> Ljubljana, ville méditerranéenne d’Europe

Lundi 1 mars 2010


Depuis le 1er mai 2004, la Slovénie fait partie de l’Union européenne et en a assuré la présidence du Conseil au cours du premier semestre 2008. Ce petit pays, point de rencontre de nombreux courants culturels, reste encore largement méconnu. Pour permettre aux Toulousains de découvrir le patrimoine culturel d’un pays membre de l’Europe nouvellement intégré et montrer sa contribution au patrimoine européen,  l’association Faisons l’Europe et l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Toulouse invitent, en présence de Son Excellence, Monsieur Janez Šumrada, ambassadeur de Slovénie, Monsieur Peter Krečič, directeur du Musée de l’architecture de Ljubljana, pour animer la rencontre :

« Ljubljana, ville méditerranéenne d’Europe »
Jeudi 18 mars 2010 à 18h00
École nationale supérieure d’architecture de Toulouse
Salle 2 – 83, rue Aristide Maillol
Métro : Ligne A – Arrêt : Université Toulouse le Mirail
Entrée libre


Cette rencontre s’adresse à tout public curieux d’architecture et d’urbanisme. Elle sera suivie à 19h30 du vernissage de l’exposition consacrée à un aspect de l’œuvre de l’architecte et urbaniste, Jože Plečnik qui, au début du XXème siècle, a transformé la capitale slovène avec notamment l’aménagement du cimetière de Ljubljana, inscrit au label du patrimoine européen. Accueillie par l’École nationale supérieure d’architecture de Toulouse, cette exposition se tiendra dans son hall d’entrée du 18 mars au 9 avril 2010.

Tout renseignement complémentaire :
http://fle31.wordpress.com/
http://www.toulouse.archi.fr/

À diffuser : affiche de l’exposition (format PDF).


> Is the PS on the way to recovery?

Vendredi 12 février 2010

> Musée Dobrée 2015

Samedi 6 février 2010

Entre le manoir du Duc Jean V, le palais néo-roman de Thomas Dobrée et les parties modernes du musée, l’ensemble n’a jamais manqué de charme. Aussi souvent que mes séjours dans la cité ducale me le permettent, j’aime faire un tour dans les jardins et flâner dans les salles d’exposition du musée Dobrée. Il représente à la fois l’ouverture de Nantes sur le monde, au travers de ses collections et l’histoire d’une famille d’armateurs et l’enracinement de la ville dans l’histoire de la Bretagne avec notamment le reliquaire du cœur de la duchesse Anne.

Le projet de Dominique Perrault (1) s’inscrit dans un large continuité puisqu’il veut faire « avec l’existant ». C’est intéressant d’entendre un architecte qui travaille dans le respect de ses prédécesseurs. « Nous avons imaginé un jardin poétique et magique dont la pièce centrale est une surface vitrée, miroitant comme de l’eau et reflétant les architectures des bâtiments du musée ». Vue de l’intérieur, les visiteurs auront une vue de type cinématographique en contre-plongée vers l’architecture historique. Cette extansion permettra de contempler l’inscription bretonne « Ann dianaf a rog ac’hanoun » (l’inconnu me dévore) qui orne la tour de la haut de laquelle une plate-forme permettra d’observer l’estuaire de la Loire à l’occasion de la biennale et qui sait, un jour, un pont transbordeur revisité.

(1) Dominique Perrault, architecte de 57 ans mondialement reconnu a déjà à son actif plusieurs œuvres dans la région nantaise : logements «Les Caps Horniers» à Rezé-lès-Nantes (1983-1986) et usine APLIX au Cellier-sur-Loire (1997-1999).


> Nous vieillissons tous…

Mercredi 27 janvier 2010

Source : FRAP


> « Repensons la notion d’appartenance »

Lundi 25 janvier 2010

Propos recueillis par Jean-Michel Djian, pour le revue les Idées en mouvement de la Ligue de l’enseignement.

Les Idées en mouvement : Vous dites que « l’école est le lieu d’une bienheureuse abstraction : on est hors d’atteinte de ce qui, à l’extérieur, est menaçant et douloureux ». Pensez-vous qu’une telle conception soit toujours valable ?

Mona Ozouf : L’école de mon enfance était en effet le lieu de l’abstraction : abstraction des particularités familiales, sociales, régionales. On n’y parlait jamais de ce qui caractérisait les êtres, et seul le mérite était habilité à introduire de l’inégalité entre les élèves.

À l’époque elle me paraissait « bienheureuse », parce que ce monde ordonné et fixe, où il suffisait de connaître les codes pour se mouvoir avec aisance, était profondément rassurant. Du reste, les instituteurs eux-mêmes considéraient le lieu scolaire comme un espace protégé de la vie ordinaire (c’est cette conviction qui fit durablement obstacle à la grève chez les enseignants, préoccupés de ne pas renvoyer les enfants à la rue) et de la brutalité des sanctions dans le monde réel. Le philosophe Alain y discernait le vrai mérite de l’école : « Au tableau noir, disait-il, les fausses additions ne ruinent personne. »

Cette clôture de l’école a vécu. Le monde extérieur, naguère tenu à la porte, a pénétré agressivement l’espace scolaire et le concurrence victorieusement. Il suffit de songer que le savoir, ou ce qu’ils tiennent pour tel, arrive aux élèves par d’autres canaux que l’école et sous le couvert d’autres autorités que celle de l’instituteur, autrefois seul avec le curé à en détenir les clés dans une France toute rurale.

Dans quelles conditions l’école d’aujourd’hui peut-elle encore répondre aux exigences d’une République qui fait de la liberté, l’égalité et la fraternité sa devise nationale ?

Accéder à la liberté en se dégageant des appartenances, c’est en effet ce qu’exige peu ou prou tout enseignement. Apprendre, c’est toujours se déprendre et se décentrer, et cet apprentissage critique conserve toute sa valeur éducative.

Mais l’école d’hier poussait à l’extrême cette conviction : elle se préoccupait peu de savoir d’où venaient les enfants qu’elle accueillait, refusait de les définir par leur arrière-plan familial, social ou ethnique, et les dépossédait en toute bonne conscience. Aujourd’hui, la présence massive dans les classes des enfants d’immigrés oblige à plus de nuances. D’une part, il est irréaliste de croire qu’il est possible d’enseigner sans prendre appui sur les attachements individuels et les appartenances collectives. D’autre part, il nous faut repenser la notion d’appartenance, aujourd’hui trop étroitement assimilée à un emprisonnement. En réalité, l’appartenance est à la fois l’envers et le socle de la liberté. L’envers, parce qu’elle peut en effet signifier la claustration dans une situation particulière. Le socle, parce que c’est seulement au sein de cette situation particulière que l’individu peut acquérir la capacité de penser et d’agir par lui-même.

C’est pourquoi on peut défendre le principe d’un enseignement pour tous, qui prépare à la citoyenneté politique et sociale, mais qui le complète par l’enseignement d’une histoire et d’une tradition particulières : on articulerait ainsi la culture commune et la fidélité singulière. On peut tenir bon sur l’idée régulatrice de l’universel en faisant sa place à une histoire communautaire, échelon intermédiaire entre l’individu et la volonté universaliste de l’État.

Pourquoi la France a-t-elle « peur de la pluralité » ? Quelles sont les racines de ce mal alors que la patrie des Droits de l’homme prône partout la diversité culturelle et le dialogue des cultures ?

La méfiance envers la pluralité est une vieille affaire en France. Montesquieu, dans L’Esprit des lois, remarque déjà que le plus difficile pour les Français – et c’est pourtant à ses yeux le plus important – consiste à démêler les situations où il faut légiférer pour tous et celles qui exigent un traitement particulier. La pente des Français est de privilégier la loi uniforme pour tous. Probablement parce que la France est une vieille terre de divisions et de conflits, entre Francs et Gaulois, Armagnacs et Bourguignons, Girondins et Montagnards, Versaillais et Communards, elle a eu, davantage qu’un autre pays, le besoin d’affirmer, jusqu’à l’obsession, son unité et son indivisibilité. Dans cette quête de l’unanimité, la Révolution a joué son rôle. Car les hommes de la Révolution, en décapitant leur roi, ont renoncé au plus puissant et au plus charnel des symboles de l’unité nationale. Il leur a donc fallu, pour équilibrer et compenser cette perte, forger une République dotée d’une unité et d’une indivisibilité aussi formidables.

Quand vous dites que cette patrie des Droits de l’homme prône partout la diversité culturelle, vous avez raison. Mais justement : elle se contente souvent de la « prôner ». Voyez Sarkozy : le candidat à la présidentielle consacre un discours exalté aux diversités culturelles et linguistiques, mais dans le même discours, abandonnant tout à coup sa rhétorique, il annonce qu’il ne signera pas la charte européenne des langues minoritaires, sans même paraître apercevoir la contradiction.

Quand vous faites remarquer que bientôt « il faudra présenter sa carte identitaire au lieu de la carte d’identité », ne pensez-vous pas que, dans les faits, c’est déjà le cas ? Sommes-nous, vu sous cet angle, dans une sorte de régression républicaine ? Dans l’affirmative, pourquoi ?

Attention ! Ce n’est pas moi qui dis qu’il faudra bientôt présenter sa carte identitaire en lieu et place de sa carte d’identité. Je mets ce propos dans la bouche de ceux qui pourfendent un communautarisme criminel et annoncent à grands cris une régression républicaine.

Je ne reprends nullement ce propos à mon compte, et ce pour plusieurs raisons. D’abord je ne crois pas que la France soit menacée d’éclatement ou de balkanisation. Ensuite, le sentiment d’appartenance n’est pas nécessairement, comme on veut nous le faire croire, un choix agressivement antirépublicain. C’est souvent le simple sentiment de défense de ceux qui ne se sentent pas acceptés, que leurs conditions de vie renvoient au ghetto et qui sont souvent rudement ramenés au sentiment identitaire par le regard d’autrui : on demande au travailleur immigré de se faire invisible, de se comporter en individu déconnecté de son appartenance, mais dans la pratique sociale, en lui refusant travail ou logement, on l’y renvoie sans aménité.
S’il y a aujourd’hui régression républicaine, elle me paraît due à deux facteurs essentiels. Ce qui naguère avait vertu intégratrice, c’était le travail, et quand il n’y a plus de travail pour tous, l’impératif de « travailler plus » devient une imposture. Par ailleurs, autre élément puissant d’intégration, il y avait la conviction largement partagée que la vie des enfants serait moins rude et plus heureuse que celle des parents. Ce qui peut aujourd’hui assurer l’intégration républicaine, ce n’est pas de chanter la Marseillaise une fois l’an, mais de retrouver ces deux talismans disparus.

Pensez-vous que le projet républicain peut encore se nourrir des tensions qui l’ont historiquement caractérisé (comme la langue, la laïcité, les appartenances régionales) ? Si oui dans quelles conditions et avec qui ?

Il n’est pas facile de répondre à cette question, qui mêle des éléments très différents, les uns particuliers, les autres universels. Le « projet républicain » ignorait les tensions plus qu’il ne s’en nourrissait. Pour m’en tenir à la laïcité, l’école républicaine ignorait superbement et ignore toujours l’histoire des religions et laisse les élèves tout à fait démunis devant des pans entiers de la littérature et de l’art. Trop souvent aussi la laïcité est interprétée en termes de pure neutralité. Jaurès disait déjà que le respect des croyances enfantines ne devait pas aboutir à une laïcité frileuse qui s’interdirait de poser la moindre question dans la peur de blesser une conscience. L’esprit de la laïcité, pour lui, est de tout poser en termes de problèmes. Il s’agit du même coup non seulement d’ouvrir à la confrontation des opinions un espace neutre et se retirer du débat en s’en lavant les mains, mais de favoriser sur tout sujet la confrontation et la problématisation.

Pour « grandir et se rénover », le projet républicain a surtout besoin de se redéfinir lui-même. Trop souvent ses partisans le définissent de manière purement défensive, en l’opposant au fédéralisme européen, au libéralisme, au communautarisme. Trop souvent ils jugent que la République et la patrie sont menacées dès qu’on accepte que les appartenances soient rendues visibles, revendiquées et honorées. Les Américains, qui pratiquent cette reconnaissance, sont-ils moins patriotes que nous ?

Retrouvez les Idées en mouvement sur www.iem-laligue.org/


> Identelezh vroadel

Jeudi 14 janvier 2010

Identité nationale se dit « identelezh vroadel » en breton. Après cela, qui pourra dire que les Bretons manquent d’humour ?

http://www.lesgrosjean.com/


> Philippe Séguin par Jean Baubérot

Vendredi 8 janvier 2010

De Martine Aubry aux diverses personnalités de l’UMP, en passant par les commentateurs médiatiques, tous saluent le « grand Républicain », l’homme qui aimait passionnément la République, etc… sans dire que Philippe Séguin était, tout autant, passionné par le bonapartisme et qu’il avait consacré un livre plutôt louangeur à Napoléon III.

Certes, sous le Second Empire, la France s’est modernisée, le droit de grève a été reconnu (significativement 20 ans avant le droit de se syndiquer, alors que c’est l’inverse dans les autres pays démocratiques : dans la France du « citoyen abstrait », le droit au conflit, à l’affrontement passe avant le droit de s’organiser pour discuter, négocier et trouver des compromis !). Mais le bonapartisme est un césarisme, un régime fort peu démocratique.

Or beaucoup d’institutions dites « républicaines » ont été, en fait, instaurées ou façonnées par le Bonapartisme. L’attirance de Philippe Séguin pour Napoléon III est bien dans la logique de la conception d’une République « exception française. » Car c’est souvent dans ses aspects peu démocratiques que la République française se veut une exception.

Au lieu de faire de la mort de Philippe Séguin une occasion de célébrer de façon acritique et quasi religieuse la République, nous ferions bien d’être un peu plus rationnel : de rendre (certes) hommage à l’homme, y compris à ses « défauts » (le propos de Sarko est, là, juste : des défauts, mais rien de médiocre) et de réfléchir : cet amour partagé de la république et du bonapartisme était explicite chez Philippe Séguin, il est implicite chez beaucoup d’autres qui se veulent « républicains » et qui le sont de façon autoritaire.

Jean Baubérot
http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/


> Résistance et conscience bretonne

Mercredi 30 décembre 2009

Préface de Mona Ozouf (1) au livre de Jean-Jacques Monnier « Résistance et conscience bretonne, 1940-1945, l’hermine contre la croix gammée », éd. Yoran Embanner, Fouesnant, 416 p, 20 €.

D’entrée de jeu, le livre de Jean-Jacques Monnier réclame de son lecteur un double et acrobatique effort : oublier, se souvenir. Oublier, car il faut chasser de son esprit les associations d’idées quasi-mécaniques qui ont lié le mouvement breton, pour son long malheur, au collaborationnisme. Se souvenir, car il lui faut retrouver l’atmosphère politique de l’entre-deux-guerres, fertile en factions, en fractions, en renégats, en convertis. L’époque a vu les intellectuels, et bien sûr pas seulement en Bretagne, aller et venir de pacifisme et patriotisme, d’anarchisme en bolchévisme, de socialisme, et fascisme, entrer et sortir des partis politiques, changer de saints patrons, troquer Maurras pour Lénine, renier les amis de la veille, s’apprêter à embrasser ceux du lendemain, hier encore ennemis ; se rallier, se déprendre, se raviser parois, se tourmenter toujours, parcourir toutes les variétés ressassantes des retours sur soi : regrets, remords, repentirs, ressentiments, réécritures en tous genres. Force est alors, si le lecteur veut bien, comme Jean-Jacques Monnier l’y invite, de garder à l’esprit ce paysage chaotique d’idées, d’images et de croyances, abandonner la posture arrogante de celui qui, juché sur les certitudes de l’heure, ne nourrit aucun doute sur l’attitude qu’il aurait eue lui-même : il est facile quand la messe est dite, de voir agir comme on sait désormais qu’on aurait dû.

Il n’entre pas dans le propos de Jean-Jacques Monnier de s’attarder aux pages noires de la collaboration en Bretagne, sur lesquelles se détache l’histoire qu’il a choisi de conter, celle de la Résistance bretonne. Il n’a garde pourtant de nier, mais il entend moins les juger que les comprendre dans un esprit d’équité. Il montre quel piège a tendu aux militants du mouvement breton : tout à coup on leur offrait (un « on » qui cachait l’armée d’occupation mais qu’il pouvait être tentant de laisser dans la brume complaisante de l’indéfini) des émissions en breton à Roazhon Breizh, Radio-Rennes, rêve qu’ils avaient si souvent caressé sans oser trop y croire.On sait gré à Jean-Jacques Monnier de mesurer ce que cette aubaine avait d’exaltant, et de passablement égarant, pour des jeunes gens convaincus de longue date du mépris, pour ne pas dire davantage, que la France républicaine avait montré à la culture bretonne ; doublement amers du reste, depuis les massacres de la première guerre mondiale, auxquels les Bretons avaient payé un tribut si lourd, si peu reconnu, si mal récompensé. Pour ces jeunes militants radicalisés jouait aussi à plein, et Jean-Jacques Monnier a raison de la souligner, la magie de l’exemple irlandais ; leurs bibliothèques, et je peux en témoigner, étaient pleines des poètes et des dramaturges de la verte Eirin, ils se rêvaient tel Synge aux îles d’Aran, en sauveurs du patrimoine, ou mieux encore, tels Michael Collins et Patrick Pearse, en héros de l’indépendance. Leur fascination pour la légende et l’épopée irlandaises les incitait à assimiler la répression culturelle et l’extermination physique, à voir la France et l’Angleterre comme des puissances également répressives et colonisatrices et, l’opportunisme volant au secours du romantisme, à saisir l’occasion qui leur était offerte d’un destin de révoltés héroïques.

Il y avait pourtant à la même époque une autre Bretagne, que la vive conscience de son identité ne rendait pas aveugle aux réalités du nazisme. Jean-Jacques Monnier s’est donc mis à la recherche de cette Bretagne moins visible, restée largement et injustement ignorée. L’entreprise était loin d’être aisée. Il fallait conjurer l’indigence des traces écrites, débusquer des mémoires inédits, solliciter des témoignages depuis longtemps enfouis, vaincre l’ankylose des souvenirs, parfois aussi la répugnance à évoquer un passé de division pour les Bretons. Il fallait retrouver dans le mouvement breton les traces de l’antifascisme des années trente, évaluer l’accueil fait au message gaulliste, faire entendre les voix bretonnes de la France Libre, comme celles du jeune marin qui, le 24 juin 1940, traduit et lit en breton le discours du 18. Il fallait collecter patiemment les actes de résistance de nature différente et déployer l’éventail, depuis le soutien silencieux jusqu’à l’engagement armé. Il fallait retracer l’histoire des maquis, des sabotages et des parachutages, reconstituer les réseaux dispersés. Il fallait surtout, et là résidait la vraie difficulté du projet, apprécier dans l’engagement résistant la part prise par la conscience bretonne et la part des autres appartenances, familiales, politiques, religieuses. Délicate balance, que les protagonistes eux-mêmes ont du mal à équilibrer. « Les acteurs ne savent pas toujours où ils marchent », dit l’un des informateurs de Jean-Jacques Monnier, survivant du groupe Liberté.

C’est un livre éclaté en une multitude de destins individuels, et il ne peut en être autrement. Quand Jean-Jacques Monnier se risque à esquisser un bilan, c’est pour constater qu’en matière de résistance, la Bretagne n’a pas été fondamentalement différente des autres régions françaises. Ici comme ailleurs, la vie matérielle était difficile, l’occupation étrangère péniblement supportée, la confiance dans le régime de Vichy vacillante et assez vite écornée, les partis collaborationnistes singulièrement chétifs. Ici comme ailleurs, les réfractaires au STO ont joué un rôle décisif dans un prise de conscience hésitante et tardive. Jean-Jacques Monnier a su résister à la tentation de dresser, contre le stéréotype d’une Bretagne toute collaborationniste, celui d’une Bretagne toute résistante. Son livre tord le coup à la chimère d’une exception bretonne.

Mais son grand mérite est ailleurs, dans les surprises dont il foisonne : il fait découvrir des groupes oubliés : les scouts nationalistes du Bagadoù Stourm passant au combat contre l’occupant. Des itinéraires pittoresques le jeune homme qui s’est embarqué pour l’Angleterre sur un vieux cotre, a débarqué à Ouistréham dans les bérets verts du commando Kieffer, et qu’on retrouve industriel, éditeur, cinéaste, créateur de musée, figure paradoxale d’aventurier libertaire et conservateur. Des engagements inattendus : qui pouvait imaginer que le général de la Bollardière, dénonciateur de la torture en Algérie, apporterait son soutien aux militants bretons et déclarerait ne voir entre les problèmes de l’Algérie et ceux de Bretagne qu’une différence de degré ? Des évolutions improbables : j’ai ainsi retrouvé, grâce à Jean-Jacques Monnier, chez un homme que j’ai vu piqué sur une carte de l’URSS les petits drapeaux triomphants de l’avance allemande, un ancien fondateur du Secours Rouge, partisan des combattants espagnols contre les « valets de Franco ». Des trajectoires croisées : car on pouvait aller de la Résistance à un engagement breton ultérieur, et même les groupes militaires des nationalistes ont pu fournir à la Résistance des recrues occasionnelles, ou de l’engagement breton à la Résistance. Des coexistences contradictoires : un maquisard pouvait lire assidûment L’Heure bretonne, le journal du PNB et participer à des sabotages ; un résistant pouvait continuer à fournir des articles culturels à la presse nationaliste. C’étaient des temps déraisonnables, féconds en parcours erratiques.

On sort donc du livre de Jean-Jacques Monnier vacciné contre toute tentation déterministe, convaincu de l’immense part joué par le hasard dans ls existences humaines. Quel est le grain de sable qui fait dériver les vies hors de leurs chemins prévisibles ? Quelle parole portée par le vent des occasions, quelle rencontre, quel amour, quelle rancune ? À parcourir, avec Jean-Jacques Monnier, le nuancier infini des attachements et des ruptures, on peut estimer que la cohérence y pers, mais la vérité et l’équité y gagnent infiniment.

(1) Historienne, directrice de recherche au CNRS. Mona Ozouf est aussi la fille de Yann Sohier, le fondateur du mouvement Ar Falz, où, dès 1931, la défense de la laïcité rejoint celle de la langue et de la culture bretonnes. Cette historienne est aujourd’hui l’une des figures de l’intelligence en France. Son oeuvre tout entière est un encouragement à la rigueur et à la dignité de la pensée (note de l’éditeur).


> Le monde évolue de manière chaotique

Mardi 29 décembre 2009

C’est à Washington, le 20 janvier, que l’année s’ouvre avec l’espoir suscité par l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis. C’est à Copenhague qu’elle s’achève, le 19 décembre, dans la confusion et l’amertume qui suit le quasi-échec de la conférence sur le réchauffement climatique.

En janvier, l’Amérique paraît prendre un nouveau départ, dans un contexte particulièrement difficile marqué par la poursuite de deux guerres à l’extérieur (Afghanistan, Irak) et la crise économique et financière la plus grave depuis les années 1930. Mais l’arrivée de cette « nouvelle Amérique », ouverte au multilatéralisme, ne se traduit pas par des progrès significatifs de la « gouvernance mondiale ».

Un peu moins d’Amérique, un peu moins d’Europe, beaucoup plus d’Asie et, au-delà, de puissances émergentes comme le Brésil. Tout cela ne conduit pas à une multipolarité harmonieuse mais, au moins dans un premier temps, à une confusion sinon une paralysie du système international.

Entre des Occidentaux qui ne prennent pas encore pleinement conscience des transformations du monde et des puissances émergentes qui n’intègrent pas encore pleinement le fait que pouvoir et responsabilités vont de pair, les évolutions du monde restent chaotiques.

Nous semblons davantage capables de surmonter les crises financières et économiques du présent que les défis planétaires du futur. Egoïsmes nationaux à court terme et responsabilités collectives à moyen et long terme semblent bien difficiles à concilier.

C’est aussi à Copenhague qu’au début d’octobre, Rio de Janeiro a été choisie comme ville olympique pour 2016, écrasant d’autres villes comme Chicago, Madrid ou Tokyo. Un symbole des transformations du monde, avec la montée des nouvelles puissances.

L’entrée dans le futur s’est aussi accompagnée d’une évocation du passé. À Berlin, le 9 novembre, en l’absence remarquée de Barack Obama, d’émouvantes cérémonies ont marqué le vingtième anniversaire de la chute du Mur et les retrouvailles de l’Europe avec sa géographie et son histoire, dans la liberté.

Stimulée par la célébration du moment le plus heureux de son passé récent, confortée par la ratification du traité de Lisbonne, l’Europe allait-elle prendre elle aussi, après l’Amérique, un nouveau départ ?

En se dotant de personnalités au profil bas, choisies davantage en fonction de leurs limites que de leurs mérites pour devenir les premiers titulaires des fonctions créées par le nouveau traité, l’Europe n’a pas paru s’engager résolument vers l’avenir. Un peu comme si elle choisissait de « sortir de l’Histoire » au moment où elle dépassait enfin le débat institutionnel.

On ne peut terminer ce tour d’horizon sans parler de Kaboul et de Dubaï. La première ville incarne la fragilité des ambitions démocratiques de l’Occident. La « réélection » d’Hamid Karzaï, après un simulacre de processus électoral, augure mal des projets américains de stabilisation du pays et de la région. La deuxième ville, Dubaï, est devenue le symbole de « l’hubris (orgueil) capitaliste » d’un émirat qui aurait sans doute fait faillite sans le soutien de son voisin, mieux doté en pétrole et au comportement plus prudent, Abu Dhabi.

Espoir et peur, célébration du passé à Berlin et du présent à Washington, indignation à Kaboul et frustration à Copenhague : l’année 2009 aura été ambiguë. Le pire a été évité en matière financière et économique mais rien, absolument rien, n’est réglé dans un monde toujours plus interdépendant et fragile.

Dominique Moïsi
Conseiller spécial à l’Ifri
Publié dans Ouest-France du 29/12/09.


> JL Bourlanges : l’UE à des pouvoirs limités

Mercredi 2 décembre 2009

Jean-Louis Bourlanges exprime très justement le spectacle auquel nous assistons. On s’aperçoit de traité en traité que seuls les États grignotent du pouvoir, le conservent et le mégotent à l’Union pour laquelle ils ne s’autorisent plus guère de projets majeurs. La France a récemment fait savoir par son Premier ministre qu’elle souhaiterait voir réduire sa contribution. La valse des égoïsmes n’épargne personne. J’ajouterais que seule la méthode communautaire renforcerait l’Union et celle-ci passe bien évidemment par une réhabilitation de la Commission. Cette dernière étant présidée par « l’homme qui ne dit rien en 5 langues », les Européens, comme Jean-Luis Bourlanges, ressentent plus que de la lassitude !


> Wir sind das Volk, wir sind ein Volk !

Lundi 9 novembre 2009

89-09

Ils étaient le peuple contre une démocratie dite « populaire » et ils étaient un peuple uni derrière la liberté. Cela faisait déjà longtemps que l’on savait que le communisme ne travaillait plus à l’émancipation de la classe ouvrière (Berlin 1953, Budapest 1956, Prague 1968, Gdansk 1980). Mais je me souviens des visages des Allemands de l’Est qui se libéraient de l’obscurité communiste, qui se réjouissaient des fruits et légumes disponibles sur les étals berlinois et qui s’enthousiasmaient du goût de la liberté. J’aurais souhaité mon pays plus franchement enthousiaste et la gauche sociale-démocrate plus accueillante. J’ai assisté aux réticences de mon propre camp, à l’absence d’influence d’un SPD dirigé par Oskar Lafontaine, aux visites de notre président dans l’État-fantôme de Hans Modrow en décembre 1989…

Ces rendez-vous manqués n’ont pas entamé le capital de sympathie que je conserve pour les témoins de cette période. Peu de temps après je participe aux échanges initiés par l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, découvre Dresde, Chemnitz, Leipzig, les dernières casernes d’une Armée rouge qui ne fait plus peur à personne, les militants du SPD, des Jusos, des Falken, syndicalistes du DGB… Je multiplie les rencontres pour comprendre et évaluer la façon de maîtriser le processus d’unification.

Seulement, l’histoire n’est pas simple et comme le rappelle l’excellent Hugues Serraf : « le monde émergeant de l’amas berlinois de briques et de parpaings n’est pas des plus rassurants, avec ses crises financières, ses terroristes, ses bouleversements technologiques et scientifiques mal-maîtrisés… Mais à ceux qui hésitent encore à se réjouir franchement, vingt ans après sa démolition, rappelons que le Mur était là pour empêcher les gens du dedans de sortir plutôt que le contraire.« 


> Isoler l’extrémisme afin de mieux le combattre

Mardi 3 novembre 2009

Jean Baubérot

Audition de M. Jean Baubérot, titulaire de la chaire d’histoire et sociologie de la laïcité à l’École pratique des hautes études par la Mission d’information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national.

Partons d’un constat avant de porter un jugement de valeur. Le port du voile intégral provient de plusieurs raisons, conjointes ou non. Il peut signifier, explicitement ou implicitement, que la société est ressentie comme une menace dont il faut se protéger au maximum. Il peut être une façon d’affirmer, avec une visibilité hypertrophiée, une identité radicale, face à ce qui est perçu comme une uniformisation sociale, un primat de la logique de l’équivalence sur les valeurs morales et religieuses. Il peut manifester une volonté de retour aux origines, liée à une lecture littéraliste des textes sacrés, ou une volonté de séparer le « pur » – les vrais croyants – de l’« impur » – le reste de la société. Il peut être une manière de retourner un stigmate face à des discriminations ressenties. Enfin, en tant que vêtement féminin, il conteste le fait que, dans les sociétés démocratiques modernes, les rôles masculin et féminin doivent être interchangeables, et, d’autre part, il refuse une hypersexualisation de la femme, liée à la communication de masse et à la marchandisation des sociétés modernes. Ces dernières raisons étant encore plus importantes quand le port du voile est subi.

Mais, même choisi, le voile intégral se fourvoie. Le refus du risque d’uniformisation sociale conduit à porter un uniforme intégral – ce qui est très différent du fait de manifester son identité par tel ou tel signe – et, par ce fait même, on englobe sa personne dans une seule identité, on gomme ses autres caractéristiques personnelles, on efface son individualité.

Rappelons que le visage, dont plusieurs des personnes que vous avez auditionnées ont souligné l’importance, est une présentation de soi à autrui, une façon de conjuguer appartenance et identité, relation aux autres et individualité.

Mais le port du voile n’est pas la seule dérive menaçant le rapport aux autres. L’addiction au virtuel peut être considérée de façon assez analogue, comme d’ailleurs l’hypertrophie des racines qui permet une séparation symbolique avec d’autres peuples.

Par ailleurs, le souci de la pureté se manifeste aujourd’hui de façon multiple, par diverses croyances, religieuses ou non. Une certaine façon de mettre en avant la laïcité participe même de cette attitude. Et le refus de reconnaître aux femmes le même rôle dans la société qu’aux hommes donne lieu, vous le savez, à de nombreuses stratégies, souvent implicites et subtiles – et d’autant plus efficaces.

La recherche souvent exacerbée de l’identité, le désir parfois quasi obsessionnel de purification sont des réponses aux difficultés rencontrées dans la société qui aboutissent à des impasses, voire à des caricatures de ce que l’on prétend combattre. En ce sens, ce sont de fausses réponses. Le voile intégral en est un cas particulièrement visible, mais très minoritaire.

Face à cette pratique, on invoque régulièrement la laïcité. Or les exigences de laïcité sont très différentes selon les secteurs de la société. Permettez-moi ici quelques rappels qui, directement ou indirectement, concernent votre sujet.

La première et la plus forte exigence de laïcité concerne la République elle-même, qui doit être indépendante des religions et des convictions philosophiques ou politiques, n’en officialiser aucune, assurer la liberté de conscience et l’égalité dans l’exercice du culte. L’application de ces principes est toutefois sujette en France à certaines dérogations. Ainsi, en Alsace-Moselle, malgré l’article 2 de la loi de 1905, trois cultes sont « reconnus », tandis qu’un seul – le catholicisme – l’est en Guyane. Les lois de séparation elles-mêmes, votées de 1905 à 1908, prévoient une mise en pratique accommodante puisqu’elles autorisent la mise à disposition gratuite et l’entretien des édifices cultuels existant alors mais l’islam n’était pas présent dans l’Hexagone… Et, sans intention discriminatrice, la République peine, malgré certains progrès, à réaliser l’égalité entre religions, au détriment de l’islam.

La deuxième exigence de laïcité concerne les institutions, où les actes de prosélytisme ne sont pas permis. Dans son avis de 1989, le Conseil d’État a interdit un port ostentatoire de signes religieux à l’école publique qui serait lié à un tel prosélytisme, mais toléré un port qui ne s’accompagnerait pas de comportement perturbateur. La loi du 15 mars 2004 est allée plus loin pour le primaire et le secondaire mais, significativement, pas pour l’Université, que fréquentent des personnes majeures. Elle a donc introduit une dérogation dont les effets se sont révélés ambivalents, puisque cela a induit la création d’écoles privées à « caractère propre » musulman. On peut être attaché à la liberté républicaine de l’enseignement et s’interroger sur l’effet paradoxal d’une loi de laïcité qui aura favorisé l’enseignement privé confessionnel. Cela montre en tout cas que les conséquences d’une loi ne sont jamais univoques, et ne peuvent pas toujours être prévues en totalité.

Un troisième secteur de la société est l’espace public de la société civile, qui est à la fois un prolongement de la sphère privée et un lieu de débat, de pluralisme, de grande diversité d’expression. Là, l’exigence principale est d’assurer la liberté et le pluralisme, dont nous avons une conception plus large qu’il y a cinquante ans. Est-ce à dire pour autant qu’il n’y aurait plus aucune exigence de laïcité dans cet espace public ? Je ne le pense pas. Le préambule de la Constitution énonce les principes qui forment l’idéal de notre République, dont l’égalité des sexes. Mais chacun sait bien qu’il existe une distance entre réalité idéale et réalité empirique. L’objectif étant de réduire, sans cesse, cette distance, il convient de distinguer entre le réversible et l’irréversible. L’irréversible atteint l’individu dans sa chair, dans son être même. Il induit une sorte de destin. La puissance publique doit empêcher autant que faire se peut l’irréversible de se produire, pour que les individus qui le subiraient ne se trouvent pas marqués d’infamie, pour qu’ils puissent faire librement des choix personnels. L’excision est l’exemple type de l’irréversible ; dans ce cas, la loi peut contraindre et réprimer.

Pour le réversible, le respect de la liberté individuelle doit primer, limité seulement par l’existence d’un trouble à l’ordre public démocratique ou d’une atteinte aux droits fondamentaux d’autrui. Le réversible concerne l’extérieur de la personne. Ainsi, pour couverte ou découverte qu’elle soit, il ne s’agit pas la personne même, mais de l’image qu’elle donne à voir à un moment précis – par exemple par le vêtement, qu’on peut ôter, dont on peut changer. Comme le dit la sagesse des nations, « l’habit ne fait pas le moine ». Cela nous invite à ne pas nous montrer mimétiques : ce n’est pas parce qu’une personne, carmélite ou musulmane, s’enferme dans un uniforme intégral qu’il faut porter sur elle un regard identique, qui dissoudrait son individualité dans sa tenue. Il faut au contraire séparer son être et son paraître, refuser son refus de se socialiser. Il faut agir avec la conviction que, comme toute personne humaine, elle possède de multiples facettes et peut activer celles que, pour une raison ou une autre, elle met actuellement sous le boisseau.

Et, comme au billard, cet objectif ne s’atteint pas en ligne droite. Entre le permis et l’interdit existe le toléré, où l’on combat par la conviction et l’exemplarité, où l’on procède au cas par cas pour ne pas être, à terme, contre-productif. Pour ce qui est réversible, réglementer quand certaines nécessités de la vie publique l’exigent est beaucoup plus approprié que légiférer.

Améliorer le dispositif social pour lutter contre les tenues subies est également important, mais une loi qui conduirait celles qui subissent le port du voile intégral à ne plus pouvoir se déplacer dans l’espace public induirait une situation pire que la situation actuelle. Et, pour le voile intégral choisi, le contraindre irait le plus souvent à l’encontre du convaincre. Or c’est essentiellement de convaincre qu’il s’agit.

Pour ceux qui veulent convaincre et qui sont en position de le faire – je pense principalement à l’immense majorité des Français musulmans opposée au voile intégral –, le pouvoir coercitif de la loi risquerait fort d’être un allié désastreux. N’étant pas forcément comprise, s’ajoutant à une situation difficile, cette coercition conforterait un ressenti victimaire dont nous savons qu’il a, par ailleurs, ses raisons. Ce ressenti, et c’est là une raison fondamentale d’être à la fois contre le voile intégral et contre une loi, dépasserait largement le petit nombre de celles et ceux qui sont favorables au port de cette tenue.

Il faut se montrer très attentif au fait qu’une éventuelle loi serait la seconde qui, au niveau du symbolique, semblerait viser l’islam, même si ce n’est pas du tout ce que vous souhaitez faire. Se créerait alors un engrenage qu’il serait ensuite très difficile d’enrayer. L’idée fausse selon laquelle une société laïque est antimusulmane se renforcerait chez beaucoup de musulmans et, en particulier, de musulmanes aujourd’hui opposées au port du voile intégral. Inversement, des éléments antimusulmans de la société française y liraient un encouragement et ne se priveraient pas de donner une interprétation extensive de cette nouvelle loi, comme certains l’ont fait de la loi de 2004. La spirale infernale de la stigmatisation, de la discrimination au prénom et au faciès et de la radicalisation manifesterait que rien n’est résolu – au contraire. Une troisième loi apparaîtrait alors indispensable à certains, mais ne ferait qu’aggraver les choses. Une quatrième loi serait alors réclamée…

Un tel scénario catastrophe n’a rien d’invraisemblable. Il s’est déjà réalisé juste après l’affaire Dreyfus, avec la lutte anticongréganiste. Radicalisant les positions en présence, chaque mesure en appelait une autre plus forte. Ce combat se prévalait des valeurs de la République, de la défense de la liberté, de l’émancipation citoyenne. Cent ans après, le jugement des historiens, quelles que soient leurs orientations, est totalement différent : ce désir de « laïcité intégrale », comme on disait à l’époque, risquait d’entraîner la République à sa perte et ne pouvait avoir des résultats émancipateurs. En revanche, les mêmes historiens louent Aristide Briand d’avoir changé de cap et rétabli une « laïcité de sang-froid ». La laïcité « roseau » est plus solide qu’il n’y paraît, plus apte à résister aux tempêtes qu’une pseudo-laïcité « chêne », qui séduira par son aspect massif alors que celui-ci constitue précisément sa faiblesse.

Déjà, d’après le travail de terrain que j’ai pu effectuer, la nomination d’une mission consacrée au seul problème du voile intégral a rendu plus difficile le désaveu de cette pratique par certains musulmans. Elle a engendré un effet systémique où se manifeste parfois une solidarité entre victimes. Elle a, enfin, alimenté des craintes de rejet.

Certes, votre mission aura sans doute à cœur de proposer des mesures plus générales, mais le précédent de la commission Stasi et la déception de plusieurs de ses membres face à la suite unilatérale qui lui a été donnée peuvent faire redouter une fâcheuse répétition. Certains ne manqueront de dire qu’il aurait été plus utile de chercher à appliquer les propositions de la commission Stasi que de les oublier pour se focaliser sur la seule question du voile intégral.

Pour renforcer la relation de confiance entre la République et ses citoyens musulmans, pour isoler l’extrémisme afin de mieux le combattre, il me semble que vous devriez prendre l’initiative de transformer votre mission en mission de réflexion sur toutes les questions liées à la diversité de la société française. Si cette diversité n’est pas un fait totalement nouveau, son ampleur est le signe d’une mutation de notre société, comme d’ailleurs d’autres sociétés démocratiques modernes, dans un contexte international troublé. Il n’est pas surprenant que cela s’accompagne de tensions, de tâtonnements, d’incertitudes et même de craintes. Aux représentants de la Nation de tracer des voies d’avenir !


> France politique ou culturelle?

Mardi 3 novembre 2009

Mona Ozouf

Quand je réfléchis à la manière dont les Français ont senti, pensé, exprimé leur appartenance collective, deux définitions antithétiques me viennent à l’esprit. Elles bornent le champ de toutes les définitions possibles de l’identité nationale. L’une, lapidaire et souveraine, «la France est la revanche de l’abstrait sur le concret», nous vient de Julien Benda. L’autre, précautionneuse et révérente, «la France est un vieux pays différencié», est signée d’Albert Thibaudet.

Rien de plus éloigné que ces deux conceptions de l’idée nationale. La France de Benda est un produit de la raison, non de l’histoire. Une nation politique et civique, faite de l’adhésion volontaire des hommes, surgie du contrat, bien moins héritée que construite. Une nation dont la simplicité puissante, obtenue par l’éradication des différences, unit toutes les communautés sous les plis du drapeau. La France est alors la diversité vaincue.

De l’autre côté, celui de Thibaudet, la France, ni civique ni politique, est faite de l’identité ethnique et culturelle des «pays», au sens ancien du terme, qui la composent; fruit des sédimentations d’une très longue histoire; concrète et non abstraite; profuse et non pas simple; faite de l’épaisseur vivante de ses terroirs, de ses paysages, de ses villages, de ses langues, des mille façons de vivre et de mourir qui se sont inscrites dans la figure de l’Hexagone. La France, cette fois, c’est la diversité assumée.

Les deux définitions ont longtemps figuré les aiguilles d’une même horloge, étroitement solidaires donc. Elles ne coexistent pourtant pas sur un pied d’égalité. Dans les représentations que les Français se font de leur pays, la France une et indivisible de Benda l’a emporté sur l’autre. Au point que la simple mention d’une France divisible passe pour un mauvais propos, que Braudel stigmatise comme «dangereux». Décrire la diversité française a longtemps été le moyen convenu d’équilibrer le vigoureux effort d’abstraction unitaire poursuivi au cours de l’histoire nationale. L’évoquer aujourd’hui paraît gros d’une menace de fragmentation ou même d’éclatement. Voilà pourquoi la France de Thibaudet se présente avec humilité devant la France de Benda. À la glorieuse légitimité du droit elle ne peut opposer que de modestes données de fait; elle se sent plus ou moins en situation défensive; elle sait que la nation politique, sûre d’elle-même et dominatrice, n’a jamais été amicale pour la nation culturelle; et que celle-ci, pour l’essentiel, a perdu la bataille des symboles.

Cette nation culturelle, où cohabitent de fortes personnalités régionales, n’a cependant cessé de faire valoir ses droits à l’existence, de faire entendre sa voix marginale et d’exhiber son étrangeté. Emmanuel Berl, en rappelant que l’Alsace n’est pas devenue allemande, que l’occitan, le basque et le breton ont «résisté à des siècles de persécutions violentes ou larvées», fait remarquer que les sociétés modernes sont enclines à éradiquer les différences, tant elles y sont poussées par la logique de l’égalité; mais une logique égarée, qui confond l’égalité avec la ressemblance, voire avec la similitude. Il conclut que la différence est trop profondément instillée dans la nature des hommes pour qu’on puisse prétendre l’en extirper; à la France unitaire les vieux «pays» s’obstinent à rappeler qu’elle a sans doute vaincu, mais sans les réduire.

Après des siècles de nivellement monarchique et de simplification républicaine, la cause en effet n’est toujours pas entendue, et les rapports du centre et de la périphérie n’ont pas laissé d’être problématiques. La diversité française s’est refusée à l’indifférenciation. De cette résistance des particularités, la Bretagne est très tôt devenue l’exemple canonique; le vieux duché de Bretagne du XVe siècle, qui était alors pourvu de toutes les herbes de la Saint-Jean nécessaires à la constitution d’une nation, la langue, le territoire et peut-être même le «pacte de tous les jours», ne s’est toujours pas mué, cinq siècles plus tard, en une division ordinaire de l’espace français. À cette banalisation la personnalité bretonne a opposé son obstination légendaire. Elle témoigne, plus que toute autre province, de la vie rebelle de l’esprit des lieux. Elle est l’emblème de la mauvaise grâce que la France de Thibaudet montre à la France de Benda.

Rien n’était plus familier à mon enfance que l’évocation de la résistance à ce qu’on nommait chez moi le jacobinisme de l’État français. Bretonne, cette enfance l’était superlativement; moins encore par mon lieu de naissance que par la personnalité de mon père, militant de la langue bretonne, et par le legs d’émotions et d’idées qu’il m’avait laissé, rendu plus impérieux par sa mort précoce. Un héritage qui devait être bientôt concurrencé par les leçons, non moins impérieuses, que dispensait l’école française. Si bien que la tension entre l’universel et le particulier, si caractéristique de notre vie nationale, j’ai dû la vivre et l’intérioriser, non sans trouble ni perplexités, encore aggravées par un troisième enseignement, celui de l’église.

Mes souvenirs me préservent ici du cliché selon lequel mes jeunes années en auraient été bercées. Rien n’était moins endormant, moins tranquillisant que les croyances déposées dans ma corbeille de baptême par trois fées qui ne s’aimaient guère, l’école, l’église et la maison.

Mona Ozouf
Nouvel Obs


> Solidarité occitane

Vendredi 30 octobre 2009

Georges Soubrier à ND de Pontmain

C’est une confidence de Mgr Soubrier à Patrick Mareschal, lors de la réception organisée pour le départ de l’évêque. Je comprends votre combat pour la Bretagne, a dit en substance Georges Soubrier au président du conseil général de Loire-Atlantique. Et de lui expliquer que, originaire de l’Aveyron, il n’utilisait pas la langue française avant d’aller à l’école. Le futur évêque de Nantes parlait l’une des langues d’oc. Bretons-Occitans, même combat !

Source : Rubrique Les Pavés dans la Loire (Ouest-France).


> Ghinzu à Toulouse

Jeudi 22 octobre 2009

Ghinzu

Ghinzu s’inquiète sur Facebook et nous adresse ce message : « Sorry for the technical problems yesterday in Toulouse. The system used by the city to limit our sound (!) didn’t work correctly… We will be back to give you what you deserve. » C’est vrai qu’on méritait beaucoup mieux… mais c’était drôlement sympa de la part des anciens de Cinétique et des Antipasti d’avoir fait un rapt sur les places gratuites. Surtout qu’avec Ghinzu, quand ils font un show, ils sont généreux, ils donnent tout. Pour ma part, j’aurais très bien pu me passer de We are soldout qui passait en vedette américaine. Il a raison Noël, on vieillit ! J’ai passé beaucoup de temps à attendre mes morceaux préférés R2D2 et Turn up the Satan mais Ghinzu avait décidé d’ignorer superbement leur album Electronic Jaccuzzi alors j’ai du faire contre mauvaise fortune bon coeur et apprécier l’élégance et le classicisme de ces dignes représentants du rock ‘n’ roll belge qui savent si bien parler français quand ils le souhaitent. Si ça se trouve je vais me décider à acheter leur troisième album intitulé Mirror Mirror.


> Venceremos

Vendredi 11 septembre 2009

> Nine Eleven

Vendredi 11 septembre 2009

We Will Never Forget


> Jean Jaurès, 3 sept. 1859

Jeudi 3 septembre 2009

Jean Jaurès

Oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n’est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c’est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre.

Jean Jaurès.


> Jean-Louis Murat – Comme un incendie (extrait)

Vendredi 28 août 2009

> Edward M. Kennedy Tribute

Jeudi 27 août 2009

> Un peu d’espoir à gauche

Lundi 24 août 2009

Le Pharo

Entre les Cévennes et la plage du Prophète, j’ai participé aux premiers ateliers d »été du courant de Vincent Peillon. Je m’étais inscrit avant les vacances en me disant que cette rencontre politique était située géographiquement à merveille sur le passage de la fin de mes vacances. Ma curiosité était grande de voir fonctionner l’attelage de la motion E qui avait raflé la première place lors de notre dernier malheureux congrès socialiste. Je n’ai pas été déçu ni par la chaleur communicative des organisateurs marseillais, ni par la qualité des intervenants des ateliers, ni par la présence d’alliés plus ou moins conventionnels. Rien que de traditionnel puisque tout le monde semble se rallier progressivement à l’idée de primaires. Le seul hic est venu de l’évocation d’un rassemblement écologiste, socialiste et démocratique faite de concert par des représentants du Modem (Marielle de Sarnez, Jean-François Kahn et Jean-Luc Benhamias), du Ps (Vincent Peillon), du Pcf (Robert Hue), du Prg (Christiane Taubira) et des Verts (Daniel Cohn-Bendit). Certes les appareils ne se sont pas prononcés et il faudra donner un peu de temps à chacun pour avancer. Cependant, je trouve qu’il y a un peu d’espoir à voir se former concrètement les contours d’une union qui se donne les moyens d’ouvrir l’horizon de 2012. Personne ne détient seul les clés de ce prochain scrutin. Ni les formations politiques, ni les personnalités, ni les divers rassemblements hétéroclites anti-sarkozystes. Oui, il faut que la gauche, et sans doute aussi les démocrates, se parlent et échangent concrètement sur leur projet pour devenir audibles, et donc crédibles, auprès de leurs compatriotes.

De passage dans les Cévennes, j’ai découvert la lettre de Jean-Christophe Cambadélis adressé « à un militant qui n’en peut plus ». J’avoue une certaine déception. Sans doute attendais-je plus de clarté et de perspective de la part de mon camarade strauss-kahnien. Les échanges épistolaires socialistes de l’été ont pour principal défaut leur longueur. La dilatation n’est pas favorable à la clarté et je trouve pour ma part qu’on ne peut plus tergiverser. Sur notre intention de fonder un nouveau parti socialiste, plus décentralisé, plus humain et plus démocratique, il faut se donner une méthode et des délais. La feuille de route que Martine Aubry nous a transmise avant les vacances est éclairante mais nous devons nous donner les moyens pour que les consultations militantes soit réelles et non l’otage des arbitrages du Conseil national. Sur notre volonté de bâtir un nouveau programme, plus ouvert, plus radical et plus social, il faut s’ouvrir aux socialistes dans leur diversité et effectuer le même travail qu’Europe-écologie en rassemblant les adhérents, les non-encartés, les associatifs, les sympathisants. Le travail qu’ils ont fait est devant nous et il faut absolument se doter d’un programme éclairant sur la fiscalité, l’emploi, la croissance, l’éducation, la santé et la protection sociale. Sur notre obligation d’effectuer un inventaire sur nos pratiques récentes, nous devons être sévères vis-à-vis de nous-mêmes sans verser dans les anathèmes. Nous devons donner de la cohérence entre nos gestions locales et nos propositions nationales, donner une lecture globale de l’action que nous développons régionalement. Enfin, sur notre ambition de faire de notre parti un outil d’approfondissement de la démocratie, il faut effectivement donner un cadre à la perspective des primaires -nationales mais aussi régionales, départementales, intercommunales et communales…- et à l’instauration du mandat unique.

Si nous, socialistes, nous réalisons ce travail, alors se posera la question de nouvelles alliances capables de mettre en oeuvre les volontés que nous aurons exprimées. Pourquoi aujourd’hui refuser l’aide de telle ou telle formation si un compromis satisfaisant peut être trouvé. Je ne comprendrais pas ce refus s’il devient catégorique. Il est évident qu’au sein de l’opposition française une concurrence se libère. Elle donne libre cours à plusieurs pronostics et rend possible la fin de l’hégémonie socialiste parce que le parti socialiste a retardé son travail d’aggiornamento. C’est cette lenteur qui est à l’origine de cette remise en cause. Si les écologistes ont porté la question du réchauffement climatique, c’est que nous étions à la traîne. Si le Modem occupe une telle place, c’est que nous avons parfois accentué la personnalisation et la concentration du pouvoir. On peut avec amertume penser que certains coucous ont pris notre place dans la paysage politique. Se livrer sans travail de refondation à la course aux alliances serait une erreur. Refuser par avance un rassemblement de la gauche et des démocrates me semble tout aussi catastrophique.

Alors oui, j’ai trouvé qu’il y avait un peu d’espoir à Marseille. J’espère qu’il y en aura un peu plus à Jarnac et toujours davantage à La Rochelle.


> Plage du Prophète

Lundi 24 août 2009

La plage du prophète (Marseille)

La plage du prophète (Marseille)

La plage du prophète (Marseille)

La « plage du prophète », confetti de sable niché en contrebas de la corniche, entre le vieux port et le Prado, est un petit condensé de Marseille. Car sur la seule plage naturelle et gratuite de la ville, on croise tous les vieux Marseillais de souche, les familles du quartier, les dragueurs en goguette ou les jeunes beurs des quartiers nord. La plage vit 24 heures sur 24.le matin, ce sont les vieux habitués, qui ne débutent pas une seule journée sans y faire trempette, été comme hiver. Plus tard, ils croiseront la « famille parasol », les matinaux qui posent tous les jours leurs serviettes sur le même carré. Puis, les animations locales prennent le relais. La buvette, le club nautique, mais surtout le Centre de Loisirs pour Jeunes, un club d’activités tenu par la Police Nationale. Mission : occuper les plus désoeuvrés des cités, afin qu’il n’importunent pas les baigneurs. L’après-midi, les familles désertent la plage : place aux jeunes ! Ils envahissent le sable avec ostentation, draguent, s’essaient au volley sous les remontrances des maîtres nageurs qui s’échinent à maintenir un semblant de paix sociale, à l’image de Marseille, scindée entre les quartiers nord, et ceux, plus opulents, du sud. Le soir, le pastis sort des panières, les derniers baigneurs s’ébrouent encore dans les vagues, des feux improvisés s’allument ça et là. C’est l’heure des fêtards et des amoureux. Et au petit matin, les plus noctambules seront réveillés par les équipes de nettoyage qui, dès 6 heures du matin, viennent secouer les corps imbibés ou ceux des amoureux transis…

Source : http://www.thalassa.france3.fr


> Le Gournezou (St-Martin-de-Boubaux)

Samedi 22 août 2009

> Non-cumul et parité intégrale

Lundi 10 août 2009

Penn Ar Bed

« Go West, young man, Go West ! » Cela devrait être le nouveau slogan du parti socialiste… et le moyen de retrouver l’esprit pionnier. Cela fait deux mois que j’ai découvert, grâce au blog de Jean-Jacques Urvoas, le travail accompli par nos camarades finistériens sous l’impulsion de leur remarquable premier fédéral, Marc Coatanéa. J’avais reçu dans la foulée, suite à un mail de demande d’information, la charte fédérale de la démocratie interne et les premières propositions. Je pense que cette nouvelle page s’inscrit dans la meilleure tradition de la fédération socialiste du Finistère. Si l’article du Monde, découvert par le mail estival de Benoît, peut permettre à l’ensemble des fédérations de se saisir de ces questions sans attendre le quitus de Solférino, ce serait tout bonnement génial !

Le nécessaire du parfait militant :
Article du Monde,
Charte fédérale de rénovation,
Premières propositions,
Résultats de la consultation militante.

Le PS finistérien opte pour le non-cumul des mandats et la parité intégrale

Le Monde – 24/07/09.

Les militants socialistes du Finistère ont imposé le non-cumul des mandats et la parité intégrale à leur fédération, la première en France à proposer de telles « restrictions ». En clair, « c’est la fin des ‘député-maire’ et ’sénateur-maire’ », a expliqué le premier secrétaire fédéral, Marc Coatanéa. Selon le responsable, 60 % des onze cents votants inscrits se sont exprimés en faveur du non-cumul d’un mandat de parlementaire avec des « fonctions exécutives ». Les parlementaires finistériens ne pourront conserver qu’un mandat de conseiller municipal ou régional.

13 candidats, 13 candidates

Cette réflexion menée durant près de quatre mois a d’ailleurs été bien accueillie par les quatre députés et sénateur socialistes, qui ont abandonné leur mandat de vice-président du conseil général du finistère. La décision est également vue d’un bon œil par le président de l’assemblée départementale, Pierre Maille, qui s’est toujours interdit toute autre fonction quand il était maire de Brest ou, comme aujourd’hui, en tant que président du conseil général.

Concernant la mesure d’égalité homme-femme adoptée, le PS finistérien s’est engagé avec 70 % des suffrages, à mettre en application « la parité intégrale ». Ainsi, sur vingt-sept des cinquante-quatre cantons du Finistère qui seront renouvelés lors des cantonales de 2011, le PS présentera treize femmes et treize hommes plus un ou une candidat(e), a expliqué Marc Coatanéa.


> Coudelièro

Vendredi 7 août 2009