : troisième convoi.

L’association, après neuf mois de travail, pouvait enfin, en juillet 1994, envisager sérieusement la perspective du troisième convoi. C’est ainsi que dans la première quinzaine de ce mois, le convoi fut prêt à partir. Six membres de l’association prirent la route à destination de Sarajevo, où il leur fallait acheminer trois tonnes de nourriture, vêtements, matériels pédagogiques, produits hygiéniques.

Sur place, retrouvant les différentes personnes que nous connaissons et avec lesquelles nous travaillons, la nourriture fut distribuée d’une part à la cantine d’une école primaire du quartier d’Alipašino Polje, et d’autre part sous forme de colis familiaux par l’association Asis club, avec laquelle nous avons beaucoup travaillé lors de ce séjour. Le matériel pédagogique fut quant à lui distribué aux élèves de deux écoles primaires.

Logés chez les différentes personnes que nous connaissons à Sarajevo, les membres du convoi revinrent avec une réelle connaissance du quotidien de cette ville assiégée depuis plus de mille jours maintenant. Et une nouvelle fois, promesse fut faite de revenir un jour à Sarajevo, et d’ici là, de continuer à témoigner de la souffrance, de l’injustice endurée par nos amis bosniaques, et de la barbarie qui hurle au cœur de l’Europe.

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Distribution

Distribution

Février 1995 : accueil d’Adnan Karabegovic.

Le lundi 6 février 1995, nous accueillions Adnan Karabegovic, le président du club Unesco Sarajevo, à Nantes. Une journée qui se répartit entre deux interventions auprès de lycéens, des rencontres avec des élus locaux, des responsables de l’Université et une rencontre des membres de l’association.

Le lendemain, à l’occasion du millième jour de siège de Sarajevo, avait lieu une manifestation à laquelle nous priment part avec Adnan Karabegovic qui par la suite a achevé son périple européen.

Décembre 1995 : quatrième convoi.

L’année 1995 fut essentiellement occupée à la préparation du quatrième convoi, et cela dans des conditions assez difficiles. Il s’avère en cette période que toutes les associations travaillant pour la Bosnie-Herzégovine doivent affronter un problème de mobilisation et de financement. Aussi est-ce un convoi en commun avec d’autres associations que nous allons réaliser. Nous travaillerons pour l’occasion avec Etudiants Pour Sarajevo, et France Libertés (avec qui nous travaillons déjà).

A ces difficultés dues à la situation des associations, viendrons s’ajouter les difficultés sur le terrain, qui retarderont de plus d’un mois le départ du convoi.

Mais comme d’habitude, tout notre matériel arrivera à bon port, et les animations prévues auront bien lieu à Sarajevo ; le matériel pour l’école Čengic vila 1, tout comme les spectacles pour les enfants du clown Piccolo. Tout cela grâce à une subvention que nous avions obtenue de la part de Solidarité Laïque.

Février 1999 : rencontres avec les forces politiques Sarajevo et Tuzla.

Nous avons eu le temps d’échanger avec Selim Bešlagić et l’Union des sociaux-démocrates de Bosnie-Herzégovine et ses principaux responsables à Tuzla. A Sarajevo, nous avons rencontré Karlo Filipović et un responsable du parti social-démocrate. Par l’entremise du centre André Malraux et d’Ibrahim Spahić, nous avons eu la chance de rencontrer la plupart des interlocuteurs français présents sur la place sarajévienne : une antenne de la mission locale de Strasbourg et la Chambre de commerce Franco Bosnienne.

Grégory Carrier et Zoran Blagojevic

Grégory carrier, MJS et Zoran Blagojević, le président du mouvement de jeunes du parti social démocrate de Bosnie-Herzégovine.

Emilie Sarrazin, Jean Arroucau, Benoît Logre et Jean-Paul Huchon

Emilie Sarrazin, Jean Arroucau, Benoît Logre et Jean-Paul Huchon à l’aéroport de Sarajevo.

Karlo Filipović et Dragan Ivanović

Rencontre du groupe de Nantes avec Karlo Filipović, secrétaire général du SDP et Dragan Ivanović, secrétaire aux affaires internationales.

Selim Bešlagić

Rencontre avec Selim Bešlagić, préseident du parti social-démocrate de Bosnie-Herzégovine.

Juillet 2000 : rencontre internationale des jeunes socialistes à Malmö (IUSY).

Rencontre avec Sanja Bogicevic de l’Union sociale-démocrate de Bosnie, avec des responsables de « Studient union of Serbia », du Parti social-démocrate de Bosnie et la Ligue sociale-démocrate de Voïvodine.

Novembre 2000 : visite de Belgrade libérée de Milosevic, rencontre avec la société civile et les forces politiques.

Rencontre avec Zdravko Jankovic, Tamara, Sanja Bogicevic, Ivo Viskovic de l’Union sociale-démocrate, avec Alexandar S. Jovanovic de la Ligue sociale-démocrate de Voïvodine, avec Simeon Pobulic, Jelena Milenkovic et Goran Bjelica du Parti social-démocrate de Serbie, avec Damir Hrustanovic de l’Alliance Civique, avec Sonja Biserko du Comité Helsinki, avec Miljenko Dereta d’Initiative civique, de Natasa Pantic et Boris Milicevic de Free Serbia, avec Aleksandar Lazic de l’Union des étudiants de Serbie et également des responsables de l’Union des étudiants en économie, du Parti démocratique et du Parti démocratique de Serbie.

Gordana Petrović

Gordana Petrović, élue Socijaldemokratija de la municipalité de Belgrade.

Slobodan Lalović

Slobodan Lalović, SDU.

Miljenko Dereta

Miljenko Dereta, Initiative civique.

Sonja Biserko

Sonja Biserko, comité Helsinki.

Milorad Perović

Milorad Perović, parti démocratique des Serbes (Демократска странка Србије).

Ivo Visković

Ivo Visković, professeur et membre du SDU.

Zlatko Sekulović

Zlatko Sekulović, membre du SDU.

Free Serbia

Nataša Pantić, Free Serbia.

Aleksandar Lazić

Aleksandar Lazić, Student Union of Serbia.

Jovanović

Aleksandar Jovanović, Liga Socijaldemokrata Vojvodine.

Simeon Pobulic

Simeon Pobulic, parti social-démocrate.

Damir Hrustanović

Damir Hrustanović, Aliance civique de Serbie.

Les murs de Belgrade

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Affiches à l’effigie de Slobodan Milošević. On peut lire les quatre prmières lettres du prénom du dictateur en alphabet cyrillique serbe (Слободан Милошевић).

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A l’intérieur du parc Kalémegdan (Калемегдан), des tags hornent le Monument de la Reconnaissance à la France érigé en souvenir d’un compagnonage d’armes de 14-18.

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Face au Parlement, une affiche du mouvement Otpor, (Отпор en alphabet cyrillique serbe et Résistance en Français), organisation politique responsable de la chute du régime de Slobodan Milošević.

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Notre séjour à Belgrade fut aussi une découverte de la qualité de l’accueil de nos hôtes serbes. Comme il est de coutume dans les Balkans, la gastronomie et l’alcool de prunes (šljivovica ou шљивовица) aident à la compréhension. Ors, il n’est pas de meilleur endroit pour découvrir les produits régionaux que le restaurant Tri Šešira (Три шешира = Trois chapeaux) niché au coeur de l’envoûtant quartier de Skadarlija (Скадарлија), sorte de « Montmartre belgradois ».

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Souvenirs, souvenirs…

… kaléïdoscope !

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… notre logo !

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