> Wir sind das Volk, wir sind ein Volk !

Lundi 9 novembre 2009

89-09

Ils étaient le peuple contre une démocratie dite “populaire” et ils étaient un peuple uni derrière la liberté. Cela faisait déjà longtemps que l’on savait que le communisme ne travaillait plus à l’émancipation de la classe ouvrière (Berlin 1953, Budapest 1956, Prague 1968, Gdansk 1980). Mais je me souviens des visages des Allemands de l’Est qui se libéraient de l’obscurité communiste, qui se réjouissaient des fruits et légumes disponibles sur les étals berlinois et qui s’enthousiasmaient du goût de la liberté. J’aurais souhaité mon pays plus franchement enthousiaste et la gauche sociale-démocrate plus accueillante. J’ai assisté aux réticences de mon propre camp, à l’absence d’influence d’un SPD dirigé par Oskar Lafontaine, aux visites de notre président dans l’État-fantôme de Hans Modrow en décembre 1989…

Ces rendez-vous manqués n’ont pas entamé le capital de sympathie que je conserve pour les témoins de cette période. Peu de temps après je participe aux échanges initiés par l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, découvre Dresde, Chemnitz, Leipzig, les dernières casernes d’une Armée rouge qui ne fait plus peur à personne, les militants du SPD, des Jusos, des Falken, syndicalistes du DGB… Je multiplie les rencontres pour comprendre et évaluer la façon de maîtriser le processus d’unification.

Seulement, l’histoire n’est pas simple et comme le rappelle l’excellent Hugues Serraf : “le monde émergeant de l’amas berlinois de briques et de parpaings n’est pas des plus rassurants, avec ses crises financières, ses terroristes, ses bouleversements technologiques et scientifiques mal-maîtrisés… Mais à ceux qui hésitent encore à se réjouir franchement, vingt ans après sa démolition, rappelons que le Mur était là pour empêcher les gens du dedans de sortir plutôt que le contraire.


> Isoler l’extrémisme afin de mieux le combattre

Mardi 3 novembre 2009

Jean Baubérot

Audition de M. Jean Baubérot, titulaire de la chaire d’histoire et sociologie de la laïcité à l’École pratique des hautes études par la Mission d’information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national.

Partons d’un constat avant de porter un jugement de valeur. Le port du voile intégral provient de plusieurs raisons, conjointes ou non. Il peut signifier, explicitement ou implicitement, que la société est ressentie comme une menace dont il faut se protéger au maximum. Il peut être une façon d’affirmer, avec une visibilité hypertrophiée, une identité radicale, face à ce qui est perçu comme une uniformisation sociale, un primat de la logique de l’équivalence sur les valeurs morales et religieuses. Il peut manifester une volonté de retour aux origines, liée à une lecture littéraliste des textes sacrés, ou une volonté de séparer le « pur » – les vrais croyants – de l’« impur » – le reste de la société. Il peut être une manière de retourner un stigmate face à des discriminations ressenties. Enfin, en tant que vêtement féminin, il conteste le fait que, dans les sociétés démocratiques modernes, les rôles masculin et féminin doivent être interchangeables, et, d’autre part, il refuse une hypersexualisation de la femme, liée à la communication de masse et à la marchandisation des sociétés modernes. Ces dernières raisons étant encore plus importantes quand le port du voile est subi.

Mais, même choisi, le voile intégral se fourvoie. Le refus du risque d’uniformisation sociale conduit à porter un uniforme intégral – ce qui est très différent du fait de manifester son identité par tel ou tel signe – et, par ce fait même, on englobe sa personne dans une seule identité, on gomme ses autres caractéristiques personnelles, on efface son individualité.

Rappelons que le visage, dont plusieurs des personnes que vous avez auditionnées ont souligné l’importance, est une présentation de soi à autrui, une façon de conjuguer appartenance et identité, relation aux autres et individualité.

Mais le port du voile n’est pas la seule dérive menaçant le rapport aux autres. L’addiction au virtuel peut être considérée de façon assez analogue, comme d’ailleurs l’hypertrophie des racines qui permet une séparation symbolique avec d’autres peuples.

Par ailleurs, le souci de la pureté se manifeste aujourd’hui de façon multiple, par diverses croyances, religieuses ou non. Une certaine façon de mettre en avant la laïcité participe même de cette attitude. Et le refus de reconnaître aux femmes le même rôle dans la société qu’aux hommes donne lieu, vous le savez, à de nombreuses stratégies, souvent implicites et subtiles – et d’autant plus efficaces.

La recherche souvent exacerbée de l’identité, le désir parfois quasi obsessionnel de purification sont des réponses aux difficultés rencontrées dans la société qui aboutissent à des impasses, voire à des caricatures de ce que l’on prétend combattre. En ce sens, ce sont de fausses réponses. Le voile intégral en est un cas particulièrement visible, mais très minoritaire.

Face à cette pratique, on invoque régulièrement la laïcité. Or les exigences de laïcité sont très différentes selon les secteurs de la société. Permettez-moi ici quelques rappels qui, directement ou indirectement, concernent votre sujet.

La première et la plus forte exigence de laïcité concerne la République elle-même, qui doit être indépendante des religions et des convictions philosophiques ou politiques, n’en officialiser aucune, assurer la liberté de conscience et l’égalité dans l’exercice du culte. L’application de ces principes est toutefois sujette en France à certaines dérogations. Ainsi, en Alsace-Moselle, malgré l’article 2 de la loi de 1905, trois cultes sont « reconnus », tandis qu’un seul – le catholicisme – l’est en Guyane. Les lois de séparation elles-mêmes, votées de 1905 à 1908, prévoient une mise en pratique accommodante puisqu’elles autorisent la mise à disposition gratuite et l’entretien des édifices cultuels existant alors mais l’islam n’était pas présent dans l’Hexagone… Et, sans intention discriminatrice, la République peine, malgré certains progrès, à réaliser l’égalité entre religions, au détriment de l’islam.

La deuxième exigence de laïcité concerne les institutions, où les actes de prosélytisme ne sont pas permis. Dans son avis de 1989, le Conseil d’État a interdit un port ostentatoire de signes religieux à l’école publique qui serait lié à un tel prosélytisme, mais toléré un port qui ne s’accompagnerait pas de comportement perturbateur. La loi du 15 mars 2004 est allée plus loin pour le primaire et le secondaire mais, significativement, pas pour l’Université, que fréquentent des personnes majeures. Elle a donc introduit une dérogation dont les effets se sont révélés ambivalents, puisque cela a induit la création d’écoles privées à « caractère propre » musulman. On peut être attaché à la liberté républicaine de l’enseignement et s’interroger sur l’effet paradoxal d’une loi de laïcité qui aura favorisé l’enseignement privé confessionnel. Cela montre en tout cas que les conséquences d’une loi ne sont jamais univoques, et ne peuvent pas toujours être prévues en totalité.

Un troisième secteur de la société est l’espace public de la société civile, qui est à la fois un prolongement de la sphère privée et un lieu de débat, de pluralisme, de grande diversité d’expression. Là, l’exigence principale est d’assurer la liberté et le pluralisme, dont nous avons une conception plus large qu’il y a cinquante ans. Est-ce à dire pour autant qu’il n’y aurait plus aucune exigence de laïcité dans cet espace public ? Je ne le pense pas. Le préambule de la Constitution énonce les principes qui forment l’idéal de notre République, dont l’égalité des sexes. Mais chacun sait bien qu’il existe une distance entre réalité idéale et réalité empirique. L’objectif étant de réduire, sans cesse, cette distance, il convient de distinguer entre le réversible et l’irréversible. L’irréversible atteint l’individu dans sa chair, dans son être même. Il induit une sorte de destin. La puissance publique doit empêcher autant que faire se peut l’irréversible de se produire, pour que les individus qui le subiraient ne se trouvent pas marqués d’infamie, pour qu’ils puissent faire librement des choix personnels. L’excision est l’exemple type de l’irréversible ; dans ce cas, la loi peut contraindre et réprimer.

Pour le réversible, le respect de la liberté individuelle doit primer, limité seulement par l’existence d’un trouble à l’ordre public démocratique ou d’une atteinte aux droits fondamentaux d’autrui. Le réversible concerne l’extérieur de la personne. Ainsi, pour couverte ou découverte qu’elle soit, il ne s’agit pas la personne même, mais de l’image qu’elle donne à voir à un moment précis – par exemple par le vêtement, qu’on peut ôter, dont on peut changer. Comme le dit la sagesse des nations, « l’habit ne fait pas le moine ». Cela nous invite à ne pas nous montrer mimétiques : ce n’est pas parce qu’une personne, carmélite ou musulmane, s’enferme dans un uniforme intégral qu’il faut porter sur elle un regard identique, qui dissoudrait son individualité dans sa tenue. Il faut au contraire séparer son être et son paraître, refuser son refus de se socialiser. Il faut agir avec la conviction que, comme toute personne humaine, elle possède de multiples facettes et peut activer celles que, pour une raison ou une autre, elle met actuellement sous le boisseau.

Et, comme au billard, cet objectif ne s’atteint pas en ligne droite. Entre le permis et l’interdit existe le toléré, où l’on combat par la conviction et l’exemplarité, où l’on procède au cas par cas pour ne pas être, à terme, contre-productif. Pour ce qui est réversible, réglementer quand certaines nécessités de la vie publique l’exigent est beaucoup plus approprié que légiférer.

Améliorer le dispositif social pour lutter contre les tenues subies est également important, mais une loi qui conduirait celles qui subissent le port du voile intégral à ne plus pouvoir se déplacer dans l’espace public induirait une situation pire que la situation actuelle. Et, pour le voile intégral choisi, le contraindre irait le plus souvent à l’encontre du convaincre. Or c’est essentiellement de convaincre qu’il s’agit.

Pour ceux qui veulent convaincre et qui sont en position de le faire – je pense principalement à l’immense majorité des Français musulmans opposée au voile intégral –, le pouvoir coercitif de la loi risquerait fort d’être un allié désastreux. N’étant pas forcément comprise, s’ajoutant à une situation difficile, cette coercition conforterait un ressenti victimaire dont nous savons qu’il a, par ailleurs, ses raisons. Ce ressenti, et c’est là une raison fondamentale d’être à la fois contre le voile intégral et contre une loi, dépasserait largement le petit nombre de celles et ceux qui sont favorables au port de cette tenue.

Il faut se montrer très attentif au fait qu’une éventuelle loi serait la seconde qui, au niveau du symbolique, semblerait viser l’islam, même si ce n’est pas du tout ce que vous souhaitez faire. Se créerait alors un engrenage qu’il serait ensuite très difficile d’enrayer. L’idée fausse selon laquelle une société laïque est antimusulmane se renforcerait chez beaucoup de musulmans et, en particulier, de musulmanes aujourd’hui opposées au port du voile intégral. Inversement, des éléments antimusulmans de la société française y liraient un encouragement et ne se priveraient pas de donner une interprétation extensive de cette nouvelle loi, comme certains l’ont fait de la loi de 2004. La spirale infernale de la stigmatisation, de la discrimination au prénom et au faciès et de la radicalisation manifesterait que rien n’est résolu – au contraire. Une troisième loi apparaîtrait alors indispensable à certains, mais ne ferait qu’aggraver les choses. Une quatrième loi serait alors réclamée…

Un tel scénario catastrophe n’a rien d’invraisemblable. Il s’est déjà réalisé juste après l’affaire Dreyfus, avec la lutte anticongréganiste. Radicalisant les positions en présence, chaque mesure en appelait une autre plus forte. Ce combat se prévalait des valeurs de la République, de la défense de la liberté, de l’émancipation citoyenne. Cent ans après, le jugement des historiens, quelles que soient leurs orientations, est totalement différent : ce désir de « laïcité intégrale », comme on disait à l’époque, risquait d’entraîner la République à sa perte et ne pouvait avoir des résultats émancipateurs. En revanche, les mêmes historiens louent Aristide Briand d’avoir changé de cap et rétabli une « laïcité de sang-froid ». La laïcité « roseau » est plus solide qu’il n’y paraît, plus apte à résister aux tempêtes qu’une pseudo-laïcité « chêne », qui séduira par son aspect massif alors que celui-ci constitue précisément sa faiblesse.

Déjà, d’après le travail de terrain que j’ai pu effectuer, la nomination d’une mission consacrée au seul problème du voile intégral a rendu plus difficile le désaveu de cette pratique par certains musulmans. Elle a engendré un effet systémique où se manifeste parfois une solidarité entre victimes. Elle a, enfin, alimenté des craintes de rejet.

Certes, votre mission aura sans doute à cœur de proposer des mesures plus générales, mais le précédent de la commission Stasi et la déception de plusieurs de ses membres face à la suite unilatérale qui lui a été donnée peuvent faire redouter une fâcheuse répétition. Certains ne manqueront de dire qu’il aurait été plus utile de chercher à appliquer les propositions de la commission Stasi que de les oublier pour se focaliser sur la seule question du voile intégral.

Pour renforcer la relation de confiance entre la République et ses citoyens musulmans, pour isoler l’extrémisme afin de mieux le combattre, il me semble que vous devriez prendre l’initiative de transformer votre mission en mission de réflexion sur toutes les questions liées à la diversité de la société française. Si cette diversité n’est pas un fait totalement nouveau, son ampleur est le signe d’une mutation de notre société, comme d’ailleurs d’autres sociétés démocratiques modernes, dans un contexte international troublé. Il n’est pas surprenant que cela s’accompagne de tensions, de tâtonnements, d’incertitudes et même de craintes. Aux représentants de la Nation de tracer des voies d’avenir !


> France politique ou culturelle?

Mardi 3 novembre 2009

Mona Ozouf

Quand je réfléchis à la manière dont les Français ont senti, pensé, exprimé leur appartenance collective, deux définitions antithétiques me viennent à l’esprit. Elles bornent le champ de toutes les définitions possibles de l’identité nationale. L’une, lapidaire et souveraine, «la France est la revanche de l’abstrait sur le concret», nous vient de Julien Benda. L’autre, précautionneuse et révérente, «la France est un vieux pays différencié», est signée d’Albert Thibaudet.

Rien de plus éloigné que ces deux conceptions de l’idée nationale. La France de Benda est un produit de la raison, non de l’histoire. Une nation politique et civique, faite de l’adhésion volontaire des hommes, surgie du contrat, bien moins héritée que construite. Une nation dont la simplicité puissante, obtenue par l’éradication des différences, unit toutes les communautés sous les plis du drapeau. La France est alors la diversité vaincue.

De l’autre côté, celui de Thibaudet, la France, ni civique ni politique, est faite de l’identité ethnique et culturelle des «pays», au sens ancien du terme, qui la composent; fruit des sédimentations d’une très longue histoire; concrète et non abstraite; profuse et non pas simple; faite de l’épaisseur vivante de ses terroirs, de ses paysages, de ses villages, de ses langues, des mille façons de vivre et de mourir qui se sont inscrites dans la figure de l’Hexagone. La France, cette fois, c’est la diversité assumée.

Les deux définitions ont longtemps figuré les aiguilles d’une même horloge, étroitement solidaires donc. Elles ne coexistent pourtant pas sur un pied d’égalité. Dans les représentations que les Français se font de leur pays, la France une et indivisible de Benda l’a emporté sur l’autre. Au point que la simple mention d’une France divisible passe pour un mauvais propos, que Braudel stigmatise comme «dangereux». Décrire la diversité française a longtemps été le moyen convenu d’équilibrer le vigoureux effort d’abstraction unitaire poursuivi au cours de l’histoire nationale. L’évoquer aujourd’hui paraît gros d’une menace de fragmentation ou même d’éclatement. Voilà pourquoi la France de Thibaudet se présente avec humilité devant la France de Benda. À la glorieuse légitimité du droit elle ne peut opposer que de modestes données de fait; elle se sent plus ou moins en situation défensive; elle sait que la nation politique, sûre d’elle-même et dominatrice, n’a jamais été amicale pour la nation culturelle; et que celle-ci, pour l’essentiel, a perdu la bataille des symboles.

Cette nation culturelle, où cohabitent de fortes personnalités régionales, n’a cependant cessé de faire valoir ses droits à l’existence, de faire entendre sa voix marginale et d’exhiber son étrangeté. Emmanuel Berl, en rappelant que l’Alsace n’est pas devenue allemande, que l’occitan, le basque et le breton ont «résisté à des siècles de persécutions violentes ou larvées», fait remarquer que les sociétés modernes sont enclines à éradiquer les différences, tant elles y sont poussées par la logique de l’égalité; mais une logique égarée, qui confond l’égalité avec la ressemblance, voire avec la similitude. Il conclut que la différence est trop profondément instillée dans la nature des hommes pour qu’on puisse prétendre l’en extirper; à la France unitaire les vieux «pays» s’obstinent à rappeler qu’elle a sans doute vaincu, mais sans les réduire.

Après des siècles de nivellement monarchique et de simplification républicaine, la cause en effet n’est toujours pas entendue, et les rapports du centre et de la périphérie n’ont pas laissé d’être problématiques. La diversité française s’est refusée à l’indifférenciation. De cette résistance des particularités, la Bretagne est très tôt devenue l’exemple canonique; le vieux duché de Bretagne du XVe siècle, qui était alors pourvu de toutes les herbes de la Saint-Jean nécessaires à la constitution d’une nation, la langue, le territoire et peut-être même le «pacte de tous les jours», ne s’est toujours pas mué, cinq siècles plus tard, en une division ordinaire de l’espace français. À cette banalisation la personnalité bretonne a opposé son obstination légendaire. Elle témoigne, plus que toute autre province, de la vie rebelle de l’esprit des lieux. Elle est l’emblème de la mauvaise grâce que la France de Thibaudet montre à la France de Benda.

Rien n’était plus familier à mon enfance que l’évocation de la résistance à ce qu’on nommait chez moi le jacobinisme de l’État français. Bretonne, cette enfance l’était superlativement; moins encore par mon lieu de naissance que par la personnalité de mon père, militant de la langue bretonne, et par le legs d’émotions et d’idées qu’il m’avait laissé, rendu plus impérieux par sa mort précoce. Un héritage qui devait être bientôt concurrencé par les leçons, non moins impérieuses, que dispensait l’école française. Si bien que la tension entre l’universel et le particulier, si caractéristique de notre vie nationale, j’ai dû la vivre et l’intérioriser, non sans trouble ni perplexités, encore aggravées par un troisième enseignement, celui de l’église.

Mes souvenirs me préservent ici du cliché selon lequel mes jeunes années en auraient été bercées. Rien n’était moins endormant, moins tranquillisant que les croyances déposées dans ma corbeille de baptême par trois fées qui ne s’aimaient guère, l’école, l’église et la maison.

Mona Ozouf
Nouvel Obs


> Solidarité occitane

Vendredi 30 octobre 2009

Georges Soubrier à ND de Pontmain

C’est une confidence de Mgr Soubrier à Patrick Mareschal, lors de la réception organisée pour le départ de l’évêque. Je comprends votre combat pour la Bretagne, a dit en substance Georges Soubrier au président du conseil général de Loire-Atlantique. Et de lui expliquer que, originaire de l’Aveyron, il n’utilisait pas la langue française avant d’aller à l’école. Le futur évêque de Nantes parlait l’une des langues d’oc. Bretons-Occitans, même combat !

Source : Rubrique Les Pavés dans la Loire (Ouest-France).


> Ghinzu à Toulouse

Jeudi 22 octobre 2009

Ghinzu

Ghinzu s’inquiète sur Facebook et nous adresse ce message : “Sorry for the technical problems yesterday in Toulouse. The system used by the city to limit our sound (!) didn’t work correctly… We will be back to give you what you deserve.” C’est vrai qu’on méritait beaucoup mieux… mais c’était drôlement sympa de la part des anciens de Cinétique et des Antipasti d’avoir fait un rapt sur les places gratuites. Surtout qu’avec Ghinzu, quand ils font un show, ils sont généreux, ils donnent tout. Pour ma part, j’aurais très bien pu me passer de We are soldout qui passait en vedette américaine. Il a raison Noël, on vieillit ! J’ai passé beaucoup de temps à attendre mes morceaux préférés R2D2 et Turn up the Satan mais Ghinzu avait décidé d’ignorer superbement leur album Electronic Jaccuzzi alors j’ai du faire contre mauvaise fortune bon coeur et apprécier l’élégance et le classicisme de ces dignes représentants du rock ‘n’ roll belge qui savent si bien parler français quand ils le souhaitent. Si ça se trouve je vais me décider à acheter leur troisième album intitulé Mirror Mirror.


> Venceremos

Vendredi 11 septembre 2009

> Nine Eleven

Vendredi 11 septembre 2009

We Will Never Forget


> Jean Jaurès, 3 sept. 1859

Jeudi 3 septembre 2009

Jean Jaurès

Oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n’est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c’est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre.

Jean Jaurès.


> Jean-Louis Murat – Comme un incendie (extrait)

Vendredi 28 août 2009

> Edward M. Kennedy Tribute

Jeudi 27 août 2009

> Un peu d’espoir à gauche

Lundi 24 août 2009

Le Pharo

Entre les Cévennes et la plage du Prophète, j’ai participé aux premiers ateliers d”été du courant de Vincent Peillon. Je m’étais inscrit avant les vacances en me disant que cette rencontre politique était située géographiquement à merveille sur le passage de la fin de mes vacances. Ma curiosité était grande de voir fonctionner l’attelage de la motion E qui avait raflé la première place lors de notre dernier malheureux congrès socialiste. Je n’ai pas été déçu ni par la chaleur communicative des organisateurs marseillais, ni par la qualité des intervenants des ateliers, ni par la présence d’alliés plus ou moins conventionnels. Rien que de traditionnel puisque tout le monde semble se rallier progressivement à l’idée de primaires. Le seul hic est venu de l’évocation d’un rassemblement écologiste, socialiste et démocratique faite de concert par des représentants du Modem (Marielle de Sarnez, Jean-François Kahn et Jean-Luc Benhamias), du Ps (Vincent Peillon), du Pcf (Robert Hue), du Prg (Christiane Taubira) et des Verts (Daniel Cohn-Bendit). Certes les appareils ne se sont pas prononcés et il faudra donner un peu de temps à chacun pour avancer. Cependant, je trouve qu’il y a un peu d’espoir à voir se former concrètement les contours d’une union qui se donne les moyens d’ouvrir l’horizon de 2012. Personne ne détient seul les clés de ce prochain scrutin. Ni les formations politiques, ni les personnalités, ni les divers rassemblements hétéroclites anti-sarkozystes. Oui, il faut que la gauche, et sans doute aussi les démocrates, se parlent et échangent concrètement sur leur projet pour devenir audibles, et donc crédibles, auprès de leurs compatriotes.

De passage dans les Cévennes, j’ai découvert la lettre de Jean-Christophe Cambadélis adressé “à un militant qui n’en peut plus”. J’avoue une certaine déception. Sans doute attendais-je plus de clarté et de perspective de la part de mon camarade strauss-kahnien. Les échanges épistolaires socialistes de l’été ont pour principal défaut leur longueur. La dilatation n’est pas favorable à la clarté et je trouve pour ma part qu’on ne peut plus tergiverser. Sur notre intention de fonder un nouveau parti socialiste, plus décentralisé, plus humain et plus démocratique, il faut se donner une méthode et des délais. La feuille de route que Martine Aubry nous a transmise avant les vacances est éclairante mais nous devons nous donner les moyens pour que les consultations militantes soit réelles et non l’otage des arbitrages du Conseil national. Sur notre volonté de bâtir un nouveau programme, plus ouvert, plus radical et plus social, il faut s’ouvrir aux socialistes dans leur diversité et effectuer le même travail qu’Europe-écologie en rassemblant les adhérents, les non-encartés, les associatifs, les sympathisants. Le travail qu’ils ont fait est devant nous et il faut absolument se doter d’un programme éclairant sur la fiscalité, l’emploi, la croissance, l’éducation, la santé et la protection sociale. Sur notre obligation d’effectuer un inventaire sur nos pratiques récentes, nous devons être sévères vis-à-vis de nous-mêmes sans verser dans les anathèmes. Nous devons donner de la cohérence entre nos gestions locales et nos propositions nationales, donner une lecture globale de l’action que nous développons régionalement. Enfin, sur notre ambition de faire de notre parti un outil d’approfondissement de la démocratie, il faut effectivement donner un cadre à la perspective des primaires -nationales mais aussi régionales, départementales, intercommunales et communales…- et à l’instauration du mandat unique.

Si nous, socialistes, nous réalisons ce travail, alors se posera la question de nouvelles alliances capables de mettre en oeuvre les volontés que nous aurons exprimées. Pourquoi aujourd’hui refuser l’aide de telle ou telle formation si un compromis satisfaisant peut être trouvé. Je ne comprendrais pas ce refus s’il devient catégorique. Il est évident qu’au sein de l’opposition française une concurrence se libère. Elle donne libre cours à plusieurs pronostics et rend possible la fin de l’hégémonie socialiste parce que le parti socialiste a retardé son travail d’aggiornamento. C’est cette lenteur qui est à l’origine de cette remise en cause. Si les écologistes ont porté la question du réchauffement climatique, c’est que nous étions à la traîne. Si le Modem occupe une telle place, c’est que nous avons parfois accentué la personnalisation et la concentration du pouvoir. On peut avec amertume penser que certains coucous ont pris notre place dans la paysage politique. Se livrer sans travail de refondation à la course aux alliances serait une erreur. Refuser par avance un rassemblement de la gauche et des démocrates me semble tout aussi catastrophique.

Alors oui, j’ai trouvé qu’il y avait un peu d’espoir à Marseille. J’espère qu’il y en aura un peu plus à Jarnac et toujours davantage à La Rochelle.


> Plage du Prophète

Lundi 24 août 2009

La plage du prophète (Marseille)

La plage du prophète (Marseille)

La plage du prophète (Marseille)

La “plage du prophète”, confetti de sable niché en contrebas de la corniche, entre le vieux port et le Prado, est un petit condensé de Marseille. Car sur la seule plage naturelle et gratuite de la ville, on croise tous les vieux Marseillais de souche, les familles du quartier, les dragueurs en goguette ou les jeunes beurs des quartiers nord. La plage vit 24 heures sur 24.le matin, ce sont les vieux habitués, qui ne débutent pas une seule journée sans y faire trempette, été comme hiver. Plus tard, ils croiseront la “famille parasol”, les matinaux qui posent tous les jours leurs serviettes sur le même carré. Puis, les animations locales prennent le relais. La buvette, le club nautique, mais surtout le Centre de Loisirs pour Jeunes, un club d’activités tenu par la Police Nationale. Mission : occuper les plus désoeuvrés des cités, afin qu’il n’importunent pas les baigneurs. L’après-midi, les familles désertent la plage : place aux jeunes ! Ils envahissent le sable avec ostentation, draguent, s’essaient au volley sous les remontrances des maîtres nageurs qui s’échinent à maintenir un semblant de paix sociale, à l’image de Marseille, scindée entre les quartiers nord, et ceux, plus opulents, du sud. Le soir, le pastis sort des panières, les derniers baigneurs s’ébrouent encore dans les vagues, des feux improvisés s’allument ça et là. C’est l’heure des fêtards et des amoureux. Et au petit matin, les plus noctambules seront réveillés par les équipes de nettoyage qui, dès 6 heures du matin, viennent secouer les corps imbibés ou ceux des amoureux transis…

Source : http://www.thalassa.france3.fr


> Le Gournezou (St-Martin-de-Boubaux)

Samedi 22 août 2009

> Non-cumul et parité intégrale

Lundi 10 août 2009

Penn Ar Bed

« Go West, young man, Go West ! » Cela devrait être le nouveau slogan du parti socialiste… et le moyen de retrouver l’esprit pionnier. Cela fait deux mois que j’ai découvert, grâce au blog de Jean-Jacques Urvoas, le travail accompli par nos camarades finistériens sous l’impulsion de leur remarquable premier fédéral, Marc Coatanéa. J’avais reçu dans la foulée, suite à un mail de demande d’information, la charte fédérale de la démocratie interne et les premières propositions. Je pense que cette nouvelle page s’inscrit dans la meilleure tradition de la fédération socialiste du Finistère. Si l’article du Monde, découvert par le mail estival de Benoît, peut permettre à l’ensemble des fédérations de se saisir de ces questions sans attendre le quitus de Solférino, ce serait tout bonnement génial !

Le nécessaire du parfait militant :
Article du Monde,
Charte fédérale de rénovation,
Premières propositions,
Résultats de la consultation militante.

Le PS finistérien opte pour le non-cumul des mandats et la parité intégrale

Le Monde – 24/07/09.

Les militants socialistes du Finistère ont imposé le non-cumul des mandats et la parité intégrale à leur fédération, la première en France à proposer de telles “restrictions”. En clair, “c’est la fin des ‘député-maire’ et ’sénateur-maire’”, a expliqué le premier secrétaire fédéral, Marc Coatanéa. Selon le responsable, 60 % des onze cents votants inscrits se sont exprimés en faveur du non-cumul d’un mandat de parlementaire avec des “fonctions exécutives”. Les parlementaires finistériens ne pourront conserver qu’un mandat de conseiller municipal ou régional.

13 candidats, 13 candidates

Cette réflexion menée durant près de quatre mois a d’ailleurs été bien accueillie par les quatre députés et sénateur socialistes, qui ont abandonné leur mandat de vice-président du conseil général du finistère. La décision est également vue d’un bon œil par le président de l’assemblée départementale, Pierre Maille, qui s’est toujours interdit toute autre fonction quand il était maire de Brest ou, comme aujourd’hui, en tant que président du conseil général.

Concernant la mesure d’égalité homme-femme adoptée, le PS finistérien s’est engagé avec 70 % des suffrages, à mettre en application “la parité intégrale”. Ainsi, sur vingt-sept des cinquante-quatre cantons du Finistère qui seront renouvelés lors des cantonales de 2011, le PS présentera treize femmes et treize hommes plus un ou une candidat(e), a expliqué Marc Coatanéa.


> Coudelièro

Vendredi 7 août 2009

> Pour une aire urbaine solidaire

Samedi 25 juillet 2009

Claude Raynal

Compte rendu de la rencontre organisée par Socialisme & démocratie le 23 juin 2009 à Roquette.

Quel projet pour l’aire urbaine toulousaine ?

Claude Raynal est maire, conseiller général de Tournefeuille, président délégué du Grand Toulouse et président du Groupement d’intérêt public InterSCoT. C’est à partir de son expérience que nous avons mis en lumière les échanges sur l’aire urbaine toulousaine. L’InterSCoT est une structure chargée d’assurer la concertation et la coordination entre les schémas de cohérence territoriale (SCoT) de l’agglomération toulousaine, du nord toulousain, du pays du sud toulousain, du Lauragais, ainsi qu’avec les territoires limitrophes touchés par la dynamique d’expansion toulousaine et de mutualiser des moyens techniques et d’études pour faciliter l’élaboration des SCoT des territoires les moins dotés.

Pourquoi s’intéresser à l’aire urbaine ?

Le projet de l’aire urbaine toulousaine est un sujet de débat depuis 2001. Il s’inscrit dans le cadre de la loi socialiste SRU (Solidarité et renouvellement urbain) mieux connue pour son volet logement. Le volet aménagement du territoire souhaite favoriser la vision en provenance des territoires eux-mêmes plutôt que d’imposer le point de vue de l’Etat. La loi a mis à la disposition des collectivités locales des outils de planification rénovés, les SCoT, dont l’objectif premier est : « de faire en sorte que les élus définissent en commun la manière dont les aires urbaines doivent évoluer, et ainsi répondre à un impérieux besoin d’articulation entre les différentes démarches de planification dans un contexte où le renouvellement de la ville prend progressivement le pas sur l’extension périphérique. » En ce qui concerne la décentralisation, c’est un enjeu passionnant mais complexe. Il s’agit là d’une vision originale, nouvelle, plus proche d’une approche décentralisée, qui conçoit cette organisation comme partant des territoires et non plus « d’en haut », de l’Etat.

Quel territoire pertinent pour la coordination ?

Les questions à balayer sont nombreuses. Qu’est-ce qu’un territoire plus ou moins cohérent ? Quelle échelle pour s’interroger aux questions de développement ? La règle pose le principe d’un SCoT à l’échelle de l’aire urbaine. Cela concerne les communes dont 40% des actifs travaillent dans le pôle urbain aggloméré soit pour Toulouse, la ville centre et la première et la deuxième couronne. Fin 2000, 345 communes sont concernés et le territoire dépasse le département de la Haute-Garonne. L’aire urbaine ainsi définie s’étale vers l’ouest jusqu’à l’Isle-Jourdaine (Gers), vers le nord jursqu’à Saint-Sulpice et Verdun-sur-Garonne (Tarn) et vers le sud jusqu’à Pamiers (Ariège). On se heurte à notre sédimentation historique et la décision est prise de se restreindre au territoire compris dans les limites départementales de la Haute-Garonne. Cependant, le SCoT du pays lauragais comprend de nombreuses communes de l’Aude (Castelnaudary) et compte-tenu de l’avancement de ses travaux il est fait exception pour cette partie du territoire. Aujourd’hui 420 communes participent à ce travail. Ce périmètre ne recouvre pas l’aire urbaine en totalité.

Faire émerger l’intérêt général des demandes territoriales

L’idée était d’organiser d’abord une réflexion sur le projet, les objectifs, avant de mettre en place les outils. Ceci aboutit à l’élaboration de la charte de l’aire urbaine toulousaine, qui a été voté en 2005 à l’unanimité moins quatre communes. On peut trouver ce document sur le site de l’Agence d’Urbanisme de l’Aire urbaine Toulousaine (http://www.auat-toulouse.org/spip.php?article3285).

Ce long processus de discussions a permis de nuancer les visions et préjugés initiaux. Progressivement les débats se sont portés sur la recherche des problématiques communes. Les échanges ont dépassé l’alternative centre/périphérie. Chacun a découvert les vertus du projet. Concrètement, l’aire urbaine a été découpée en 4 territoires. Un Groupement d’intérêt public (GIP) regroupe les représentants des 4 zones, et permettra de voter le SCoT en 2010.

Les résultats de la démarche d’InterSCoT

Cette démarche nouvelle permet de retrouver subtilement un équilibre local. L’organisation territoriale, déstabilisée par le retrait de l’Etat de certaines compétences suite à la décentralisation, reprend des marges de manoeuvre. De nombreuses décisions « micro-locales » suite à 1981 se sont révélées extravagantes, par manque de coordination, d’organisation de l’intérêt général local.

Le SCoT, qui est un pacte librement consenti, reconstruit un processus de décision, mais ascendant plutôt que descendant. Il permet une élaboration de l’intérêt général à partir des intérêts locaux, par l’intermédiaire de représentants démocratiques.

Cette démarche semble aujourd’hui confortée par l’arrivée d’une génération de responsables plus favorables à une gestion de l’espace et plus réticents à un développement excessif de l’urbanisation.

Plusieurs principes et objectifs guident ces réflexions :

1- Comment pour rapprocher les habitants de l’emploi, alors que les situations sont très hétérogènes ?

2- Comment permettre une transition urbain-rural organisée et performante. Claude Raynal a cité l’exemple de Rennes, où l’urbanisation bien délimitée laisse place à une couronne verte rurale organisée autour de pôles secondaires, le tout maillé par un réseau de transport efficace.

3- Déterminer les zones à protéger (espaces agricoles de qualité, biodiversité, grands paysages identitaires : Pyrénées, Garonne, Ariège…) en amont, et non pas seulement dans les espaces restants à la fin du processus de planification.

4- Promouvoir un modèle urbain « polycentrique hiérarchisé » : le mythe d’une capitale régionale entourée de villes moyennes proches se développant de manière parallèle a été démenti par les faits. Seul Toulouse a crû largement en Midi-pyrénées, drainant l’attractivité de toute la zone. Les villes périphériques ont commencé à se développer à partir du moment où elles ont appartenu à l’aire urbaine, en tant que banlieue éloignée de la ville centre. Il faut donc faire en sorte de planifier leur développement autour de polarités secondaires.
En effet les estimations maximales prévoient 300.000 habitants de plus dans les 20 prochaines années (pour une moitié provenant de migrations). La planification doit permettre d’organiser la répartition de ce développement dans de bonnes conditions de logements, de transports, d’emplois, de services publics. Cela pourrait être 80% dans le pôle centre, 10% dans les pôles secondaires, et 10% sur le reste du territoire dans le cadre d’un développement maîtrisé.

5- Enfin il faut permettre une complémentarité territoriale de l’économie, afin de répartir et concentrer les investissements pour une meilleure efficacité. on ne peut développer de l’activité économique partout car il y a nécessité de concentrer des critères qualitatifs (transport, environnement et services).

Anticiper le développement urbain

La grande agglomération toulousaine doit faire face à une ambition d’accueillir 14.000 nouveaux habitants par an (50% naissances, 50% arrivées). Cela représente une obligation de construire 9.000 logements par an contre 8.000 aujourd’hui.

Mais la gageure de l’InterSCot est de répondre aux questions de l’aménagement de l’arrivée du TGV, à l’harmonisation des systèmes de transports urbains, aux choix de développement des routes et autoroutes. Pour cela, il doit anticiper le développement urbain.

Face aux temps plus difficiles pour les finances locales qui s’annoncent, des choix sont à faire, et la coordination devient plus nécessaire. Les enjeux grandissants liés au développement durable vont également dans ce sens. Le processus doit s’appuyer sur le développement de structures intercommunales fortes. La coopération entre collectivités locales est capable de défendre le principe de solidarité comme préalable. La démarche InterSCot est une démarche d’autogestion. Chaque SCoT doit justifier ses projets et s’interroger sur le devenir de son territoire. C’est aussi une démarche d’auto-responsabilisation.

http://sd31.wordpress.com/


> Lettre S&D31 (n°17)

Vendredi 24 juillet 2009

Lettre S&D31 n°17

Notre lettre n°17 est téléchargeable ici. Dans ce numéro, vous trouverez le compte-rendu de notre réunion avec Claude Raynal.

http://sd31.wordpress.com/


> Les régionales approchent…

Jeudi 23 juillet 2009

Christine Lazerges

Les régionales approchent… les vacances aussi. Mais je voulais saluer l’initiative de la gauche languedocienne qui se mobilise du côté de Montpellier, Nîmes, Sète et ailleurs pour offrir une alternative au successeur de Jacques Blanc. Autour de la socialiste Christine Lazerges, François Liberti (PC), René Revol (PdG), Jean-Louis Roumégas (Les Verts) œuvrent de pied ferme pour que la gauche s’éloigne du clientélisme et s’attache à renouer avec son projet social. C’est courageux et salutaire car il y a des déclarations et des comportements qui ne sont plus acceptables. La caricature pagnolesque de l’homme politique méridional peut toujours faire rire mais la réalité frise le grotesque. La Sfio est morte de ceux qui portaient ses couleurs et se moquaient de leurs propres engagements en enterrant toute velléité politique dans les combinaisons politiciennes. Je souhaite plein succès à l’entreprise baptisée “au nom des valeurs de gauche”.

http://www.aunomdesvaleursdelagauche.fr/


> Réforme des statuts fédéraux

Jeudi 23 juillet 2009

Statuts fédéraux

Avec André Faggion, camarade socialiste élu municipal de Villeneuve-lès-Bouloc, nous ne nous sommes pas séparés pour les vacances avant d’avoir mis au point nos propositions de réforme des statuts fédéraux. Je vous laisse admirer le travail et le saut qualitatif qui attend notre fédération si les militants nous suivent dans cette voie. Rendez-vous est pris pour la rentrée.

PROPOSITION N°1
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Conférence annuelle des militants
Une Conférence militante est réunie au moins une fois par an par le Conseil fédéral, qui en fixe l’ordre du jour. Elle a pour objet de permettre aux adhérents de se prononcer sur des questions d’actualité politique nationale ou internationale. Une question est inscrite à l’ordre du jour de la Conférence militante soit sur proposition du Bureau fédéral, soit à la demande de 1 000 adhérents répartis dans au moins 30 % des sections.
Pour □ Contre □ Abstention □

PROPOSITION N°2
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Consultation directe des adhérents
Sur proposition du Premier Secrétaire fédéral, du Bureau fédéral, de 35 sections ou à la demande d’au moins 15% des adhérents par rapport au nombre arrêté au 31 décembre de l’année précédente, le Conseil fédéral peut décider, après en avoir débattu sur le fonds et à la majorité qualifiée des deux tiers de ses membres, d’organiser une consultation directe des adhérents en leur soumettant une question rédigée simplement. Le Conseil fédéral fixe les modalités de discussion collective et d’organisation des votes en découlant.
Pour □ Contre □ Abstention □

PROPOSITION N°3
—————————
Mandat unique
La fédération s’engage à instaurer le mandat unique pour les parlementaires (députés, sénateurs et députés européens), les présidents des collectivités et de leurs regroupements couvrant une population supérieure à 50 000 habitants.
Pour □ Contre □ Abstention □

PROPOSITION N°4
—————————
Limitation du cumul des mandats dans le temps
La fédération s’engage à limiter le cumul dans le temps à 2 mandats identiques consécutifs concernant les fonctions de parlementaire, de maire, de président de collectivités et de leurs regroupements.
Pour □ Contre □ Abstention □

PROPOSITION N°5
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Règlement intérieur
La fédération s’engage dans les 3 mois qui suivent le vote des statuts à adopter un règlement intérieur indiquant précisément le mode de fonctionnement de la fédération notamment en ce qui concerne :
1/ les modalités de désignation de ses candidats dans les différentes instances, institutions et collectivités dans lesquelles le parti souhaite être présent,
2/ l’organisation de l’information permanente et interactive des militants et de la population.
Pour □ Contre □ Abstention □


> La mémoire des prêtres basques

Mercredi 15 juillet 2009

Miguel Asurmendi

En célébrant une messe, samedi 11 juillet à Bilbao, à la mémoire de quatorze religieux exécutés entre juillet 1936 et octobre 1937 par des troupes franquistes, les évêques du Pays basque ont lancé un gros pavé dans la vitrine très conservatrice de l’église espagnole. C’est la première fois, soixante-dix ans après la fin de la guerre civile, que des hiérarques du clergé rendent hommage à des prêtres tués par des partisans du général Francisco Franco.

Jusque-là, seuls des religieux “victimes de la persécution républicaine” avaient été célébrés en tant que “martyrs” par l’Eglise catholique. Comme ce fut le cas le 28 octobre 2007 à Rome, où le pape Benoît XVI procéda à la béatification massive de 498 d’entre eux. Auparavant, de 1987 à 2001, Jean Paul II avait béatifié pas moins de 474 prêtres espagnols, appartenant tous au camp des “nationaux”.

Guerre des chefs

Les quatorze religieux tués par les soldats de Franco dans la province de Guipuzcoa (Saint-Sébastien) s’étaient vu refuser par l’Eglise des funérailles publiques et avaient été rayés des registres des décès. “Le silence des responsables de notre Eglise sur la mort de ces prêtres n’est ni justifiable ni acceptable plus longtemps”, ont déclaré les évêques basques dans l’homélie lue par le responsable du diocèse de Vitoria, Mgr Miguel Asurmendi. Ils ont demandé “pardon à Dieu et à nos frères” pour ce “si long silence (qui) a non seulement été une omission indue, mais aussi un manquement à la vérité, à la justice et à la charité”.

Dans la cathédrale de Vitoria, inaugurée par Franco en 1964 et dont l’un des murs est encore orné d’un aigle de Saint-Jean, symbole de la dictature, les évêques ont souhaité “faire oeuvre de justice réparatrice et réconciliatrice”, se défendant de vouloir “rouvrir des plaies, mais aider à les guérir et à les alléger”. L’Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH), composée de familles de victimes du franquisme, espère que ce geste symbolique conduira l’Eglise “à arrêter d’apparaître exclusivement comme victime et à reconnaître sa collaboration avec les bourreaux”.

L’initiative des évêques basques est interprétée par la presse espagnole comme le premier acte d’une guerre des chefs au sommet de la hiérarchie épiscopale espagnole, dans la perspective de la succession du très conservateur Antonio Maria Rouco Varela comme président de la conférence épiscopale. Car Mgr Rouco, partisan de la ligne la plus dure, notamment face aux réformes “sociétales” du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, atteindra l’âge limite de 75 ans en 2011.

L’évêque de Bilbao, Mgr Ricardo Blazquez, chef de file des modérés, aurait les faveurs du Vatican pour prendre sa suite et entreprendre une restructuration de l’église espagnole. Benoît XVI vient de le choisir pour mener l’enquête sur les légionnaires du Christ. Selon les commentateurs religieux, le prélat basque aurait demandé et obtenu l’accord de Rome pour organiser la cérémonie du pardon de Vitoria.

Jean-Jacques Bozonnet
Article paru dans l’édition du Monde du 14.07.09.

La liste des quatorze prêtres tués par des soldats de Franco entre 1936 et 1937 :
- Martín Lecuona Echabeguren,
- Gervasio Albizu Vidaur,
- José Adarraga Larburu,
- José Ariztimuño Olaso,
- José Sagarna Uriarte,
- Alejandro Mendicute Liceaga,
- José Otano Míguelez C.M.F.,
- José Joaquín Arín Oyarzabal,
- Leonardo Guridi Arrázola,
- José Marquiegui Olazábal,
- José Ignacio Peñagaricano Solozabal,
- Celestino Onaindía Zuloaga,
- Jorge Iturricastillo Aranzabal,
- Román de San José Urtiaga Elezburu O.C.D.

+ d’infos :
- Asociación para la recuperación de la memoria histórica
- Déclaration du diocèse de Vitoria : Purificar la memoria, servir a la verdad, pedir perdón.


> Racing Club Chorale de Rezé

Mardi 7 juillet 2009

Libertine (1986).
Auteur : Laurent Boutonnat.
Compositeur : Jean-Claude Déquéant.
Interprète : Mylène Farmer.
Reprises : Ludwig von 88, Choum, Kate Ryan, Arielle Dombasle.

Vive Les Enfants de Cayenne
Auteur : anonyme.
Reprises : Parabellum, Les Amis d’ta femme.

Marlène (1994).
Auteur-compositeur-interprète : Bertrand Cantat – Noir Désir.

Ma Baker (1977)
Auteur-compositeur-interprète Boney M.

http://racingclubchoral.blogspot.com/


> Liberté, égalité, fraternité contre burqas

Mardi 7 juillet 2009

« Dans un contexte de crise économique et sociale toujours plus grave, la question du port de signes religieux – non plus à l’école cette fois, mais dans les lieux publics – refait une apparition médiatique tonitruante. Nous ne nous laisserons pas distraire des vrais enjeux, mais burqas et niqabs suscitent une indignation justifiée, dans la société française.

« Les principes laïques ne conduisent pas à réglementer les tenues vestimentaires, sauf dans des cas spécifiques relevant de l’ordre public ou de la dignité des personnes. L’importation de coutumes d’Asie centrale excédant les prescriptions coraniques se distancie des pratiques courantes des musulmans de France, qui sont nombreux à s’insurger.

« Elle manifeste une coupure qu’on peut apparenter à une dérive sectaire. Cette dérive qui isole les adeptes du reste de la société ne saurait être condamnée uniquement pour les femmes qui ne doivent pas être les seules victimes des débats idéologiques. La question décisive est bien celle de l’égalité entre les hommes et les femmes.

« Mais, il est évident qu’on ne peut accepter le destin assigné à ces femmes car le port de burqa traduit manifestement une subordination et leur libre choix semble hautement improbable.

« La réponse à ce type de dérive est complexe. Si une enquête en forme d’état des lieux est nécessaire, la France ne manque pas de chercheurs compétents à qui on peut confier une mission au lieu d’envisager une issue législative débouchant sur un interdit frontal inefficace, voire contre productif car enfermant encore plus les femmes dans leur soumission.

« Une loi risque de stigmatiser une population et être attentatoire aux libertés d’autant que des dispositions existent qui peuvent permettre d’apporter une réponse ponctuelle au problème.

« La seule solution est celle qui allie la fermeté sur les principes et la constance dans le travail d’intégration à la société. Ce travail demande une mobilisation de tous les acteurs, élus, enseignants, militants associatifs, travailleurs sociaux…
Cette voie est certes longue et difficile, mais c’est la seule efficace. C’est celle que propose – et met en pratique – la Ligue de l’enseignement. »

Le 23 juin 2009. Le Secrétariat National de la Ligue de l’enseignement.


> Perspectives de travail 2009-2014

Mercredi 24 juin 2009

Alain Richard

Nous avons passé beaucoup de temps à faire le bilan des élections, la plupart des échanges ont porté sur la nécessité de remettre les socialistes au travail. Une de nos tâches principales est de refonder le projet européen. C’est pourquoi le groupe local du PSE organise une rencontre à la fédération le mercredi 1er juillet à laquelle vous êtes tous invités.

Perspectives de travail 2009-2014 avec la participation de notre camarade Alain Richard, ancien ministre, vice-président du Parti des socialistes européens.

Mercredi 1er juillet 2009 à 19h30
Fédération du Parti socialiste,
Salle Jean Jaurès,
3, rue Lancefoc, Toulouse.
Métro : ligne B – Arrêt : Compans-Caffarelli.

pse31@laposte.net
http://www.pse31.parti-socialiste.fr/


> Fête de la musique : J-1

Mardi 23 juin 2009

La veille de la fête de la musique, une partie de la troupe du Racing Club Chorale de Rezé dînait au Restaurant “le Poussin rouge” à Trentemoult à la table à côté de la mienne. De quoi se réconcilier avec les chorales.


> Cinq raisons de ne pas reconduire Barroso

Vendredi 19 juin 2009

José Manuel Durão Barroso

Dix ans avec José Manuel Durao Barroso à la tête de la Commission, c’est possible et sans doute probable ! Le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement — qui se réunit aujourd’hui et demain à Bruxelles — va sans doute se mettre d’accord, au moins politiquement, pour reconduire l’ancien Premier ministre portugais pour un nouveau mandat de cinq ans. Si le Parlement européen ratifie ce choix, il égalera alors le record de longévité établi par Jacques Delors (1985-1995), sauf départ anticipé. Pourtant, son bilan est loin d’approcher, même de loin, celui de son illustre prédécesseur qui a non seulement achevé le Marché unique, mais aussi lancé l’euro. Comme le dit ironiquement Jean-Louis Bourlanges, député européen centriste entre 1989 et 2008, « Barroso est un homme qui ne réussit que par ses défauts ».

Existe-t-il une alternative ? En tous les cas pas à gauche puisqu’il est déjà acquis que le poste reviendra à la droite : elle gouverne 21 États membres sur 27 et est arrivée en tête lors des élections européennes du 7 juin dernier (même si elle n’a pas obtenu une majorité absolue au Parlement). Pour ne rien arranger, une partie des socialistes s’est ralliée à Barroso : le Britannique Gordon Brown, qui apprécie son libéralisme économique et son attachement à l’Europe des États, le Portugais José Socrates, qui veut le maintenir loin de Lisbonne, et José Luis Zapatero, « par solidarité ibérique » (cela ne s’invente pas…).

Cela étant, derrière cette unanimité de façade, il existe des fissures. Ainsi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy refusent de le nommer sans garanties. Réunis jeudi dernier à Paris, la Chancelière allemande et le Président français, ont annoncé qu’ils avaient « demandé à José Manuel Barroso qu’il précise et formalise les intentions qui sont les siennes à la veille de son second mandat : faire que l’Europe protège les Européens, qu’il s’engage sur un travail au service d’une meilleure régulation financière, qu’il porte une volonté politique pour l’Europe », a expliqué Sarkozy. Bref, c’est « M. Barroso et un programme. Plutôt, un programme et M. Barroso ». Celui-ci expliquera donc ce soir aux Vingt-sept ce qu’il entend faire au cours de la prochaine législature.

En outre, Berlin et Paris ne veulent pas le nommer juridiquement dès ce vendredi : ils estiment qu’il faut attendre que les Irlandais ratifient par un nouveau référendum, à l’automne prochain, le traité de Lisbonne afin de nommer la nouvelle Commission en respectant les règles du nouveau texte. Cela obligerait le Conseil européen à consulter préalablement le Parlement sur le nom de Barroso et celui-ci devrait voter l’investiture de l’exécutif à la majorité absolue de ses membres et non plus à la majorité relative des présents… Cette position est notamment soutenue par les socialistes et par les Verts qui espèrent ainsi avoir le temps de créer une coalition anti-Barroso au Parlement.

1/ L’homme de la dérégulation

Si le très libéral Tony Blair, le premier ministre britannique, est allé chercher son homologue portugais, le libéral José Manuel Durao Barroso, pour le propulser à la tête de la Commission européenne, en 2004, ce n’était pas pour qu’il régule le marché unique, bien au contraire. Il n’a pas à regretter son choix : Barroso a parfaitement rempli son mandat. Il s’est fait désigner par le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement et confirmer par le Parlement européen avec le slogan, « less regulation, better régulation » (moins de réglementation, une meilleure réglementation). Mais il a essentiellement appliqué la première proposition. Rarement une Commission n’a proposé aussi peu de textes, faisant même craindre au Parlement européen le chômage technique. Il a notamment, avec constance, soutenu son commissaire au marché intérieur, le taliban du marché irlandais, Charlie McCreevy, dans son refus de toute réglementation des marchés financiers avec le résultat que l’on voit.

Pis, il n’a pas vu venir la crise bancaire et économique. En septembre 2007, la faillite de la banque britannique Northern Rock aurait dû être un signal d’alarme. Il n’en a rien été. La Commission a fait comme s’il s’agissait d’un incident de parcours. En septembre 2008, après la faillite de Lehman Brothers, même inertie. « Il y a eu un retard à l’allumage de la Commission européenne qui a mal analysé la nature de la crise», dénonce Jean-Pierre Jouyet, l’ancien secrétaire d’État aux affaires européennes (« Une présidence de crise », Albin Michel). La veille de la faillite de la banque belge Fortis, Barroso se « moque » même de Jouyet : « « Jean-Pierre, tu as tort, me dit-il. Il ne faut pas alarmer les gens. Il s’agit avant tout d’une crise américaine ». La Commission aurait tout de même pu contacter les autorités de surveillance des marchés, des banques, des assurances pour avoir un état des lieux ». Et de reprocher à Barroso de ne pas avoir su « faire de la politique ».

Et il n’a pas vraiment changé : il a fallu que le Parlement européen lui torde le bras en septembre 2008 pour qu’il mette en place un groupe de sages sur la surveillance prudentielle. Et il a proposé, en mai dernier, un texte sur les hedge funds, les fonds spéculatifs, qui présente la particularité de ne pas les réglementer… Surtout, s’il avait mis dans la machinerie communautaire les propositions nécessaires depuis 2004, les textes auraient pu être adoptés en quelques semaines par le Conseil des ministres et le Parlement européen. Pour Jean-Louis Bourlanges, qui fût eurodéputé centriste de 1989 à 2008, l’explication est simple : Barroso est un « thatchériste mou ».

2/ L’homme au service des Etats

Lorsque José Manuel Durao Barroso était premier ministre du Portugal, il a tout fait pour freiner les travaux de la Convention chargée de rédiger le projet de constitution européenne, un projet trop fédéral et qui réduisait l’influence de son pays. Son représentant a très souvent joint sa voix à celles des Britanniques ou des Polonais. Autant dire qu’en arrivant à Bruxelles, en juillet 2004, il ne s’est jamais montré un fervent défenseur de ce texte qu’il n’aimait pas. « Barroso a toujours été un défenseur de l’Europe intergouvernementale », juge Jean-Louis Bourlanges. Beaucoup se demande si sa détermination à défendre jusqu’au bout le projet de directive Bolkestein sur les services et son très contesté « principe du pays d’origine » ne visait pas à alimenter la campagne du « non » en France en 2005. À tel point que même le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement n’a pas réussi à le réduire au silence, comme il le lui a expressément demandé en mars 2005. Dès le lendemain du double non franco-néerlandais, il s’est empressé d’affirmer que la Constitution européenne était morte et enterré et qu’il fallait passer à autre chose, à la grande fureur des gouvernements, notamment de ceux qui voulaient poursuivre le processus de ratification.

Durant le règne de Barroso, la Commission, moteur de l’intégration communautaire, a connu un affaiblissement sans précédent. Considérant qu’il était « au service des États », comme il le répète sans cesse, Barroso a fait de l’exécutif communautaire un simple secrétariat du Conseil des ministres (l’organe où siègent les États membres) et du Conseil européen. Autrement dit, il n’agit que lorsque les gouvernements le lui ordonnent et s’empresse d’enterrer tout texte qui pourrait déplaire. « Alors que la Commission et le Parlement européen ont toujours travaillé main dans la main afin d’imposer davantage d’intégration aux États, désormais elle est très souvent aux côtés du Conseil contre le Parlement », regrette ainsi Daniel Cohn-Bendit, le président du groupe Vert. Bref, l’Union est de moins en moins communautaire et de plus en plus intergouvernementale.

3/ L’homme sans courage politique

Barosso a rapidement compris que les grands États ont un poids particulier au sein de l’Union. Il s’est donc mis à leur service avec le souci d’assurer sa reconduction, seul vrai objectif de son premier mandat. Ce n’est pas un hasard si l’Allemagne, la France, l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Pologne lui ont apporté leur soutien. S’ils ont eu à se plaindre de tel ou tel de ses commissaires, ils n’ont jamais eu à regretter que Barroso siège au 13e étage du Berlaymont, celui qu’occupe le président de la Commission. Au Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, il se tient prudemment en retrait, ne cherchant pas à intervenir dans les discussions. Rien à voir avec un Jacques Delors (président de la Commission entre 1985 et 1995) qui fournissait souvent clef en main le compromis final. En 2005, Barroso ne s’est ainsi pas battu pour défendre la proposition de la Commission d’augmenter le budget communautaire, laissant se déchainer les égoïsmes étatiques. De même, il a refusé d’aller à l’affrontement avec les gouvernements qui refusaient que la Commission vérifie l’application de l’agenda de Lisbonne censé faire de l’Union l’économie « la plus compétitive du monde à l’horizon 2010 ». D’où un échec presque total.

C’est, en outre, la première fois qu’un président de Commission aligne trois référendums négatifs pendant son mandat : le double non franco-néerlandais de 2005 au traité constitutionnel européen et le non irlandais de 2008 au traité de Lisbonne. Certes, sa responsabilité est indirecte, puisque ce sont les gouvernements nationaux qui mènent campagne (il s’est d’ailleurs bien gardé d’intervenir dans les débats, même lorsqu’ils dérapaient), mais c’est aussi l’Europe qu’incarne Barroso, celle du laissez-faire, qui a été rejetée. Jacques Delors avait ainsi analysé le « non » danois au traité de Maastricht de juin 1992 et il en avait tiré les conséquences en refusant tout nouveau renouvellement de son mandat. Barroso estime, lui, que la défiance des citoyens ne le concerne pas puisqu’il n’a de compte à rendre qu’aux chefs d’État et de gouvernement.

4/ L’homme des Anglo-saxons

José Manuel Durao Barroso est l’organisateur du « sommet des Açores » de 2003, réunissant les États-Unis, l’Espagne et la Grande-Bretagne et au cours duquel fut annoncé le début de la guerre en Irak. Il a ensuite joué un rôle trouble dans le transfert des prisonniers vers Guantanamo, laissant les avions de la CIA atterrir et survoler le Portugal. Barroso n’a jamais regretté son soutien indéfectible à Georges W. Bush. Si l’on ajoute à cela ses convictions dérégulatrices, il est le symbole d’un monde révolu, celui où les idées des libéraux et conservateurs anglo-saxons dominaient. Comme le dit Jean-Louis Bourlanges, « c’est l’homme de la périphérie européenne, l’homme de la Grande-Bretagne, l’homme de la « nouvelle Europe » ». Mais, désormais, l’axe franco-allemand est remis en selle par la crise et l’Europe va à nouveau s’ordonner autour du couple Berlin-Paris et de sa conviction renouvelée que l’économie sociale de marché doit être consolidée et non affaiblie. « Est-il franco-allemand compatible ? », s’interroge Bourlanges pour qui la réponse négative ne fait aucun doute.

5/ L’homme sans vision

Barroso a été incapable de proposer la moindre idée nouvelle pour relancer l’Union. Rarement un président de Commission a été aussi politiquement effacé. C’est cet espace laissé libre que Nicolas Sarkozy a efficacement occupé lorsqu’il a exercé la présidence de l’Union au second semestre 2008. Ainsi, en juillet 2006, la seule proposition que Barroso ait réussi à sortir de son chapeau au lendemain du rejet de la Constitution européenne est celle de « l’Europe des résultats » destinée, selon lui, « à faire passer l’Europe de la réflexion à l’action ». Or, l’Union qu’est-ce d’autre sinon des résultats concrets, de la politique agricole commune à l’euro en passant par le marché unique ? On mesure l’audace du projet… L’idée du traité de Lisbonne revient à l’équipe entourant le candidat Nicolas Sarkozy, lors de la campagne présidentielle de 2007, et non à Barroso. Jamais il n’a été un « passeur d’idées » comme l’a été Jacques Delors. Son bilan est d’ailleurs incroyablement vide. Seul le paquet énergie/climat le sauve : mais il a été exigé par le Conseil européen et a été adopté grâce à Nicolas Sarkozy en décembre 2008. Lui l’a mis en musique.

Article de Jean Quatremer paru dans Libération aujourd’hui.

Photos: Thierry Monasse